samedi 28 mars 2009

Une espèce en voie de disparition


Les médias du monde entier se sont mis d'accord, l'année 2008 aura été dure pour les gouvernements, les particuliers et n'oublions pas les milliardaires. Le magazine américain, FORBES, connu mondialement pour ses classements en tout genre, vient de sortir son numéro tant attendu chaque année à cause de son classement mondial des fortunes les plus importantes. Il n'y a pas vraiment de surprise du côté des trois premières fortunes puisqu'il s'agit encore de Bill Gates (qui a tout de même repris sa place à W. Buffet), Warren Buffet et de Carlos Slim, tandis que du côté de la France, la première fortune française prend la 15 ème place sous les traits de Bernard Arnault.

Le séisme économique aura été fatal pour nos milliardaires, vous me direz, on ne va quand pas les plaindre! C'est vrai, cependant, le constat est là, les fortunes cumulées sont passées de 4 400 milliards à 2 400 milliards de dollars. Le magazine a d'ailleurs choisi de traiter le sujet avec dérision et à titré son classement "Billionaire Bust", autrement dit "Milliardaires démolis". Pour FORBES, la conclusion est la suivante, les milliardaires sont une population en voie de disparition et pour cause, 332 noms ont disparu du classement. Il n'y a dons plus que 793 milliardaires dans le monde et les pays les plus touchés par ce cataclysme sont l'Inde, la Russie et la Turquie.

Le magazine Challenges a lui aussi publié un classement mais s'est uniquement intéressé aux fortunes françaises les plus importantes. le constat est le même, les 10 premières fortunes ont baissé en moyenne de 34%. Des milliardaires qui perdent de l'argent ce n'est pas la fin du monde et pourtant si il y a bien une chose à retenir : la crise est internationale et elle n'épargne personne.

Fleur

vendredi 27 mars 2009

Un loup aux abois

Depuis l'affaire Kerviel, le président de "La Générale" est un loup aux abois. Analysant les crises passées pour définir sa stratégie actuelle, il estime encore sa présence indispensable. Lui aussi "souhaite tenir le cap", comme un Capitaine dans la tempête.
Synonyme de scandales et de provocations, il n'a pas vu que cette crise là était différente des autres. Je pense donc qu'il sera débarqué avec son binôme dans les prochaines semaines car il devient de plus en plus l'emblème de tous les maux (ce qui n'est pas justifié d'ailleurs...).
Bloggeurs de tous pays, vous avez la possibilité de pronostiquer la chute du faucon noir : votez !

Patrick Marchant

jeudi 26 mars 2009

Forum Libération : les débats

Je me faisais l'écho, il y a quelques mois, du Forum Libération de Rennes intitulé "Sortir de la crise". Celui-ci a eu lieu les 20, 21 et 22 mars derniers mais je n'ai pu, retenu par mon travail, y assister comme espéré.

Heureusement, les débats sont maintenant disponibles en ligne. Ils reflètent, par leur richesse et leur diversité, tout l'intérêt qu'a su susciter une telle initiative. En effet, 18 000 personnes ont assisté à un ou plusieurs des 57 débats proposés pendant les trois jours du Forum Libération marquant par là l'intérêt que portent les Français à la crise économique et financière et aux solutions pouvant être apportées.

L'engouement était aussi justifié par la qualité et la diversité des orateurs. Parmi la multitude d'experts et de personnalités ayant participé, il convient de relever la présence de Xavier BERTRAND, Daniel COHN-BENDIT, Roselyne BACHELOT, Jean-François LAMOUR, Hubert VEDRINE, Bernard THIBAULT, Dominique VOYNET, Jean-Marie BOCKEL, Nicolas BAVEREZ, Jean-François COPÉ, Arnaud MONTEBOURG, Martin HIRSCH, Rama YADE, René RICOL, Alexandre ADLER, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, José BOVÉ, Corinne LEPAGE.
La diversité et la qualité des orateurs est le garant de la richesse des débats mais aussi la preuve indéniable de l'importance du dialogue pour tous y compris nos gouvernants.

Espérons que de tels débats se renouvellent mais surtout débouchent sur des actions concrètes au service des Français.

Mayeul

Le G20 : docteur de la crise financière ?


La deuxième réunion du G20 approchant, je m'intéresse depuis quelques jours à la manière dont l'évènement est perçu tant par les media - réels ou virtuels - que par les experts sur la Toile.

J'ai connu Alternatives Economiques quand j'étais au lycée, et si je n'en suis plus un lecteur assidu, je fréquente souvent les blogs de ses contributeurs. Et précisément, je suis tombé sur un article de Christian Chavagneux "Le G20 prépare une révolution financière". Où il estime que le G20 pourrait ressortir avec 4 mesures phares pour ne plus retomber dans une financiarisation périlleuse du capitalisme :

- la surveillance accrue et permanente du crédit bancaire.
- exiger des banques qu'elles se provisionnent en liquidité par temps de croissance et de conjoncture apaisée, pour parer à un credit crunch en cas de retournement de tendance.
- dans le même état d'esprit, le G20 demanderait aux établissements bancaires dans le monde d'augmenter leurs proportions d'actifs liquides.
- imposer des sanctions et créer une liste noire des "paradis fiscaux" non coopératifs au sens de la charte de l'OCDE.

Je pense que ces dispositions vont dans le bon sens, mais on ne peut nier le fait qu'elles soient techniques - pas trop, mais quand même. C'est à dire qu'il faille disposer d'un minimum de connaissances économiques pour mesurer les conséquences de telles actions. Sous-entendu, elles ne sont pas immédiatement compréhensibles, elles ne font pas immédiatement sens. A l'exception de celle portant sur les "paradis fiscaux", car tout le monde croit savoir ce que c'est à force d'en entendre parler - souvent de manière très simpliste par les media, virtuels ou réels.

Mon point est le suivant : par delà les problème de faisabilité (notamment politique - n'oublions pas que malgré tout l'entrain de Monsieur Brown, Jersey et Guernesey appartiennent jusqu'à nouvel ordre à la Couronne britannique...), je suis curieux de voir comment le long terme va être envisagé.
Vous aurez remarqué depuis quelque temps que je prête une attention spécifique à la prise en compte de la stratégie - donc du long terme - par les banques. Et les posts de Marie sur la Société Générale montrent un mépris des ou une incapacité flagrante pour les banques d'envisager le long terme.

Je pense que le G20 serait une bonne opportunité pour les banques non pas de tenir une position d'observatrices, mais plutôt celle de force de proposition, montrant d'une part qu'elles ont appris de leurs erreurs, et d'autre part qu'elle se préoccupent de l'économie et du monde réels - finalement, ce qui leur permet de vivre et d'exister.

Je vais prêcher pour les banques françaises - notamment parce que visiblement, certaines ont vraiment besoin qu'on leur fasse une explication de texte - : nos fleurons, qui se targuent de naviguer pas trop mal dans la crise, au point de s'étendre en Algérie et en Inde (BNPParibas), de racheter COFIDIS (Crédit Mutuel), pourraient enfin s'inscrire dans un projet de société et sortir de leurs tours d'ivoire (ou de verre, à la Défense), de mutualiser leurs moyens pour les mettre au service d'une stratégie d'envergure destinée à développer leurs parts de marché, en Europe mais également dans le monde. Cette stratégie - qui nécessite d'abandonner la fixation des gains sur le court terme, de jouer un minimum collectif, de partager l'information plus que ce n'est actuellement le cas - vaudrait toutes les campagnes de mécénat, de communication... destinées à redorer leurs blasons. Peut-être même cela changerait-il durablement l'opinion des Français sur les banques.

Matthieu

mercredi 25 mars 2009

Les banques passives ?


Alors qu’un large écho a été donné à la volonté de Paris et Berlin d’encadrer fortement les paradis fiscaux, les médias n’ont pas souhaité traiter l’initiative des banques…
Pourtant la Fédération Bancaire Française tente de prendre les devants sur le G20 afin de proposer un texte réaliste qui agrège aussi bien les intérêts des banques, que ceux des États ou du monde des affaires.

Il s’agit d’une initiative franco-française, puisque la FBF ne regroupe que les établissements financiers français, mais la démarche est intéressante même si elle pourrait se heurter à la vision américaine de la finance mondiale.

Le texte propose ainsi :

  1. La remise en cause du principe de « fair value » (valeur de marché) imposé par les normes IFRS. La FBF propose que les actifs soient valorisés à leur valeur de marché lorsqu’il existe un marché, et dans le cas contraire qu’une valeur d’usage soit définie ou que l’on considère ces actifs comme des crédits.La crise doit en effet beaucoup à ce principe, les produits financiers devenus illiquides (invendables) ont grevé le bilan des banques.
  2. Une harmonisation de la réglementation de l’ensemble des marchés financiers, ainsi, aujourd’hui certains marchés échappent aux règles courantes comme c’est le cas par exemple du marché des CDS (Credit default Swap).
  3. Une plus grande coopération au niveau mondial avec deux acteurs principaux :
  • Le FMI : il assurerait une « surveillance systémique » du monde financier
  • Le G20 : sa tâche serait surtout de relancer l’activité mondiale
Nos banquiers coupables de nombreuses erreurs sont accusés de toutes parts, pourtant le secteur semble petit à petit prendre conscience des enjeux de cette crise sans précédent. Il est dommageable que l’on ne communique pas plus sur les « bonnes actions » de ces derniers, cela n’est peut être pas assez croustillant.
Pour l’intégralité du rapport de la FBF, c’est ICI

Jean Paul

mardi 24 mars 2009

Résultats 2008 de la Banque Postale

Les résultats 2008 de la Banque Postale ont été rendu publics ce matin. Le résultat net part du groupe est de 302,6 millions d’euros (soit - 43,9 % par rapport à l'an passé).

Pour son troisième exercice, la Banque Postale a évolué dans un contexte inédit marqué par une crise économique, une crise de confiance, une crise de liquidité. Dans cet environnement difficile, qui a vu la baisse générale de la valeur des actifs, la Banque Postale a su poursuivre son développement, à un rythme unique sur le marché et faire la preuve de la solidité de son modèle.
Grâce à la qualité de sa gestion financière, elle est la moins affectée par la crise d'autant qu'elle ne compte aucun actif toxique. Le bilan de la Banque, caractérisé par de larges capacités de financement et une solvabilité permettant de soutenir son développement, lui a permis d’éviter tout recours aux concours publics.

Suite à ce bilan 2008 malgré tout positif, le message de la Banque Postale pour 2009 est simple : "Face à de nombreux facteurs d’incertitude, la Banque Postale se place plus que jamais aux côtés de ses clients". Fidèle à ses missions d’intérêt général, performante dans son développement, efficace dans sa politique de maîtrise des coûts, ouverte à toutes les actions et à tous les partenariats, la Banque Postale se positionne donc franchement pour répondre de manière optimale aux attentes de ses clients.

Une telle attitude responsable marque une prise de conscience de l'importance du client - Espérons que les autres banques sauront faire de même - client qui doit rester le centre du système bancaire car détenteur de sa vraie valeur.

Mayeul

Pour en savoir plus : le dossier de presse

Les banques françaises n’ont-elles vraiment rien compris ?

Daniel Bouton et Frédéric Oudéa


A l’heure où l’on parle de développement durable et d’investissement socialement responsable, de replacer l’humain au centre des priorités, il est SCANDALEUX de voir que les dirigeants de la Société Générale ont envisagé de s’attribuer des stocks-options alors que la banque a reçu plus de 1,7 milliard d’euros de la part de l’Etat pour soutenir ses fonds propres.

Petit rappel des faits : Mercredi dernier, la Société Générale annonce son plan de stock-options à destination de ses dirigeants : 70 000 stock-options versées à son président Daniel Bouton, 150 000 pour son directeur général, Frédéric Oudéa, et 50 000 pour respectivement Didier Alix et Séverin Cabannes, directeurs généraux délégués. Ces stock-options étaient valorisées au prix de 24.45 euros et étaient bloquées jusqu’en 2012 (pour info, hier soir, à la clôture de la bourse, l’action valait 31.80 €, quid de sa valeur après la sortie de la crise?). Devant la levée de boucliers, les dirigeants de la SG ont annoncé vendredi dernier qu’ils garderaient leurs stocks-options mais qu’ils s’engageaient à ne pas les exercer pendant la période où l’Etat serait présent au capital de l’entreprise. Finalement, dernier rebondissement dimanche soir, suite aux déclarations relayées dans les médias de Nicolas Sarkozy et de Christine Lagarde, les dirigeants ont annoncé renoncer définitivement à leurs stocks-options.

Quelle posture la banque pensait-elle pouvoir tenir en versant des stocks-options à ses dirigeants en pleine période de crise alors que tous les médias ne parlent que de licenciements, de fermetures d’usines, de résultats d’entreprises ou de PIB en recul ? Comment pensait-elle pouvoir expliquer ce paradoxe ?

Le gouvernement envisage de légiférer pour encadrer les stocks-options et de manière plus générale les rémunérations des dirigeants. Ne serait-il pas plus simple que les dirigeants renoncent d’eux-mêmes à cette partie de leur rémunération. Cette action aurait pour effet de redorer un peu l’image de la banque, fort écornée depuis quelques mois, et démontrerait que l’argent n’est pas le seul moteur de ces établissements, que d’autres valeurs comme la morale ou l’éthique sont au centre des préoccupations des banques (mais là, je dois être trop optimiste…)

Passez quand même une bonne journée,
Marie

lundi 23 mars 2009

Ne dites pas à ma mère que je suis banquier, elle croit que je suis pianiste dans un bordel

Ce titre qui parodie le livre de Jacques Séguéla n’est pas très loin de la réalité . Jean-Paul vous avait raconté il y a quelques jours l’histoire qui était arrivée à son amie Nadine , cadre dans une grande banque. La vidéo ci-dessous met en scène un faux banquier qui mendie à l’entrée d’une bouche de métro. Les réactions des passants se divisent en deux catégories : d’un côté, ceux qui refusent de donner de l’argent et qui expliquent que les banquiers ont ruiné l’économie, de l’autre, les personnes qui compatissent.



Même si je trouve l’attitude de ce faux banquier trop agressive, les réactions qu’il déclenche sont intéressantes et reflètent une certaine réalité. Un ami me confiait récemment qu’il ne disait plus aussi facilement qu’il travaillait dans le monde de la finance lors de dîners. Un signe des temps alors que ce secteur était très admiré il y a encore quelques années.

Il est étonnant de voir qu’à titre individuel les personnes travaillant dans le secteur bancaire sont fortement conscientes de l’image très endommagée des établissements financiers suite à la crise et qu’en parallèle les banques communiquent de manière totalement décalée vers leurs clients (voir le post de Jean-Paul sur le CIC) ou approuvent des décisions qui font ensuite scandale dans les médias (comme le versement de stock-options par la Société Générale à ses principaux dirigeants). Contrairement à la théorie de la psychologie sociale qui dit qu’un groupe est plus performant que la somme des ces individus, l’individu est dans le cas présent plus intelligent que le groupe. Les employés des banques ne sont pas déconnectés de la réalité contrairement à leurs institutions.

Marie

dimanche 22 mars 2009

2009, année noire


A ma grande surprise, je lis l'autre jour dans la presse que les banques françaises estimaient être quasiment sorties de la crise financière. Des établissements comme BNP et Société Générale ont suggéré qu'ils étaient redevenus bénéficiaires et cela malgré une année 2008 plutôt catastrophique. Ils estiment même avoir tiré des leçons face à la volatilité des marchés. Les économistes ont vite fait de tirer la sonnette d'alarme, se montrant plus méfiants à l'égard de ces propos. Ils estiment qu'il est encore trop tôt pour savoir si les banques sont vraiment tirées d'affaire. Elles devront faire face à des dépréciations d'actifs, ainsi qu' aux risques liés aux crédit des entreprises et des ménages. La crise sera donc bien présente en 2009.

Aujourd'hui, c'est l'INSEE qui confirme la situation et vient apporter des précisions au sujet de la crise et de ses répercussions. l'institut prévoit pour 2009 une année de récession historique (la dernière récession française avait eu lieu en 1993) avec un recul de l'activité de 1,5 % au premier trimestre et un taux de chômage qui augmentera (387 000 de postes en moins pour les six premiers mois de 2009).

Le ministère de l' Économie reconnait que la France traverse une grave crise, mais il a jugé que les prévisions de l'INSEE était particulièrement pessimistes. Le gouvernement s'attend bien sûr à des pressions sociales mais ne prévoit pas pour le moment une nouvelle aide sociale.

Fleur