vendredi 29 mai 2009

Avez vous confiance?

C'est exactement la question qui a été posée lors d'un récent sondage commandé par E1 Enterprise, une filiale de E1 Corporation, fournisseur de solutions bancaires. Le sondage avait pour titre : "Relations bancaires, une ère de changement".

Ce sondage ne montre aucune amélioration dans les relations entre les banquiers et leurs clients, la crise ne cesse d'effrayer. Cette enquête, effectuée auprès de 1 200 consommateurs américains et européens, révèle une absence quasi totale de confiance d'après les pourcentages suivants :
  • 9% des consommateurs se sont estimés confiants dans leur institution bancaire
  • 37% des consommateurs européens affirment vouloir rester dans leur banque actuelle
  • 43% des consommateurs européens dissuaderont quelqu'un de de venir client de leur banque
Toujours sur le thème de la crise, un sondage a été effectué le mois dernier auprès des chefs d'entreprises françaises, par Viavoice pour l'Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie. Le sondage concernait la croissance et l'emploi. Les patrons français se sont estimés un peu plus confiants dans la situation économique actuelle. Pourtant, ils sont 61% à demander à l'État de s'impliquer davantage dans l'économie française.

Le pire de la crise économique est surement derrière nous, cependant les consommateurs qui n'ont pas la même approche de la crise économique que les partons d'entreprise, sont encore très marqués par la crise bancaire qui est synonyme pour eux de crise économique. Tant que les banques n'auront pas prouver qu'elles ont la capacité de se gérer seules, leurs clients leur tourneront le dos.

Fleur

Crise et conséquences géopolitiques : un mini G20 en Asie ?


Arnaud Parienty, professeur agrégé de sciences économiques et sociales et contributeur à Alternatives Economiques, a écrit sur son blog un excellent article qui invite les Français à dépasser l'horizon classique occidental pour s'intéresser aux conséquences de la crise économique en Asie. Je m'inspire assez largement de son article.

La Banque Asiatique de Développement a tenu le 5 mai 2009 sa réunion annuelle à Bali, Indonésie.
Cette réunion avait pour thème le traitement par les Etats des conséquences économiques et, par extension, sociales de la crise économique. La principale décision arrêtée à Bali entre le Japon, la Chine, la Corée du Sud et les dix membres de l’ASEAN est de constituer un fonds d’urgence régional de 120 milliards de dollars, destiné à résoudre d’éventuelles crises de liquidité. La clé de répartition de ces 120 milliards est 40 – 40 – 20 – 20.

Par delà cette initiative concrète, une réflexion de fond s'est articulée autour de deux problèmes structurels marquant les économies de la région : 1) une trop grande dépendence vis-à-vis de la demande extérieure (marchés intérieurs trop faibles) ; 2) la crainte de voir une dévaluation brutale du dollar américain, ce qui réduirait en cendre la colossale richesse chinoise en devises étrangères.
A l'opposé des politiques d'ajustements structurels imposés par le FMI en 97/98, la Banque Asiatique de Développement tente de favoriser l’émergence d’un marché obligataire afin de diriger plus efficacement l’épargne vers l’investissement productif. Je persiste à croire que seuls les acteurs les plus proches du terrain sont les plus aptes à proposer des solutions appropriées. Nous retrouvons ici une des thèses que nous développons depuis quelques mois.

Mais le point que je souhaite aborder, ce sont les conséquences politiques et géopolitiques que la crise peut avoir - ce que les entreprises, le banques et plus globalement les acteurs économiques en France sont loin d'avoir envisagé. Cette coopération ouvre la perspective d’une dynamique asiatique autonome ; ce qui est une très mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis. Ceux-ci peuvent craindre pour leur influence régionale, dans le contexte d’une concurrence avec la Chine qui ne peut que s’exacerber avec le temps.

Je passe brièvement sur un sujet qui est assez connu et assez régulièrement traité : la consommation américaine est financée par les pays asiatiques. La crise immobilière et financière amènent de nombreux ménages américains à accroître leur épargne. Poursuivre ce mouvement sur le long terme ne semble pas évident.

Une dynamique régionale peut suggérer une alternative au dollar. Le Japon semble nettement moins hostile que par le passé à une internationalisation du yen. Même si une conversion massive des réserves de change chinoises en yen n'est pas réaliste, une diversification progressive est possible, qui fragiliserait considérablement le dollar ; et ce, à un moment où la dette fédérale américaine risque d’être déclassée par les agences de notation.

Ah oui : on regrettera que les media français n'ait pas couvert cet évènement qui pourrait être un moment fondateur de la redistribution des cartes dans le système économique mondiale...


Matthieu

jeudi 28 mai 2009

Paradis fiscaux : une initiative française


La récente proposition de la Fédération bancaire française et des banques réunies en son sein d'une série de mesures contre les paradis fiscaux est une nouvelle preuve de la valeur intrinsèque des banques nationales. En effet, celles-ci entendent jouer un role moteur dans la résolution de la crise économique et financière mondiale.

Force d'initiative, les banques françaises proposent que l'Europe mette en place des principes et des bonnes pratiques, autour du principe de transparence, pour lutter contre l'opacité des paradis fiscaux qui porte atteinte à la sécurité du système financier :
  • proactivité dans la coopération internationale,
  • extension des règles de contrôle interne applicables en Europe,
  • transparence sur les implantations,
  • gouvernance spécifique pour les pays les moins coopératifs,
  • transparence sur les opérations avec les pays les moins coopératifs.
Ces propositions, première avancée dans la lutte contre un fléau, sont une réponse à la demande de Nicolas Sarkozy qui souhaitait que les banques soient les moteurs de la réforme ; elles sont aussi une conséquence de la dernière réunion du G20 à Londres.

Ces mesures sont la preuve que la France a un rôle important à jouer dans la sortie de crise en raison de ses spécificités nationales mais aussi de sa place en Europe, Europe qui pourrait remplacer les USA dans le leadership de l'économie mondiale avec notamment la valorisation de l'euro comme monnaie de référence en remplacement du dollar.

Mayeul

mercredi 27 mai 2009

Crise et géopolitique




Le magazine Diplomatie a sorti pour la période avril-mai 2009 un numéro intitulé « Géopolitique de la Crise ».

Ce hors-série analyse la crise d’un point de vue géopolitique la crise et traite des plusieurs thèmes dont le passage de la crise financière à la crise économique, les acteurs politiques gagnants et perdants avant de conclure sur la redistribution des cartes sur le plan de la géopolitique internationale.

Au-delà de la crise économique et de son impact sur la société civile, il est intéressant de noter que la crise a aussi un aspect géopolitique. Certains pays ont plus de chance de s’en tirer que d’autres (voir la section du magazine dédiée aux risques-pays et capacités de résilience réalisée par Euler Hermès). En parallèle, d’autres états, à travers les fonds souverains, profitent de la crise pour poursuivre leur politique de développement et d’investissement dans les secteurs stratégiques. Une cartographie détaillée des fonds souverains qataris et chinois est fournie et révèle l’intérêt du premier pour les investissements dans le secteur immobilier haut de gamme, le secteur de l’eau et de l’alimentaire alors que le second se concentre sur les investissements dans les matières premières.

Le paysage des banques et du monde financier n’est pas le seul bouleversé par la crise économique actuelle. Le monde politique est aussi impacté par cette crise et de nouveaux rapports de force, et donc tensions, devraient naître de ces changements.


Marie

mardi 26 mai 2009

Les Ecoles Supérieures de Commerce réagissent à la crise

La crise que nous traversons actuellement est atypique sur plusieurs points mais dans ce post je voudrais mettre l’accent sur les jeunes diplômés.
Pour la première fois, les cadres sont menacés : la logique qui voulait que les diplômes mettent à l’abri du chômage semble avoir fondu comme neige au soleil.
Toutes les générations post baby boom avaient été bercées dans la logique : diplôme = employabilité rapide.
On s’aperçoit aujourd’hui que c’est de moins en moins le cas.
Le Blog du Monde, Engrenages a d’ailleurs publié un POST dans lequel il retranscrit le témoignage de deux étudiants en École de Commerce qui peinent à trouver un emploi. Cette recherche d’emploi sans succès les met dans une situation financière complexe où se mêlent remboursement des traites d’emprunt pour l’école, chômage et gestion du quotidien.
Derrière ces différents témoignages il faut bien évidement relativiser ; ce n’est pas le cas de tous les étudiants de France mais ces exemples méritent d’être soulignés.
Moi-même sorti d’Ecole de Commerce, je viens de recevoir la newsletter papier de mon ancien établissement qui semble lui aussi préoccupé par la crise mais qui se veut avant tout rassurant.
Evidement, comment encore recruter des étudiants si le fait d’intégrer une grande école ne garantit plus d’avoir un emploi à la clé.
Pour rassurer ses étudiants, mon ancienne école fait un dossier spéciale sur « Penser et vivre dans une économie bouleversée : regards croisés sur la crise » et ils ont interviewé des chefs d’entreprise qui veulent préparer l’après crise, l’espoir renait ?

Je répondrai simplement qu’au regard de témoignages d’anciens et de retours d’expérience de jeunes diplômés de différentes école : Combien de chefs d’entreprise préparent l’après crise ? Et combien ne font que réagir à la situation en jouant sur les leviers dont ils disposent maintenant (masse salariale, budgets, investissements) ?
Les échos qui me reviennent semblent plutôt confirmer la seconde solution. Les entreprises gèlent tous les budgets, refusent d’embaucher et finalement réagissent à la crise sans se soucier de l’après crise. (« À chaque jour suffit sa peine » !!!)
Mais peut-on leur en vouloir ? Une entreprise qui fait faillite aujourd’hui n’embauchera pas demain.

Jean Paul

lundi 25 mai 2009

La vidéo du lundi :


L’agence de communication Al Dente remet le couvert : après avoir créé le site internet AlDenteLaCrise où les internautes peuvent écrire et partager leurs slogans liés à la crise (Ma Crise Bien Aimée y est présente sous le nom « Ma Crise Bien Aimée », votez pour nous !), Al Dente produit des chansons écrites par les internautes, toujours sur le thème de la crise.

La vidéo de ce lundi est la première produite par Al Dente et Twin Fizz Records. D’autres vidéos sont en cours de préparation et bientôt disponible sur le site internet dédié à ce nouveau buzz. Alors à vos claviers (ou plumes pour ceux qui préfèrent).


Marie