samedi 31 janvier 2009

La crise en France... pensée par un Américain


Les autorités en France ont traditionnellement la réputation, de ne pas savoir gérer leurs rapports avec les media, la communication... Je ne sais pas si c'est vrai mais ja'i découvert le week-end dernier une émission sur LCI et un article sur Le Monde sur une Commission dont personne n'a entendu parler, et pourtant cela fait presque... un an qu'elle existe.

Saviez-vous, chères lectrices et chers lecteurs, qu'une Commission sur la Mesure de la Performance Economique et du Progrès Social travaille (elle a tenu sa première réunion plénière les 22 et 23 avril 2008) sur un modèle d'économie post-crise ? Le Monde s'est fendu d'une entrevue le 19 janvier 2009. Je remarque que cette Commission est présidée par deux "prix Nobel" d'économie : Joseph Stiglitz - une référence classique dans les Instituts d'Etudes Politiques, et je pense dans toutes les facultés d'économie de France, au moins. Il est conseillé par Amartya Sen (récompensé pour ses travaux sur le micro-crédit et ses travaux sur le concept d'économie durable). S'est joint à eux pour coordonner les travaux un Français, et pas des moindres : Jean-Paul Fitoussi, directeur de l'OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Economiques), dépendant de Sciences Po Paris.

Son mandat ? Tout simplement "identifier les limites du PIB comme indicateur de performance économique et de progrès social" et d'un manière générale, élaborer une métholodologie et des indicateurs s'inscrivant dans la perspective d'une croissance et d'un développement durables. "Le travail de la commission ne se limite pas à la France, ni aux pays développés. Le résultat des travaux de la commission sera rendu public, pour que tous les pays ou groupes de pays intéressés puissent s’en inspirer." Monsieur Stiglitz a donné une entrevue filmée par LCI dans l'émission le Monde des Livres, le 8 janvier 2009.

Ce que j'en retire :
1) La France a demandé à Américain - "prix Nobel" d'économie, certes, et pour avoir travaillé à partir de ses ouvrages, très concis et clair à comprendre -, mais Américain tout de même pour réfléchir à la redéfinition du concept de "croissance" et du PIB.
2) La France a mis à la tête de cette Commission deux étrangers - brillants, là encore, mais néanmoins étrangers...
J'aurais tendance à m'interroger : la France ne produirait-elle plus de penseurs de l'économie ? serait-elle incapable d'envisager une théorie autonome ?
3) Cette Commission travaille pour la France, certes, mais a également vocation à publier ses travaux pour l'ensemble du monde. Cela pourrait être intéressant en tant qu'outil d'influence dans le cadre d'un renouveau des débats économiques. Aux autorités françaises de les diffuser et de les faire connaître pour se placer en amont des documents normatifs qui en découleraient.






Matthieu

vendredi 30 janvier 2009

Merci Challenges


Et oui, merci au journal Challenges qui dans sa revue des blogs publié la semaine dernière dans sa version en ligne a mentionné notre blog, Ma crise bien aimée.

Espérons que cette démarche favorisera la notoriété du blog et permettra de faire progresser le débat sur la crise économique et financière actuelle en permettant à des opinions différents de se faire entendre.

L'équipe de Ma crise bien aimée

Si seulement vous aviez été déficitaires…


Tout s’annonçait bien : les Subprimes et la crise vous auraient donné l’occasion de licencier et de rogner sur les avantages sociaux de vos employés. Vous auriez pu attaquer l’après crise, plus light et plus agressif !

Et voilà que vous mettez tout par terre en faisant des bénéfices ! Alors que cette fois, on vous aurait excusé, un comble !

Pour faire plaisir à vos actionnaires ou vos associés, vos comptables ont fait des prouesses et vous avez vendu quelques actifs en Asie. Vous avez donc rempli votre contrat PERSONNEL au détriment de l’intérêt général (« Ein Mehrheit soll nicht… »).

Dans ce cas, est-il juste de vous donner de notre impôt alors que vous êtes excédentaires ?

Votre intérêt devrait vous inciter à refuser de vous-même cette aide :
- parce que la recapitalisation votre image prime sur vos fonds propres ;
- parce que votre liberté de gestion n’a pas de prix car l’Etat aura, quoi qu’il arrive, son mot à dire (les politiques entrent en jeux, Ségo ouvre le bal) ;
- parce qu’étant excédentaire, vous n’en avez pas besoin tout simplement (que vos comptables les basculent sur les fonds propres) ;
-parce que, de toute façon, l’Etat ne donnera pas d’argent aux banquiers qui ont fauté et qui gagnent de l’argent (les actionnaires managent mais le peuple décide). Le Crédit Agricole l’a déjà compris (reprise d’initiative médiatique ?).

Au lieu de jouer « le coup de fil à un ami », je vous propose « l’avis du public » !

PS : Que font les autres ?

Attaqué par deux cabinets d’avocats, Santander offre de rembourser ses clients touchés par l’affaire Madoff. Voulant réagir vite et de manière efficace, l’Amérique propose la « Bad Bank ».

Patrick Marchant

jeudi 29 janvier 2009

Citigroup : Obama s’oppose à l’achat d’un avion d’affaire



Malgré la crise, le comportement des banquiers pose question. Cette fois, il s’agit de la banque américaine Citigroup. Le New York Post a révélé que la banque allait prendre livraison d’un avion d’affaire d’un coût de 50 millions de dollars alors que la banque, suite à la crise, a reçu plus de 45 milliards de dollars d’aide de l’Etat américain. Bien qu’elle ait commandé l’avion deux ans plus tôt, la banque pouvait annuler la commande (contre une pénalité certes, mais loin de coûter 50 millions de dollars, prix de l’avion). Les représentants de Citigroup ont d’abord pris cette affaire à la légère. Le porte-parole de Citiflight Inc, la filiale de Citigroup en charge de la flotte d’avions de l’entreprise, a déclaré aux journalistes du New York Post : « Pourquoi devrais-je vous aider quand ce que vous écrirez le sera au détriment de mon entreprise ? ».

Cette affaire fait scandale aux Etats-Unis où les contribuables n’ont pas du tout apprécié de voir passer une partie de leur argent dans l’achat, par une banque soutenue par l’Etat, d’un avion d’affaire, de plus au profit d’une entreprise étrangère (française en l’occurrence puisqu’il s’agit de Dassault).

L’affaire du jet de Citigroup est remontée jusqu’à la Maison Blanche où le porte-parole de Barack Obama, Robert Gibbs, a déclaré que le plus grand soin devrait être apporté dans l’utilisation de l’argent des contribuables et que le président des Etats-Unis « ne croyait pas que c’était [l’achat d’un avion d’affaire] la meilleure utilisation de l’argent en ce moment. » rapporte le site internet de Fox News.

Sous la pression politique et sous celle de l’opinion publique, la banque Citigroup a renoncé à l’achat de cet avion.

Espérons que les banques françaises ne tombent pas dans ce piège et utilisent l'argent en provenance de l'Etat à bon escient.


Marie

Banque : malgré la crise, 53% des Français leur font confiance


Un récent sondage de l’IFOP pour le JDD donne un aperçu honnête du regard que les Français portent à la banque et aux métiers du secteur. Ainsi « 53% des Français jugent les banques assez solides pour faire face aux suites de la crise financière ».
Ce chiffre plutôt encourageant ne doit pas masquer le reste du sondage marqué par une perte de confiance (17% des personnes interrogées ne croient plus du tout dans les banques).

Les banques ont donc encore un véritable capital de confiance, visible notamment par l’attractivité des métiers bancaires. Mais elles doivent savoir l’utiliser pour renouer le dialogue avec les clients et proposer des solutions viables à la crise. Ce capital doit aussi être préservé par des actions concrètes, des campagnes de communications… il ne doit pas seulement être une valeur qui, à l’image, des cours bancaires, se déprécie.

Pour cela, il me semble qu’une évolution est nécessaire. Les banques doivent cesser de vivre et de communiquer comme avant la crise économique. Est-il par exemple normal qu’elles ne se remettent pas en cause et continuent de dérouler les projets initiés avant la crise financière ? Incapables de se remettre en questions, les banques utilisent le capital confiance pour continuer à vivre mais sans projection dans l’avenir ; c’est une attitude risquée et regrettable !!!

Mayeul

Enquête réalisée par téléphone, du 22 au 23 janvier 2009, sur un échantillon de 956 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Protégeons-nous ?

Oui mais de quoi ?
Il s’agit d’aborder dans ce Post les mesures protectionnistes mises en place par les différents gouvernements.
Dès le commencement de cette crise, les gouvernements s’étaient accordés pour bannir toutes mesures protectionnistes. Le spectre de la crise de 1929 et de l’isolationnisme américain semblait encore hanter les esprits de nos gouvernants.
Pourtant des mesures protectionnistes sont prises mais de façon insidieuse :
- Russie : augmentation des droits de douane sur les voitures étrangères
- Inde : augmentation des droits de douane sur l’acier
- Indonésie : mesures restrictives à l’importation de 500 produits étrangers
- USA : plan de soutien à l’automobile
- France : soutien à Airbus, à l’automobile
Finalement, les choses n’ont pas tellement changé depuis 1929 … Pourtant des voix dissidentes proposent un protectionnisme intelligent avec des mesures limitant l’importation de marchandises provenant d’industries polluantes. Le moment semble bien opportun.

Et si le meilleur des protectionnismes ne venait pas de l’État mais de nous, consommateurs ? En consommant de préférence français nous limiterions d’autant les importations étrangères.
Naturellement, il existe toujours le débat sur les produits français fabriqués à l’étranger …

MAJ : Mercredi, la Chambre des Représentants américains a voté la clause "BUY AMERICA" obligeant les entreprises participant au plan de relance à acheter de l'acier et du fer produits aux USA.
Protectionnisme quand tu nous tiens ...

Jean Paul

mercredi 28 janvier 2009

Parodie: les banques et nous!



La vidéo ci-dessus circule depuis quelques jours sur internet. Sur la musique de « Toi+Moi » (mais avec des paroles modifiées), la parodie met en scène les banques, la crise financière et les particuliers.

Il n’est pas bon d’être banquier par les temps qui courent…

Marie


La banque de demain


Ces derniers temps la banque a monopolisé l'actualité: crise, bonus, fraudes... Il est temps à présent pour les banques de se tourner vers le futur et de se préoccuper des particuliers. Pour cela il est nécessaire de réorganiser leurs agences bancaires, lieux fondamentaux pour la rencontre entre clients et banquiers.
Accenture Technology labs a mis au point une agence bancaire sous forme de laboratoire afin de présenter aux banques les avantages des nouvelles technologies (murs et brochures interactifs, biométrie). Le client entre dans son agence, il se fait reconnaitre grâce à son téléphone portable ce qui lui permet d'effectuer des opérations, il peut même télécharger des brochures sur son portable. Le but de cette opération est de montrer que les banques peuvent se transformer, qu'elles peuvent satisfaire leurs clients ainsi qu' améliorer les relations banquiers-particuliers puisque tous les services proposés dans la banque du futur seront personnalisés en fonction des besoins du client et de ses activités. La sécurité sera aussi renforcée. des stylets numériques permettront de capturer la signature du client pour éviter toutes tentatives de fraude.
En bref, l'agence du futur permettra de mieux renseigner le client, améliorer son confort et de rendre la visite bancaire plus efficace. A présent, il ne reste plus qu'à attendre et espérer que la crise financière ne fasse pas reculer ce beau projet.
Fleur

mardi 27 janvier 2009

Les banques françaises en danger !



En surfant sur le web ce week-end, je suis tombé sur une étude intéressante sur les banques. Voici comme elle est présentée :

"Étude "Les banques en danger". Le cas du secteur bancaire français : recommandations stratégiques.
07/01/2009 : Depuis la crise financière déclenchée par le phénomène des « subprime » en août 2007, le FMI avançait le chiffre de 1400 milliards de dollars de perte pour l’ensemble des acteurs économiques et institutionnels internationaux. Dés lors se pose la question de la légitimité des banques dans la gestion de leurs activités."

Voici la conclusion de l'étude :

"Une cartographie des différents échiquiers et acteurs impliqués, a permis d’identifier différentes failles à l’origine des multiples attaques informationnelles. Au vu de ces attaques, nos préconisations s’orientent vers le déploiement d’un axe stratégique offensif centré sur l’importance du modèle français de la banque de détail. Cette nouvelle orientation aura pour but de légitimer l’exportation du modèle à l’étranger, et ce avec l’aide des banques d’investissement et de financement qui fortes d’un nouveau positionnement acquièreront de nouvelles parts de marché à l’international ainsi qu’une plus grande légitimité. De même, leur image se trouvera renforcée en devenant de bons investisseurs et les partenaires responsables d’un développement économique national et territorial. Ainsi une politique offensive nous semble plus opportune en cas d’aggravation de la crise plutôt que l’axe défensif actuellement privilégié par le secteur bancaire français."

Il est intéressant de noter que l'étude porte sur la perception que vous et moi avons des banques, quelles sont leurs "failles informationnelles" (quelles sont leurs vulnérabilités dans le cas d'une attaque sur leur image, leur résultats, leurs politiques...) et comment y remédier. Nous sommes bien loin des chiffres, des assemblées générales... Non, j'ai l'impression que nous touchons au cœur du métier des banques : comment peuvent-elles regagner la confiance de leurs clients - particuliers, PME, institutions... -, comment peuvent-elles profiter de la crise pour reprendre l'initiative, s'inscrire dans un projet de société, comment être un réel facteur de croissance.
Car la crise est avant tout une perception. Dès lors que la confiance revient, l'investissement et la consommation repartent à la hausse.

L'étude mentionne deux scenarii : un plutôt attentiste - les banques françaises font le gros dos, attendant que le grain passe, et comme elle ne s'en tirent pas trop mal, elles sortiraient de la dépression sans trop de casse -, un autre beaucoup plus volontariste. Voici les recommandations stratégiques que l'étude suggère si les banques retenaient ce deuxième scenario :
1 - Une approche territoriale pour les banques de détail destinée à créer un nouveau modèle partenarial avec les acteurs économiques (approche pour le marché français).
2 - Une présence, sous forme de lobby, plus importante au sein du gouvernement
3 - Une offensive internationale des banques financières d’investissement pour légitimer la solidité du modèle bancaire français (via les banques de détail) et désaxer les attaques informationnelles en créant un nouveau capital image.

Qu'en pensez-vous ? L'étude se focalise sur les perceptions, ce dont vous et moi, nous sommes tous capables d'avoir. Alors que diriez-vous d'en discuter ensemble ?

Matthieu

lundi 26 janvier 2009

Les résultats 2008 de la BNP-Paribas ne doivent pas occulter les problèmes existants


Pour l’exercice 2008, BNP Paribas devrait dégager un bénéfice net part du groupe d’environ 3 milliards d’euros.
Ces résultats, modestes par rapport à 2007 – 7,82 milliards d'euros – ne doivent pas faire oublier la crise économique et financière actuelle. Cette crise s’est, pour la BNP, caractérisée au dernier trimestre 2008 par « des mouvements exceptionnellement violents sur les marchés de capitaux, en particulier sur les marchés boursiers ».

Malgré ces résultats satisfaisants pour 2008, la BNP Paribas reste concernée par le plan de relance gouvernemental. Ne nous trompons pas, il s’agit plus d’une projection dans l’avenir que d’un sauvetage suite aux erreurs passées.
Il est regrettable que le communiqué de la BNP ne mentionne pas l’abandon des bonus pour 2008. Cet « oubli » est une nouvelle preuve du décalage entre les attentes des clients et la gestion bancaire. BNP prouve ainsi que de nombreux efforts restent encore à accomplir pour redonner confiance dans le système.

Cette annonce a bien sûr été saluée par la Bourse : à 14h00, le cours de l’action avait déjà pris +11,90%. (L’action avait perdu -7,84% vendredi).

Mayeul


Banques: des bénéfices en 2008 !





Pour faire suite au post de Patrick de vendredi dernier sur le défi des banquiers, je vous propose cette vidéo extraite du 19-20 de France 3. Le présentateur compare les bénéfices prévisionnels de la Société Générale et de la BNP Paribas avec le plan d'aide aux banques mis en place par l'Etat.

Un parallélisme qui fait froid dans le dos et qui, comme le disait Patrick, montre bien que les banques ont, à ce jour, perdu l'initiative de la communication. Résultat: elles sont attaquées, mises en cause et ne peuvent que passer pour les coupables car elles sont sur la défensive.

Une reprise en main de leur communication est nécessaire : une communication vraie suivie d'actions (notamment de prêts destinés aux PME et aux particuliers).

A vous de jouer Messieurs les Banquiers!

Marie

dimanche 25 janvier 2009

Banques recapitalisées : premiers prémices d’une contestation organisée … ?


Nos voisins helvétiques sont connus pour leur calme et pourtant …
UBS a été recapitalisé par le gouvernement suisse, il y a quelques mois comme de nombreuses banques dans d’autres pays du monde.
Lundi 29 décembre 2008, des altermondialistes suisses ont envahi la succursale d’UBS à Delémont pour un petit déjeuner atypique. La « manifestation petit-déjeuner » s’est déroulée dans le plus grand calme et n’a duré qu’une quinzaine de minutes.
Pourtant cette action qui m’a marquée, pourrait être la première d’une longue liste si les banques ne s’investissent pas davantage dans les projets de société. Matthieu et moi-même proposions quelques axes d’actions mais le temps passe et la population s’impatiente. Les plus actifs, comme les altermondialistes, montent aux créneaux mais après …
Les revendications sont pourtant déjà connues « UBS veut nos milliards ? Soit. Alors cette banque nous appartient et, dans ce cas, nous occupons non pas ses locaux, mais bel et bien nos locaux pour en faire une banque au service des citoyens qui en ont besoin … » disait un altermondialiste. Les banques doivent annoncer leurs projets, démontrer leur implication dans la société civile pour éviter ces menaces.
Un autre altermondialiste disait-lui « Cet argent, notre argent, ne doit pas servir à vider les poubelles d’UBS, mais doit être investi pour maintenir des emplois socialement utiles, soutenir le crédit public et développer un bouclier social ».
Il y a de l’idéologie dans ces différents propos mais également l’empreinte du cas de conscience de l’ensemble de la société civile. Ces revendications sont l’écho d’une question plus profonde « Que font ses banques pour nous ? », si les banques n’agissent pas rapidement avec des actions fortes, le doute risque de s’installer durablement et de coûter cher, très cher.

Jean Paul