samedi 21 mars 2009

Les banques dans le rouge ?


Les annonces de résultats se succèdent mais il est parfois difficile de compiler toute cette somme d’information ...
Les médias font leur Une des résultats des grandes banques françaises, le plus souvent sur un ton défaitiste sans pour autant mettre en perspective l’ensemble des acteurs du marché.
C’est chose faite, le magazine Trends a fait un tableau récapitulatif à fin du mois de février.
Le tableau est éloquent et parle de lui-même …

Jean Paul

vendredi 20 mars 2009

Encore eux !

Mon fils me disait : « ce sont toujours les mêmes qui déconnent en cours et la prof punit toute la classe » !
Après Jérôme (le roi des profils non effacés...) et le maintien de Bouton comme président, je croyais la Société Générale calmée !

Daniel, je sais qu’aucune loi ou déclaration ne pourra empêcher de grosses rémunérations pour nos grands patrons, mais quand même, fais un peu preuve de retenue !

Quant à Luc, si j’étais lui, je me poserais la question de savoir pourquoi les 2 sont toujours en poste...

Vous avez une idée ?

PS : pour la COM de la SOCGEN : tapper kerviel bouton stock options dans Google !

Patrick Marchant

Godman Sachs offre des prêts... à ses employés !


Allez, une fois n'est pas coutume de ma part, une petite point d'humour - ironique, quand même.
L'information provient de l'International Herald Tribune : la banque américaine Goldman Sachs a proposé des prêts à ses employés qui se retrouvent en difficulté avec la crise.

Il semble que les montants s'étalent de quelques milliers à quelques centaines de milliers de dollars par personne. Car n'est pas ciblé n'importe qui : seuls ceux dont le train de vie nécessite de tels dispositifs ont fait l'objet d'une démarche. Car il est attendu des banquiers de Wall Street qu'ils mènent un style de vie dispendieux. Selon le directeur d'une agence spécialisée dans le recrutement du personnel financier interrogé par la journaliste, tout est une histoire de culture : il est dans l'ordre normal des choses que les banquiers de Wall Street vivent au-dessus de leurs moyens.

Or ces banquiers avaient l'habitude de vivre à partir des ressources tirées des produits inventés par les banques qui les emploient. Produits et actifs qui se sont avérés nocifs.
Evidemment, il y a une contrepartie à une telle offre : à défaut de remboursement des intérêts, les employés seraient licenciés. Autre limite : ces prêts ne peuvent être utilisés que pour alimenter des investissements réalisés dans des produits de Goldman Sachs - pas pour des dépenses personnelles.
En dehors de toute considération morale, on peut légitimement s'interroger sur le bien-fondé économique d'un tel système. A croire que Goldman Sachs n'ait absolument rien compris à la crise. Ses employés non plus. Wall Street vraisemblablement pas non plus.

Je mets en regard cette information avec une autre, toujours d'origne des Etats-Unis, et qui défraie la chronique : AIG et le versement de 450 millions de dollars de boni, alors que l'assureur a bénéficié de 170 milliards de dollars depuis 2008. Au point que même le Président Obama envisage des mesures de rétorsion ! Du jamais vu jusqu'à présent, du moins aux Etats-Unis.

Gageons que les banques françaises sauront non seulement faire preuve de clairvoyance politique et économique, mais également de vision de long terme.
Il ne s'agit plus de contrer la crise avec les anciennes (et mauvaises ?) méthodes mais redéfinir les termes du sujet.
Le post de Marie sur le sondage IFOP montrait une desaffection des Français pour leurs banques. Où l'on voit - s'il en était encore besoin - que ces derniers estimeraient les banques comme un "mal nécessaire".
Bien sûr, ce n'est pas la réalité, mais combien de temps les banques devront-elles perdre avant d'ouvrir les yeux ? Je rappelle que nous sommes dans le domaine de la perception. L'attitude de Monsieur Pauget au mois de janvier, lorsqu'il refusait de renoncer à ses boni, et s'en remettant au Conseil d'Administration de CASA, ne rentre-t-elle pas dans ce cas de figure ?

Et pourtant, dans certaines banques françaises, nous savons qu'il y en a qui ont conscience de ces enjeux. Peu voient là un terreau fertile pour se développer sur des bases saines - la banque fédératrice des énergie, inscrite dans une société, au service d'un projet commun.
Matthieu

jeudi 19 mars 2009

Les banques et les paradis fiscaux

Pour rebondir sur les propos de Matthieu, voici une étude très intéressante d’Alternatives Economiques sur les paradis fiscaux et les sociétés du CAC40. Bien sur, ce qui est le plus intéressant, en cette période de crise économique et financière, est la place du secteur financier. Ce secteur apparait comme le plus présent dans les paradis fiscaux. BNP Paribas, le Crédit Agricole et la Société Générale disposent ainsi de 361 entités offshore. Ce qui représente, en moyenne, 16 % des entreprises de ces groupes. Parmi ces sociétés, BNP Paribas est, de loin, le plus mauvais élève du secteur et du CAC40.

Cette présence importante des banques s’explique par plusieurs facteurs :
  • faire fructifier discrètement et au moindre coût fiscal le patrimoine des personnes aisées
  • gérer les salaires des cadres à haut revenu sans contrainte fiscale
  • accompagner les stratégies internationales de certaines sociétés
Ce constat sur la présence bancaire dans les paradis fiscaux doit bien évidemment nourrir notre réflexion pour l’élaboration des processus de sortie de crise, de refondation du système et plus proche de nous pour le G20 de début avril. Il ne s’agit pas seulement de protester contre de telles pratiques mais plutôt de s’interroger sur les causes de telles pratiques pour en tirer des enseignements.

L’enquête complète, avec l'analyse détaillée de la présence des banques françaises et anglo-saxonnes dans les paradis fiscaux sera publié dans le prochain numéro d'Alternatives Economiques (en kiosque début avril).

Mayeul

mercredi 18 mars 2009

Quand la FED fait la morale à la Société Générale



Non la Réserve américaine n’a pas de pouvoir à Paris mais elle vise la filiale américaine de la Société Générale.
Il semblerait que la filiale new-yorkaise de banque ne soit pas exemplaire en matière de blanchiment d’argent.

Après cet avertissement, la Société Générale va revoir sa structure et ses pratiques de surveillance dans les 120 jours afin que ce type de problèmes ne se reproduise plus.
Mais la FED est aujourd’hui intransigeante et réclame à la banque française une amélioration des structures de contrôle des opérations suspectes ainsi que de la politique de l’entreprise sur le secret bancaire. Ce programme devra lui être présenté sous 60 jours.

Autre victime de la FED, la filiale américaine du groupe Allianz, la Dresdner Bank.

Les Etats-Unis largement ébranlés par la débâcle financière ainsi que par les fraudes souhaitent adopter un comportement irréprochable. Une question surgit immédiatement : pourquoi seules deux banques européennes sont visées ?

Jean Paul

La banque de demain :

La vidéo ici : lire


Qu’attendons-nous de la banque de demain ? Voilà une question qui devrait tracasser tous les banquiers de la planète … mais la réponse a été trouvée par le CIC et le Crédit Mutuel.
En ces temps de crise, de scandales financiers et bancaires où ces mêmes banques sont montrées du doigt par l’opinion mais aussi par les gouvernements, la question de la banque du futur est centrale.
Nous parlons très régulièrement sur ce blog de ce que devrait être la relation de demain entre la banque et la population. Relation tournée autours de nouveaux enjeux comme l’économie durable par exemple.

Il semble que les banques pensent autrement. Le CIC a lancé sa nouvelle campagne de publicité télévisuelle pour annoncer son entrée dans le monde de la téléphonie mobile.
Il s’agit d’un partenariat entre le CIC, le Crédit Mutuel et NRJ mobile, dépendant lui-même du réseau SFR.
Il sera ainsi possible de souscrire un abonnement, recharger son compte de téléphonie mobile auprès des guichets de l’enseigne bancaire, quel rêve !

C’est explicite, dans la vidéo, le CIC pense inventer (sur le ton de l’humour la banque de demain) mais est-ce vraiment ce que l’on attend de la banque de demain ?
Après les téléphones, les habitations, les assurances, que nous vendront les banques ?
Aidez-nous à conceptualiser la banque de demain en laissant des commentaires sur comment vous imaginez la banque idéale, la banque du futur …

Jean Paul

mardi 17 mars 2009

Des banques peu admirées


La Tribune a réalisé avec l’institut d’études de marché BVA et l’agence de publicité Leo Burnett un sondage sur les marques préférées des Français. Dans le trio de tête des marques que les Français reconnaissent comme ayant changé leur vie se trouvent Google, Ikea et Decathlon.

Ce même sondage donne des résultats surprenants pour les acteurs du monde de la banque et de l’assurance. Alors que nous pourrions nous attendre à trouver des poids lourds du secteur bancaire comme BNP Paribas ou la Société Générale dans les premières places, ces deux banques se retrouvent respectivement au 13ème et 14ème rangs. Les deux premières marques sont des assurances, MMA et MAAF, suivies par la Banque Postale.

Ce classement en dit long sur la relation des Français vis-à-vis de leurs établissements financiers. Ce ne sont pas les grands acteurs bancaires côtés qui sont appréciés mais les acteurs plus petits, mutualistes (MMA, MAIF, Caisse d’Epargne…) ou La Banque Postale qui se détache des banques traditionnelles par son positionnement « accessible à tous ».

Au delà de la valorisation financière de l’entreprise, il faudrait aussi prendre en compte la « cote d’amour » qu’elle a auprès de ses clients qui se traduit par la fidélité à la marque par exemple. Les grandes banques comptent sur leur image et sur la lourdeur du système pour changer d’établissement bancaire pour garder leurs clients. Mais aucune situation n’est éternelle. Quels seront les effets à long terme de cette désunion entre grandes banques et clients mise en avant par ce sondage ?

Marie

lundi 16 mars 2009

La vidéo du lundi : Enquête sur une banque

Je suis allée hier soir au cinéma voir "L’enquête – The International", un film de Tom Tykwer .

Le film raconte l’histoire d’un agent d’Interpol, joué par Clive Owen, et d’une procureure adjointe de New-York, incarnée par Naomi Watts, qui enquêtent sur l’International Bank of Business and Credit. Celle-ci est impliquée dans le blanchiment d’argent et le financement de coups d’états. Des bâtons dans les roues sont mis à tous ceux qui se penchent sur cette affaire par la banque mais aussi par la justice. La situation s’aggrave quand des meurtres sont commis.




Après la littérature et la musique, la banque est au centre de l’attention des réalisateurs. Je vous parlerai dans quelques jours d’un autre film.

Marie

dimanche 15 mars 2009

Secret bancaire et crise... un vrai faux débat ?


Vendredi soir (le 13 mars), j'écoutais d'une oreille distraite BFM radio (le Grand Journal/Regard sur l'actu, dont vous pouvez retrouver le podcast ici), lorsqu'il a été (encore) question des paradis fiscaux. Il semble que beaucoup de Français aient quelque peu de mal à accepter que des "paradis fiscaux" existent. Le sujet occupe le devant de la scène politique de manière récurrente depuis les années 2000/2002, avec la publication des différents tomes du rapport d'information parlementaire sur "Délinquance financière et blanchiment des capitaux", réalisé par les députés Montebourg et Peillon.

La crise se propageant dans l'économie réelle dans des proportions aussi gigantesques qu'imprévisibles, le monde de la finance - déjà difficile à convaincre du bien-fondé de jouer la carte de la transparence - se crispe dans une attitude défensive, voire de martyr. Et voilà que, les escroqueries succédant aux scandales financiers, les autorités américaines viennent s'ingérer dans les affaires d'une banque suisse, UBS. Dès lors, toutes les portes semblent ouvertes à la vindicte mondiale, puisque le G20 qui doit se tenir à Londres le 4 avril 2009 s'achemine vers un ordre du jour où figure en bonne place la condamnation des "paradis fiscaux". Madame Merkel et Monsieur Sarkozy sont les fers de lance de ce mouvement, sous couvert de régulation et gouvernance mondiale des flux financiers. Et de source très bien informée, la lutte contre ces "paradis" sera un des axes majeurs de la politique étrangère de la France jusqu'à 2015.

Au risque de jouer l'avocat du diable, je dirais "ne jettons pas le bébé avec l'eau du bain".
Certes, les paradis fiscaux - dont nombre se trouvent en Europe (Gibraltar, Monaco, Andorre, Liechtenstein, Luxembourg...) - abritent des structures créées par les banques - essentiellement européennes - où elles ont évacuées les actifs "toxiques" pour ne pas les faire figurer dans leurs propres livres de comptes. Se posent la question de la liquidation de ces actifs dont, bien sûr, personne ne veut. Evidemment, me dira-t-on, si les paradis fiscaux n'existaient pas, les banques n'auraient pas pu les utiliser pour "tromper" les experts comptables, les contrôleurs financiers, les autorités de régulation... OK.
Certes, les paradis fiscaux sont utiles pour l'évasion fiscale - cf. le cas du Liechtenstein et de l'Allemagne -, les criminels en tout genre, le blanchiment d'argent...
Et la liste de griefs est longue.

Mais attention : je m'étonne qu'il ne soit question que des paradis fiscaux européens. Combien il est étonnant que les Bahamas ne soient jamais mentionnés, ni Hong-Kong d'ailleurs (pourtant enregistré en tant que "Offshore Financial Centers", FMI 2007). Curieux, donc : serait-ce encore les Européens - Union Européenne ou non, telle la Suisse - qui devraient supporter le poids des déboires américains ?
Un des intervenants dans l'émission de BFM pointait justement du doigt que le secret bancaire est un droit fondamental pour tout un chacun - à trois exceptions près -, et que la banque UBS, obéissant aux injonctions des autorités américaines, servait au final les intérêts du fisc outre-atlantique.

Nous n'en parlons que peu en France car les PME ne sont pas encore entrées dans l'imaginaire collectif comme des acteurs majeurs de l'économie mais les paradis fiscaux permettent à ces dernières de se financer rapidement et sans surcoût. Ceci est particulièrement vrai pour les start-up dont celles innovant dans le secteur du développement durable.
Car malgré tous les dipositifs publics nationaux et européens (PCRD, programmes OSEO...), les PME les considèrent comme peu pratiques, peu visibles, trop longs, et parfois trop peu importants. Mais le problème reste le poids administratifs des dossiers à monter.

Bon alors, supprimer ou non, les paradis fiscaux ? Et si le problème ne se situait pas autre part ? Je ne parle pas de l'aspect pénal ou criminel lié aux paradis fiscaux. Ce n'est pas l'objet de ce blog sur la crise.
A mon avis, je pense que le problème se situe au niveau des grandes entreprises et des banques (Lazard a son siège social dans un paradis fiscal). Car après tout, avoir recours à des centres financiers offshore n'est-il pas un signe de désengagement vis-à-vis de la société ? Serait-ce pour payer moins d'impôts ? Mais alors, où est le contrat entre l'entreprise et la société ? l'entreprise et l'Etat ? On l'oublie un peu trop souvent, mais l'impôt est aussi un signe du contrat social qui lie chaque sujet de droit - personnes physiques et morales - dans une communauté. Les entreprises et les individus profitant des paradis fiscaux renieraient-ils leur nationalité ?

Matthieu