samedi 21 février 2009

UBS sous le poids du scandale


Un parfum de scandale roderait-il autour de la banque UBS ? C’est le moins que l’on puisse dire après que, mercredi dernier, la première banque suisse ait été accusée de favoriser la fraude fiscale aux États-Unis par le biais d’une activité de conseil à des Américains qui souhaitaient placer des fonds à l'étranger.

La justice américaine a immédiatement saisi l’affaire et demandé des comptes UBS. Celle-ci a refusé dans un premier temps de révéler quoique ce soit. Le secret n’a pu être gardé bien longtemps puisque la justice américaine a eu recours à la menace. Il faut dire que la banque est très présente aux États-Unis, elle emploie 28 000 salariés et occupe une place importante dans la gestion de fortune, elle ne peut se permettre ne perdre sa licence lui permettant d’exercer le métier bancaire aux États-Unis. Sous la pression du gouvernement suisse, UBS a accepté de livrer 250 à 300 noms de clients américains soupçonnés de fraude fiscale, la justice américaine lui en réclame aujourd’hui 52 000.

Pour l’instant, il semblerait que la banque UBS refuse de coopérer avec les autorités américaines. Le tribunal de Miami a par ailleurs reçu une plainte du département de la justice contre UBS toujours dans le but de connaître les fameuses identités. Ces comptes illégaux pourraient représenter la somme de 14,8 milliards de dollars. UBS a néanmoins publié un communiqué afin d’expliquer la situation et peut être pour échapper à l'étiquette d'organisme criminel que les États-Unis étaient prêts à lui donner.

Une affaire délicate dont le dénouement final ne devrait pas tarder.

Fleur

vendredi 20 février 2009

Résultats financiers 2008 : Société Générale et BNP Paribas

La SG a rendu public ses résultats 2008 le 18 février 2009. L’année 2008 est ainsi marquée par un résultat Net Consolidé Part du Groupe de 2 milliards d’euros. Ce résultat se traduit notamment par un dividende de 1,2 EUR par action.

La conférence de presse qui a dévoilé ces résultats a permis à la Société Générale d’insister notamment sur la solidité des capacités de développement en Banque de Détail en France comme à l’International. Ces chiffres marquent également la confiance renouvelée de ses clients.
Face à une crise financière et économique grave, la Société Générale garde toutes ses capacités ; elle a engagé l’adaptation de ses métiers imposée par la crise.
Pour 2009, sa principale ambition est d’accompagner ses clients. Un tel discours tranche nettement avec les années précédentes notamment en recentrant les activités sur le client et non sur une recherche effrénée de profits.

Le même jour BNP Paribas publiait également les siens, après une pré annonce datant de fin janvier 2009.

Le résultat Net Consolidé Part du Groupe est de 3 milliards d’euros. Il traduit une bonne résistance de la banque de détail. Par rapport à 207, les résultats sont fortement impactés par la dislocation des marchés et l’accélération de la dégradation de l’environnement économique.
Pour 2009, la BNP Paribas insiste sur la capacité d’adaptation rapide et bon positionnement de la banque dans son environnement. La BNP travaille notamment à un renforcement des fonds propres afin de garantir sa stabilité face à la crise économique et financière.

Baudouin Prot, Administrateur Directeur Général a insisté sur la solidité du groupe rappelant que celui-ci « développe ses activités au service du financement de l’économie réelle, notamment en France, tout en poursuivant activement son adaptation, déjà engagée, à un environnement qui va rester très difficile : réduction des risques de marché et des actifs pondérés, renforcement du capital par la génération de résultats et le plan français de soutien à la croissance, stabilisation de la base de coûts, proactivité dans la gestion des risques ».
Pour approfondir : la présentation des résultats 2008 de la BNP.

Mayeul

Peur de qui, peur de quoi ?

Le développement des PME est plombé par les banques. Elles ne participent pas au développement mais se limitent à la vente d'un produit, comme tout autre commerçant. Elles ne veulent pas en effet se prononcer sur le conseil des projets de leurs clients et en même temps le financer (leurs conseils n'étant QUE financier). Leur crainte officielle vient d'un soit-disant conflit d'intérêts que pourrait leur reprocher leurs clients : "vous me l'aviez pourtant conseillé, je me suis planté, c'est donc de vôtre faute". Les banques allemandes ont moins de scrupules...
En un mot, elles préfèrent vendre 4 produits à 4 PME différentes plutôt que de s'engager (par un conseil en stratégie opérationnelle) auprès d'une seule entreprise pour lui vendre ses 4 produits. En manœuvrant de la sorte, elles préfèrent diminuer leurs risques, les lois de la statistique plutôt qu'en raisonnant marchés, secteurs et opportunités.
Alors qu'un chef d'entreprise aurait eu pour objectif la fidélisation des 4 entreprises en S'ENGAGEANT, la banque reste un commerçant comme les autres.
Et dire que tout ça est pour éviter quelques contentieux ! A ce jour votre seuil de Peters est atteint. Pour gagner plus d'argent, il vous faudra partager le risque, mais pas le vôtre, celui de vos clients.

Patrick Marchant

jeudi 19 février 2009

La crise : cure d’amincissement pour les banques !



Il y a quelques temps encore à 100 milliards de dollars de capitalisation boursières, vous faisiez partie du club très select des géants de la finance. On en comptait une petite dizaine, il y a encore 2 ans.
La crise a ébranlé les géants d’une façon encore jamais vue.
Malgré les divers plans de sauvetage des États, la bourse est sévère et ne pardonne guère les excès, notamment les excès de confiance.
La capitalisation boursière des géants de la finance a ainsi fondu de 60% à 80% mettant en danger les anciens mastodontes. Le Point titrait ainsi dans son numéro 1898 du 29 janvier 2009 « la banquise fond, les banques aussi … ».

Ps : pour les moins financiers d’entre nous la capitalisation boursière d’une entreprise se calcule grossomodo : nombre d’actions X cours de l’action

Jean Paul

mercredi 18 février 2009

Le sommet du G20 ... à la recherche d’idées

Le Sommet du G20 prévu se tenir à Londres le 2 avril commence déjà à agiter le web. En effet, le gouvernement britannique, organisateur du sommet à lancer une vaste consultation internationale par Internet à l’aide d’un site dédié mais aussi d’un canal YouTube. Chacun peut donc apporter sa pierre à l’édifice, donner son avis mais aussi lire les idées des autres et notamment des experts invités. Les débats sont bien évidemment centrés sur les thèmes du Sommet : Stabilité – Croissance – Emploi. Mais l’on peut aussi poser ses questions au Premier ministre Gordon Brown.

Une telle idée est bien sûr louable, non seulement, pour Internet mais surtout pour les personnes intéressées qui, espérons-le, seront nombreuses à participer au débat (même si le site est uniquement en anglais) et feront entendre d’autres idées que celles sans cesse rabattues par les médias sur la relance économique ou les bonus des banquiers.

Cette expérience semble marquer les prémices d’une nouvelle démocratie participative au niveau mondial grâce à ce fabuleux outil de communication et de partage qu’est Internet. Il est regrettable cependant que cette initiative soit pour l’instant peu connue y compris dans la blogosphère.

Alors, n’hésitez plus, allez-y et participez.

Mayeul

mardi 17 février 2009

Et si la réponse à cette crise nous venait … des femmes !

Le sujet est étonnant ! Alors qu’on parle tous les jours de capitalisation boursière, de redéfinition du système capitaliste, de plan de relance, les Français semblent bien plus pragmatiques.

Un sondage CSA de novembre 2008 pour Madame Figaro faisait ressortir que 84% des Français, hommes et femmes, souhaitaient que celles-ci soient mieux représentées à la sortie de cette crise, notamment dans les postes de direction.
Le sondage semble sérieux (loin de tout débat féministe ou machiste) et il serait intéressant de s’intéresser aux causes d’une telle demande.


La principale cause évoquée par l’essentiel des personnes interrogées : « les femmes sont un garde-fou face aux excès de la mondialisation, du monde des affaires ».

Souhaitant aller plus loin, le chercheur Michel Ferrary, fondateur et directeur de l’Observatoire de la féminisation des entreprises au CERAM (Ecole Supérieure de Commerce à Nice-Sophia Antipolis) a mis en relation la situation économique des entreprises face à leur taux de féminisation.

Les conclusions de l’enquête sont étonnantes :
  • Les entreprises ayant une forte population de femmes ont globalement une meilleure rentabilité.
  • Les entreprises employant un nombre important de femme privilégient les politiques de développement économique sur le long-terme.
  • Les femmes dans les entreprises sont également vectrices de changement du point de vue de la politique managériale, les femmes privilégiant globalement la cohésion au sein des équipes.

Je ne ferai pas l’apologie du management au féminin dans ce post mais j’aimerais que l’on insiste sur cette inévitable complémentarité Homme-Femme.
En effet, l’étude conclut que le management de demain sera un management qui alliera décideurs hommes et décideurs femmes.
Mais la principale conclusion de cette enquête CSA-le Figaro Madame reste que les Français veulent du changement dans la gestion des entreprises et globalement de la société française.
Cette demande de changement est de plus en plus flagrante, le système économique actuel, basé sur une logique de court-terme étant lui-même remis en question.
Alors proposons aux Français un autre modèle de développement économique fondé sur lune logique de long terme et sur une paix sociale garantie.
Ce sondage demandant une nouvelle définition des relations Homme - Femme n'est que la traduction visible de cette volonté de changement.

Jean Paul

Banques américaines : vers une possible nationalisation ?

Le débat autour de la nationalisation des banques se développe aux Etats-Unis. L’économiste Nouriel Roubini a posté sur son blog plusieurs billets en faveur de la nationalisation des banques. Vous pouvez les lire en cliquant ici et ici.

Même si le nom “nationalisation ne fait pas partie du vocabulaire américain” reconnait Charles Geisst, un historien de la finance à la Faculté de Manhattan à New-York, le gouvernement Obama a reconnu réfléchir à une possible nationalisation (partielle ou totale) de banques américaines, suite notamment au soutien qu’il a apporté à Bank of America et Citigroup. Les aides venant du gouvernement américain se montent respectivement à 6 et 7.8% des actions, ce qui fait par conséquence des contribuables américains les actionnaires majoritaires de ces deux banques.

L’article de Business Standard conclut sur la possible contagion du phénomène de nationalisation. Ce phénomène peut-il se transmettre à la France ? Verrons-nous dans les mois à venir des banques françaises nationalisées ?

L’autre problème soulevé est la modification du paysage concurrentiel : les consommateurs auront-ils toujours le choix de leur banque ou seront-ils obligés de s’adresser à une banque appartenant à l’Etat car aucun établissement financier n’aura résisté à la crise sans avoir recours aux institutions publiques ?

Marie

PS : pour ceux qui veulent aller plus loin sur ce sujet et qui maîtrisent l’anglais, voici un reportage audio (au milieu de la page à gauche "Back Story with the Times David E. Sanger") réalisé par des journalistes du New York Times qui résument les différentes alternatives (création d’un bad bank, nationalisation…) ainsi que leurs avantages et inconvénients.

lundi 16 février 2009

Crise et banque aux Etats-Unis... same player shoots again ?


L'information vient des Echos du 14 février 2009. Morgan Stanley et Citigroup s'apprêteraient à débourser des millions pour garder leurs traders. Je remarque au passage que les patrons de ces deux établissements ont adopté des régimes spectaculaires dans leurs rémunérations - dollar symbolique et renonciation aux boni tant que leurs entreprises ne renoueraient pas avec les bénéfices.

Georges Ugueux, dans son blog "
Démystifier la finance" avait déjà abordé la question la semaine dernière. J'ai quand même singulièrement l'impression que nos amis d'outre-Atlantique n'ont pas compris grand'chose à la crise actuelle. Referaient-ils les mêmes erreurs ? L'erreur du court-termisme, des profits immédiats et de la spéculation boursière ?

Car lorsqu'on décide de rémunérer par des sommes si considérables qu'elles ne font plus sens, des hommes et des femmes dont le métier est de trouver le moyen de trouver de la richesse en dépit des fondamentaux des entreprises, on refait invariablement les mêmes erreurs qu'avant.
Alors que les discours annoncent clairement une modification des règles de la finance internationale, que l'heure est à la gouvernance retrouvée, que certains, ici en Europe mais également aux Etats-Unis, développent l'idée d'un "capitalisme durable", les banquiers de Wall Street persisteraient et signeraient ? Il est grand temps que le "messie tant attendu" Obama, puisque visiblement lui seul semble en mesure d'influencer la sphère financière américaine, tape du poing sur la table un grand coup. Et souhaitons qu'en Europe et qu'en France (Fleur vous en avait touché deux mots le 12 février), nos financiers à nous soient plus lucides en investissant sur des valeurs plus sûres et qui fassent sens.
Matthieu

La vidéo du lundi : la Rising Bank


Des étudiants de Louvain en Belgique sont à l’origine d’une initiative originale : créer de toutes pièces une banque fictive, la Rising Bank, qui promet à ses clients des rendements très supérieurs à la moyenne. Comment ? tout simplement en investissant dans des fonds jugés non éthiques.

Les étudiants ont relevé plusieurs réactions : des clients potentiels se sont retournés vers leurs propres banques pour savoir où était investi leur argent. D’autres prospects se sont déclarés intéressés par les produits de la Rising Bank après que le conseiller clientèle ait expliqué dans quels fonds l’argent allait être investi.

A l’heure où la crise financière internationale nous oblige à réfléchir à un nouveau modèle de développement des banques et du système financier, il est surprenant de constater que nous, de simples particuliers, choisissons d’investir nos économies dans des fonds privilégiant le rendement plutôt que l’impact sur la société. L’investissement socialement responsable a encore du travail à faire pour convaincre et s’imposer auprès des entreprises et des particuliers.

Marie

dimanche 15 février 2009

Forum Libération : une initiative intéressante


Le journal Libération, a décidé, avec des partenaires locaux - Rennes Métropole, la Ville de Rennes, le Conseil général d'Ille-et-Vilaine, la Région Bretagne, le Théâtre National de Bretagne et Les Champs Libres - d'organiser à Rennes un forum de trois jours intitulé "Sortir de la crise". Ce forum réunira des philosophes, des hommes politiques, mais aussi des économistes ou encore des sociologues qui exposeront leurs points de vue avant de débattre avec le public.

Une telle initiative mérite d'être encouragée mais d'abord d'être connue car elle ne peut ainsi que gagner en efficacité. Il s'agit bien de compléter les débats et prises de position politiques habituels par l'implication du citoyen dans la recherche de solutions innovantes à la crise économique.

Pour préparer ce débat, un site Internet a été mis en place. Hélas, il se contente de donner des indications pratiques mais ne permet pas de commencer à réfléchir sur le sujet (il n'y a ni forum d'échange d'idées, ni travaux préparatoires ou textes de réflexion) ce qui pourtant avec le s outils du web 2.0 serait une chose facile à mettre en place.
Vous pouvez, cependant, chers lecteurs, nous faire part de vos idées que nous reprendrons si nécessaire dans de futurs posts.

Rendez-vous à Rennes les vendredi 20 mars, samedi 21 mars et Dimanche 22 mars 2009.

Mayeul