samedi 25 avril 2009

La communication des banques change-t-elle ?


Ma Crise Bien Aimée a été lancée pour apporter une vision différente de la crise qui secoue l’économie mondiale mais également pour souligner les incohérences, parfois honteuses, des banques.
Aujourd’hui assistons-nous à un changement dans la communication des banques ? Après des longs mois de silence, de résignation, on semble apercevoir depuis quelques semaines des signes qui nous laissent penser que les banques veulent reprendre leur image en main.

Les affaires Kerviel, Madoff, les bonus ont largement écorché l’image des banques, mettant en avant les dérives financières de ces-dernières et oubliant totalement l’aspect relationnel qui existe entre un banquier et son client.

Il faut dire que la France est un pays atypique puisque les Français entretiennent une relation très particulière avec leur banque, relation faite de déférence mais en même temps pleine de défiance voire de méfiance…Mais il semblerait que la Société Générale se lance dans une reconquête ou tout simplement une conquête des cœurs…
La stratégie de la banque est claire : présenter le portrait de six clients et leur relation avec la Société Générale… Relation naturellement basée sur le gagnant-gagnant.
Le message est, quant à lui, tout aussi clair : « on est là pour vous aider ».

Terminé l’opposition banque/client, la Société Générale veut remettre à l’honneur la relation de confiance entre les banquiers et leurs clients mais les actions suivront-elles ? On peut également se poser la question du pourquoi d’une telle campagne, la réponse est en partie apportée par Hugues le Bret, directeur de la communication de la Société Générale : « Quatre-vingt-dix pour cent (90%) de l'image d'une banque est structurée par la relation du client avec son conseiller … » Simple campagne marketing ou réelle volonté de la Société Générale d’ancrer la relation banque/client sur le long terme ?

Jean Paul

vendredi 24 avril 2009

Crise et violence : de l'importance de prendre en compte le long terme


Ma crise bien-aimée n'avait pas encore traité des violences des dernières semaines en France liées à la crise (mais certains de nos posts ont traité de la problématique à l'étranger, comme celui de Mayeul). Nous avons la volonté de nous détacher du tout instantané, et si nous commentons quotidiennement l'actualité, nous nous efforçons de diffuser dans nos analyses des éléments de long terme, constructifs. Or force est de constater que le traitement par les media de l'immédiateté peut prêter à réflexion. Surtout quand il s'agit de sujet aussi brûlant (sans vouloir faire de mauvais jeu de mots) que les séquestrations de dirigeants d'entreprise.

Molex, Continental, Caterpillar... l'actualité traduit un accroissement très médiatisé des violences à l'encontre de ceux perçus comme les bourreaux, mais également comme des boucs-émissaires. Que peut réellement un directeur d'usine quand la décision de fermer un site est prise en conseil d'administration ? Certes il est consulté - en encore - et il peut peut-être influencer le cours des évènements. Mais ce cas de figure est loin d'être commun à toutes les entreprises.

Mais le sujet n'est peut-être pas là. Peut-être se situe-t-il dans la perception qu'ont les employés en France des directeurs d'usines et d'une manière général, du patronat. Si la décision de fermer un établissement en temps de crise pour sauver une entreprise et assurer sa pérénnité sur le long terme peut être en théorie compréhensible, cela peut l'être beaucoup moins lorsque les employés voient que l'on ferme également des sites par temps de croissance, pour assurer la rentabilité d'un groupe, non pas sa survie. On me rétorquera qu'assurer la rentabilité d'un groupe sur le court terme, c'est assurer sa survie sur le long terme. A voir. Surtout si la rentabilité court terme s'établit pour les actionnaires à 11% ou même à 5%.

La pérénnité d'un groupe est assuré certes par ses résultats économiques, financiers, mais également par d'autres facteurs tels son patrimoine intangible comme ses brevets, le savoir-faire de ses ouvriers (je note que c'est une exigence du groupe de Dhubai MAG pour un rachat éventuel du site de Clairoix), la solidité de ses fournisseurs et de ses clients... Eléments qui paraissent quand même éminemment plus concrets que des éxigences financières, du moins aux yeux d'employés licenciés.

Sans compter les enjeux liés à l'économie des territoires, à l'heure où les Français - en tout cas nombre de responsables économiques et politiques - craignent une désindustrialisation de la France.

Cela impose d'avoir une vision stratégique du développement du pays, et qu'il y ait un véritable dialogue constructif et mutuellement enrichissant entre l'entreprise et les pouvoirs publics, voire la société. Il y en a déjà, c'est bien, notamment à l'échelon territorial. C'est indispensable. Mais ce n'est pas assez, ou plutôt, il existe dans sa forme, trop peu est réalisé sur le fond.
Les PME sont strucutrellement très faibles en France comme en témoigne (encore) un post sur le site de Eco89. Il semble que, en plus des incompréhensions chroniques qui persistent - bien que les relations s'améliorent, notamment depuis la création du médiateur du crédit en novembre 2008 - entre les banques et les PME, ces dernières ne soient pas systématiquement considérées comme pièces vitales d'un groupe dont elles sont sous-traitantes et avec lequel elles forment une grappe industrielle.
C'est une erreur.

Alors oui, c'est vrai, faire coïncider les intérêts de firmes multinationales avec ceux des territoires où leurs filiales ou centres de productions sont implantés est compliqué. Mais il ne faut pas oublier que les employés de ces unités sont des personnes du territoire. Je pense qu'il existe un moyen de réconcilier les deux : tenir compte du long terme et retrouver une vision stratégique, pro-active, et moins réactive. Où le transfert d'information est vital pour agir correctement. L'intellience économique est grandement utile dans ce sens. Certes, cela va en contradiction avec les intérêts court termistes du capitalisme financier. Mais on voit où cela mène...

Matthieu

jeudi 23 avril 2009

Des slogans de crise



Je vous avais parlé il y a quelques temps de la crise comme source d’inspiration littéraire, musicale et cinématographique.

L’agence de communication Al Dente a réalisé un site internet original où les internautes peuvent venir y déposer leurs slogans sur la crise et voter pour le meilleur.

Ma Crise Bien Aimée y a bien sûr participé, alors venez visiter le site et votez pour nous !

Marie

mercredi 22 avril 2009

Mais que fait le FMI ?


C’est la question que se pose beaucoup de Français. En France, nous avons un regard très critique vis-à-vis de tous les organismes internationaux, certainement une rémanence du Général De Gaulle.

Pourtant le FMI, qui s’est vu accordé des crédits supplémentaires des Etats joue aujourd’hui le rôle de pompier, notamment sur le continent européen.
Ainsi, le journal le Point (du 2 avril), dans son encadré Déchiffrage revient sur les différents plans de soutien du FMI aux pays en banqueroute ou en difficulté financière majeure.

Malgré le silence radio autour des actions du FMI, il semble que le pompier de l’économie ait déjà assuré un bon nombre de sorties : Ukraine, Hongrie, Islande …

Les sommes se comptent en milliards de dollars, et nous devrions atteindre la centaine de milliard très prochainement.

Alors que beaucoup parlaient de fermer le FMI avant cette grande crise mondiale, son rôle est aujourd’hui renforcé … et ses budgets quasiment doublés.
Dominique Strauss-Kahn, alias DSK, président malmené souhaite faire encore plus en apportant une aide aux pays pauvres de près de 25 milliards de dollars.

Jean Paul

mardi 21 avril 2009

Un retour en grâce auprès de la Chine

Il aura suffit d'une poignée de main entre Nicolas Sarkozy et Hu Jintao, lors du dernier G20 à Londres, pour redonner confiance à l'économie française. La France, dans un communiqué officiel, a fait savoir qu'elle ne soutiendrait pas la cause du Tibet, un geste qui avait but de se réconcilier avec la Chine. Les relations politiques et économiques entre les deux pays étaient au plus mal depuis plus d'un an suite au désordre lié au passage de la flamme olympique à Paris. Nicolas Sarkozy refusait de voir ces relations se déterioraient.

Le gouvernement français a immédiatement envoyé en Chine la secrétaire d'état, Anne-Marie Idrac, chargée du comerce extérieur. Ce voyage doit bien sûr participer à la relance de l'économie française et pour cela le gouvernement français cible trois grandes villes chinoises qui ont besoin du savoir-faire français: Pékin pour le nucléaire, Shenzen pour le nucléaire et le réacteur EPR et enfin Tianjin pour l'Airbus A320. La tournée de la ministre a d'ailleurs été perçue comme significative par les autorités chinoises.

Malgré les reproches faits à la France en raison des prix trop élevés qu'elle pratique, il semblerait que la Chine soit en train d'organiser une "mission commerciale" , selon les propos de Jean-Pierre Raffarin, très habitué des relations franco-chinoises.

Fleur

lundi 20 avril 2009

Crédit et crise : suite

J'ai rédigé hier un post sur le crédit et la crise, dans lequel j'avais relevé les dangers de relancer la consommation par une réligitimation à outrance du crédit chez les particuliers.
Je note que Georges Ugeux a lui aussi écrit un post sur son blog où il décrit la prise de conscience par nulle autre que la Maison Blance pour réguler les dispositifs de crédit à la consommation. Le but ? Eviter que le monde du crédit abuse les consommateurs et soit plus transparent.
Initiative certes louable, mais il faudra quand même se poser la question du long terme dans cette histoire. Car le système de carte de crédit - dont les taux si importants sont relativement comparables en France et aux Etats-Unis - encourage très fortement des tendances pro-cycliques. Je remarque au passage que les agences de notations Moody's, Fitch, Standard and Poor's, qui se sont chargées historiquement de noter la solvabilité des acteurs économiques, ne semblent pas faire grand'chose pour stabiliser ces tendances - par exemple, en modifiant leurs critères de notations.
A quand une responsabilisation des banques et de leurs organismes de crédit, pour qu'elles se réoriente vers une relation de long terme, plus stable avec leurs clients, notamment au travers des produits qu'elles leur offre ?

Matthieu

La vidéo du lundi : l'entretien d’embauche d’un trader

Vous vous passionnez pour la vie des traders depuis la crise financière, vous êtes toujours demandé comment se déroulait l’entretien d’embauche de ces dieux de la finance, vous vous interrogez sur les postes qu’ils peuvent décrocher en ce moment, alors regardez cette vidéo :



Vous pouvez trouver d’autres épisodes amusants sur le blog « Aggravation d’un Etat Chronique » réalisé par les Chemins d’Orlac.

Marie

dimanche 19 avril 2009

Crédit et crise : des raisons d'être inquiets?


Le journal la Tribune a publié le 17 avril 2009 toute une série d'articles visant à rélégitimer le crédit auprès des consommateurs dans le but avoué de faire repartir la consommation. Je mets en regard de cette initiative les dispositions prises par Madame Lagarde pour "encadrer le crédit à la consommation", fin mars 2009, ainsi que l'article de Jean Paul au sujet du crédit et de la crise aux Etats-Unis.

Il me semble que ces signaux ne soient pas très encourageants envers l'avenir, tout comme l'on peut s'interroger sur la réalité des lessons retenues de la crise financière puis économique depuis dix-huit mois. Le crédit est une facilité de paiement anticipant sur l'avenir (cf. la racine latine du mot crédit - "credo", je crois). Les banques, les bancassureurs de plus en plus, les organismes spécialisés offrent du crédit à des taux qui suivent ceux de la BCE (et du livret A, par la même occasion), c'est à dire des taux décroissants. Si je fais confiance aux vendeurs de crédits pour se rémunérer sur leurs services, je me demande si le nombre de consommateurs ayant recours à cette facilité de paiement ne serait pas suspectible d'atteindre une telle masse que l'on assisterait à une crise de liquidité (cela vous rappelle-t-il quelque chose ?).

Notre équipe met depuis quelques mois en avant l'idée de capitalisme durable et la nécessaire prise en compte du long terme. La crise actuelle présente l'opportunité de redéfinir une partie du système capitaliste - essentiellement, celle qui a trait à la finance - pour mieux tenir compte du futur et du développement durable (je ne pense pas uniquement à notre environnement écologique, mais également à notre croissance économique, peut-être plus modérée mais plus constante).

Poursuivre l'état actuel des choses en encourageant le recours au crédit me semble dangereux, d'autant que nombre d'experts estiment que la prochaine crise sera celle de l'endettement des Etats.
Si les Etats sont endettés (cf. la situation de la Grèce, de l'Espagne, de la Roumanie, des Etats-Unis, voire de la France...) et si les ménages le sont également, je m'interroge alors sur les conséquences sociétales d'une telle situation.


Matthieu