samedi 28 février 2009

Une histoire de sandwich : Quand les rôles sont inversés


Loin des débats sur le « Made in France », les plans de relance etc. J’aimerai vous faire part d’une anecdote … une histoire vraie arrivée à une amie.
Travaillant dans une grande banque française, Nadine est cadre et gagne bien sa vie. Son entreprise se situe dans les quartiers les plus « sympathiques de Paris » et pourtant …
La crise sévit, son entreprise, une grande banque d’investissement est directement touchée et fait régulièrement la Une des médias. Les affaires vont mal dans le secteur mais il s’agit d’un grand groupe.
Ce lundi, un dossier urgent, pas le temps d’aller déjeuner à la cantine, Nadine va prendre un sandwich …
Ce sera un «crudités thons », une boisson et un dessert, 9,30€, parfait ! Nadine a un ticket restaurant de 8€, elle complètera.
Le vendeur prend d’abord le chèque déjeuner, regardant rapidement l’entreprise émettrice, la banque XXX, le vendeur l’air compatissant annonce à Nadine : « Laissez Madame, le reste c’est pour moi, je sais qu’en ce moment pour vous, c’est difficile, vraiment difficile ».
Nadine surprise et désemparée remercie le vendeur et retourne à son bureau.

Ma crise bien aimée ne se lance pas encore dans les histoires « à la Père Castor », mais cette anecdote est marquante. Il y a encore quelques mois, banquier était un métier considéré par tous comme protégé, planqué et bien rémunéré.
La crise, en quelques mois, a effrité cette image.
Elle a effrité la conception que nous nous faisions du banquier mais bien plus grave encore, elle a effrité la relation qu’il existait entre les banques et ses clients.
Les banques doivent donc saisir cette opportunité pour redéfinir leurs relations avec la population, avec nous les Français … créer une relation durable !

Jean Paul

vendredi 27 février 2009

Le point sur la fusion Ecureuil - Banque Populaire


Enfin une nouvelle du monde bancaire qui se confirme, la fusion entre la Caisse d'épargne et les Banques Populaires aura bien lieu. La ministre, Christine Lagarde, évoque une brillante union en raison de la culture mutualiste des deux banques. Il faut dire qu'une telle fusion était abordée depuis près de 20 ans, d'autant plus que les deux banques possèdent en commun Natixis. De nombreuses rumeurs disaient que Natixis ne se relèverait pas de la crise, la Tribune annonçait que la filiale pourrait publier une perte de 2,3 milliards d'euros.Il semble que la fusion réussisse au titre de Natixis qui s'est envolé en bourse.
L'État participera à cette association en injectant entre 2,5 et 5 milliards d'euros. Il prendra aussi des parts dans ce nouvel établissement, cette part sera calculée en fonction de sa participation.
Une seul ombre au tableau, la nomination de François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Elysée, à la tête de l'établissement. Certains acteurs politiques ont parlé d'un risque de mainmise du Président de la république sur les les acteurs de l'économie. française la nomination de François Pérol n'a pas été confirmée mais elle provoque déjà la polémique.
Fleur

jeudi 26 février 2009

Une nouvelle concurrence pour les banques











Orga Consultants a réalisé une étude très intéressante, relayée par Les Banques des Particuliers, sur le développement des acteurs non bancaires dans le domaine du crédit à la consommation. Aujourd’hui, ces acteurs représentent 10 à 15% du marché des crédits à la consommation. C’est le cas de Renault avec RCI Banque ou de Casino avec Banque Casino.

Pour se faire, les entreprises développent une filiale en interne (c’est le cas de Casino ) ou s’appuient sur un organisme financier. Contrairement aux banques, l’offre de crédit est relativement simple et ciblée. Ces acteurs voient un avantage majeur au développement des services bancaires : fidéliser leur clientèle qu’ils n’ont pas besoin d’aller chercher puisqu’elle est déjà présente sur le lieu de vente. Dominique Prieto, responsable marketing de la RCI Banque explique : « Lorsque le client passe par la captive financière de la marque automobile, le gain de fidélité est conséquent.».

Face à l’apparition de ces nouveaux acteurs sur le marché du crédit à la consommation, les banques ne sont pas restées les bras croisés et ont opté pour plusieurs stratégies :
- Lancement de nouvelles offres commerciales comme une carte bleue couplée avec un crédit à la consommation. Nous vous en avions déjà parlé dans un précédent post.
- Rachat d’acteurs du secteur du crédit à la consommation pour atteindre une taille critique. C’est le cas de BNP Paribas avec Cetelem et UCB.
- Achat d’intermédiaires du crédit, notamment ceux qui se sont développés sur internet. Ainsi les Caisses d’Epargne sont propriétaires de meilleurtaux.com.

Ce que l’étude n’aborde pas, et cela me semble dommage, est la réaction des clients des banques en temps de crise. Nous vous avons parlé plus d’une fois dans ce blog de la crise de confiance qui s’était installée entre les banques et leurs clients.

Je me demande si en cette période, les clients vont se détourner des banques et aller davantage vers les acteurs non bancaires pour obtenir des crédits à la consommation et si oui, dans quelle proportion. Quel impact cela aura-t-il sur le paysage concurrentiel des acteurs du crédit ?

Si vous avez un avis, n’hésitez pas à le partager, je serais très intéressée d’en discuter avec vous.


Marie

mercredi 25 février 2009

BNP Paribas à la conquête du web 2.0


Début février, la "banque d’un monde qui change" s’est lancée dans l’aventure du web 2.0 avec le blog Pour un monde qui change. Ce blog qui se veut « un espace d’échange, de rencontre et de mise en relation entre les collaborateurs et les internautes », abordera les sujets chers à la BNP à savoir l’écologie, l’emploi, la solidarité, le développement durable ou le mécénat.

Il fait suite à une précédente initiative de la BNP sur Internet avec le site En région qui se voulait le témoignage de l’implication de la banque dans la vie locale française au travers des engagements divers et variés de la banque et de ses collaborateurs.

Cette stratégie nouvelle mérite d’être saluée. En effet, c’est pour les banques et surtout en période de crise une nouvelle approche de la communication et de la relation client. Il ne s’agit plus de vendre ou de vanter un produit mais d’agir sur la vision qu’a le client de sa banque. La BNP cherche ainsi à créer un lien « affectif » avec ses clients au travers des enjeux de société.

Il s’agit là d’une véritable révolution qui pour le moment semble passer inaperçue comme en témoigne le peu de réactions sur Internet. Ce manque de visibilité traduit une mauvaise connaissance du web 2.0 et de ses pratiques.
En effet, le blog de la BNP, s’il réunit bon nombre des aspects plaisants du web 2.0 : couleurs sympas, tags, flux RSS… n’est pas encore un vrai outil de partage : les commentaires sont modérés a priori privant ainsi les internautes de toute réactivité et création d’une communauté.

Espérons que ce blog connaisse néanmoins un franc succès et aide les banques à prendre conscience de l'importance de la relation client et en particulier de l'écoute.

Mayeul

mardi 24 février 2009

Les hommes du président

La France est un drôle de pays. L’Etat prête de l’argent aux banques fautives d’avoir préféré leurs scientifiques de traders plutôt que leurs clients entrepreneurs. Les banquiers fautifs, eux, sont toujours en place (mêmes écoles, réseaux interdépendants, parrain de la dernière, conseil de surveillance de l’autre etc…).

Mais lorsque l’Etat impose un homme à lui pour diriger une fusion, cela devient une polémique nationale, pourtant c’est aussi un homme poly-réseaux (HEC, ENA, IEP, inspection des finances). C’est vrai, il n’a encore fait l’X !!

Moi, je connais un homme qui vaut 4 milliards et qui est toujours président…

Politiques, si vous pensez pouvoir faire mieux, soyez président !

Banquiers, si vous voulez être libre de gérer, ne perdez pas d’argent (pouvez-vous prendre un contrat d’entretien auprès du régulateur espagnol ?).

Je suis client de la Banque Populaire, alors bienvenu à François, il ne pourra pas faire pire !

Patrick Marchant

La crise nourrit la crise !

Ce dicton n’est pas de moi, puisque inventé lors de la crise de 1929. Loin des débats sur les plans de relance, les manières de sortir de la crise, il s’agit ici de se calmer et de faire un point.
Pour cela, je prendrai la situation d’une grande entreprise internationale d’import – export.
Le cœur de son métier, c’est le commerce, les transactions, et comme chacun le sait, la crise a fortement ralentit la consommation mondiale notamment en matières premières.
Cette entreprise dont le cœur de métier est la vente a aujourd’hui peur de vendre, peur de vendre à des petites entreprises, à des entreprises de taille moyenne.
Conséquence, les directeurs commerciaux poussent aujourd’hui leurs équipes à « réclamer leurs dues » aux clients et à limiter les ventes aux entreprises de taille moyenne qui pourraient être fragiles. Ce sentiment est renforcé par la mise en garde des assurances, le manque de motivation des banques d’affaires …
L’ambiance est donc à l’attente, attente que la crise s’estompe, que les entreprises les plus fragiles tombent.
En conséquence des entreprises viables manquent de matières premières, perdent des débouchées sans que cela ne soit réellement justifié. Ces entreprises ferment, licencient, dégraissent ou s’expatrient … on en arrive à notre adage : LA CRISE NOURRIT LA CRISE …
C’est tragique mais le principal ennemi de la relance, et de la reprise reste la psychologie humaine …

Image : source Débat&co http://www.debateco.fr

Jean Paul

lundi 23 février 2009

La vidéo du lundi : la crise en musique

Je vous relaie une initiative originale : Johannes Kreidlers, un compositeur allemand, a décidé de mettre la crise en musique. Pour cela, il a pris des cours de bourse de différentes entreprises ainsi que des statistiques qu’il a mis en musique à partir du logiciel « Songsmith » édité par Microsoft.

Je vous laisse apprécier la composition :







Marie

dimanche 22 février 2009

Pourquoi les banquiers sont nuls... ou pas !


L'hebdomadaire l'Express a publié le 10 février tout un dossier intitulé "Pourquoi les banquiers sont nuls". Voici un florilège des titres des articles : "Les banquiers de la honte", "Les sept péchés capitaux des banquiers", "tarifs bancaires : faire banquer le client"...

D'accord, d'accord, on sait : la crise économique est arrivée par les banques, les banquiers, les traders... Mais cela vaut-il le coup de s'éterniser sur des lynchages successifs ? D'autant que chaque semaine qui passe révèle une autre "affaire" (Madoff, Stanford, rémunération des PDG des banques...). Car, franchement, ce genre de dossier n'est qu'un pur lynchage médiatique. Attention, je ne remets pas en cause la pertinence d'un tel dossier : moi aussi je m'insurge devant l'attitude d'un Georges Pauget qui non seulement n'a rien compris à ce que révèle la crise, mais en plus maintient une posture mêlant arrogance et condescendance. Monsieur Pauget, il est facile de se retrancher derrière l'argument du ressenti pour ne pas développer un autre type de relation avec vos clients (qu'ils soient particuliers ou entreprises), sous prétexte que ce n'est pas rationnel et que donc, j'imagine, vous considérez que "ça va passer".

Mais je m'interroge sur le jeu que joue l'Express - mais également les media en général -. Vus son audience et son tirage, l'Express dispose d'une certaine caisse de résonance. Le magazine répond-il à des objectifs de rentabilité en constituant un dossier qui fait vendre ? Ou répond-il à une exigence "d'information du public" ? Il s'agit là d'une question rhétorique : j'ai mon idée sur la question. Car l'Express a souhaité réaliser un - je reprends ses termes - "Petit tour d'horizon de leurs [les banquiers, ndlr] turpitudes... pour que chacun, quand même, en tire les leçons". Je vous encorage à aller jeter un coup d'oeil au dossier et vous me direr où sont les leçons à en tirer ainsi proposées.

Il serait grand temps, je pense, que les média adoptent une posture responsable et effectivement contribuent à élaborer une réflexion commune sur un sujet sociétal sur lequel les banques peinent à développer leur pensée - pour autant qu'elles en aient une, je le concède. Je suis allé voir un haut responsable d'un grande banque la semaine dernière pour justement me rendre compte de l'état des discussions en interne. Je suis ressorti de l'entretien avec un sentiment partagé : le responsable qui ma reçu m'a paru serein, totalement au fait des enjeux qui dépassent strictement le cadre de la crise et s'efforçant de faire passer des messages forts mais peu évidents pour des banquiers habitués à des pilotages sur le court terme, à des abstractions et à voire la réalité à travers le prisme des chiffres. Mais, il m'a semblé également quelque peu résigné à ne pas voir de changement dans la manière dont sa hiérarchie envisage le rôle des banques dans la société, du moins dans le court terme. Or, il est persuadé que les banques doivent très rapidement prendre l'initiative pour proposer des alternatives et fournir du sens.

Messieurs et Mesdames les journalistes, vous pourriez faire votre travail en amenant de manière constructive des sujets capitaux à l'attention des banquiers. Au lieu de leur taper dessus, meilleure façons pour qu'ils se braquent. Ne vous érigez pas en Saint-Just pourfendeurs des banques - on sait où une telle attitude a mené -, mais remettez le débat dans son contexte sociétal. Mais cela pose la question plus vaste de la formation des journalistes et de la population à l'économie - sujet dont Mayeul sur le blog, est assez familier.

Matthieu