vendredi 15 mai 2009

Crédit Agricole : accueil boursier timide des résultats

Suite à l'annonce des résultats du premier trimestre 2009 du Crédit Agri,cole la réaction de la Bourse a été plus que décevante. Il convient d'en tirer certains enseignements.

Le Crédit Agricole S.A. a présenté, hier, ses résultats du premier trimestre 2009 ; tirant les enseignements de la crise, et après une restructuration largement réalisée de ses principaux métiers, le Crédit Agricole a choisi de privilégier sa capacité à générer des résultats récurrents et solides...
Au total, le bénéfice net part est de 202 millions d’euros. Hors activités en cours d’arrêt de la banque de financement et d’investissement, il est de 618 millions d’euros, reflétant la bonne performance de l’ensemble des métiers du Crédit Agricole.

Mais la Bourse n'a pas salué ces résultats comme on pouvait l'espérer ce qui s'explique en particulier par la déception des analystes qui espéraient un bénéfice net de 275 millions d'euros. Ainsi après une journée agitée hier (très forte volatilité), le cours a terminé sur une légère baisse (-0,34%).
C'est peut être le signe que la Bourse ne saurait se satisfaire uniquement de chiffres positifs mais attend plus, en cette période de crise économique, de la part des banques. Les déclarations de René Carron, Président, et Georges Pauget, Directeur Général : « Tirant les enseignements de la crise, et après une restructuration largement réalisée de ses principaux métiers, Crédit Agricole S.A. a fait le choix de privilégier sa capacité à générer des résultats récurrents et solides » ne sont dons pas convaincantes.
On aimerait penser que la Bourse attend plus de sagesse, plus de responsabilité et plus de prudence de la part des banques.

La journée du 15 mai risque de continuer a être agitée pour le Crédit Agricole avec l'annonce d'une enquête menée par les autorités italiennes de la concurrence suite au pacte d'actionnaires signé entre le Crédit Agricole et son partenaire Generali liant les deux groupes au sein du capital d'Intesa Sanpaolo.

Mayeul

jeudi 14 mai 2009

Comment ridiculiser les patrons?

Rappelez vous comment un journaliste avait retenu l'attention de toutes les télévisions du monde en envoyant sa chaussure à la figure de George W. Bush. C'est ce nouveau sport qui a inspiré le comité "Sauvons les riches!" avec un slogan pour le moins provocateur : le lancer de pantoufles sur pantouflards sans scrupule. Vous l'aurez donc bien compris, les patrons vont devenir durant cette nouvelle saison d'assemblées générales les victimes préférées de ces contestataires.

A l'origine de ce mouvement, des militants écologistes, pour la plupart, qui veulent bousculer avec humour ceux qui ont le pouvoir qu'ils appartiennent au monde de la politique ou de l'entreprise afin de les "soigner de l'argent". Leur objectif: s'infiltrer à tout prix dans les réunions et surprendre la victime. Leur entrée s'accompagne souvent du générique de "Dallas". Leurs derniers célèbres souffre-douleurs ont été Jean Sarkozy, à qui ils sont venus remettre au Rotary Club le "diplôme de fils à papa - mention Balkany" ou dernièrement François Pérol lors de l'assemblée générale de Natixis à qui ils ont fait l'honneur de se déguiser en parachute doré!

Il est certain que derrière ces action assez osées il y a la volonté d'attirer l'attention sur ceux que le comité appelle les pantouflards et qui dirigent actuellement les plus grandes entreprises françaises tout en affaiblissant l'économie.

N'oubliez pas de suivre les aventures du comité "Sauvons les riches" sur leur site internet ou dans la presse, car la saison des AG est loin d'être terminée et nous sommes sûrs qu'ils nous réserve encore quelques surprises. Aves les dirigeants de banque, ils ont de quoi faire!

Fleur

mercredi 13 mai 2009

Marc Touati explique l’économie et la crise financière




« Krach Boom … et demain ? » il s’agit de l’ouvrage de Marc Touati disponible dans les librairies.
Marc Touati nous donne les clés pour comprendre l’économie moderne tout en faisant un point sur la crise financière actuelle qui frappe notre économie.

Businessman et économiste, Marc Touati ne fait pas pour autant l’unanimité. Ses nombreuses déclarations, parfois trop rapides, on se rappellera ses déclarations dans lesquelles il ne voyait pas le pétrole à plus de 100$ ou il prédisait la fin de la crise pour l’automne 2009, lui valent de nombreuses objections.

Pourtant le point de vue du personnage peut être intéressant.

Je vous conseille donc de visionner cette vidéo où Marc Touati présente son livre et donne déjà quelques clés de compréhension sur la crise financière.


Jean Paul



mardi 12 mai 2009

La Banque Postale comprend la crise


Il ne vous aura pas échappé que la Banque Postale a lancé une nouvelle campagne de communication. Elle est partout exposée, sur les stations de bus, sur le net, à la télévision, paraît-il (je ne l'ai pas)... Si l'on en croit le communiqué de presse, l'établissement a effectivement mis les moyens. Et si l'on se base sur les réaction sur les blogs, les avis sont plutôt favorables, mais portent surtout sur l'aspect créatif et esthétique du thème : les fleurs. Ainsi a-t-on de beaux arômes érigés en symbole de la "nouvelle façon de vivre sa banque".

Personnellement, je suis assez partagé : si je salue l'audace et l'incongruité de traiter par des fleurs un sujet assez morne, voire tabou (les relations des Français avec leurs banques), je suis en revanche plus que circonspect sur le message ainsi délivré.
Car il semble que la Poste se focalise uniquement sur 1) l'accessibilité de ses services par ses clients (24/24, 7/7) , et 2) le respect du type de relation que chacun souhaite avoir avec son conseiller.
Le but est de créer voire de renforcer les liens entre la Banque Postale et le client, de créer de la proximité.
Là, je pense que l'ex-Poste a compris intuitivement (?) un enseignement de la crise financière : créer - ou améliorer sensiblement - les rapports entre les banques et leurs particuliers. C'est un des messages que ma crise bien-aimée s'efforce de faire passer depuis 6 mois.
Et à voir le communiqué de presse, je pense qu'elle a mis le doigt là où cela fait mal : la banque, perçue comme très technique et paradoxalement dangereuse pour vos comptes, doit développer une relation de confiance et de complicité avec ses clients en les respectant.

Mais, se borner à une campagne de communication démontrerait une absence de vision stratégique. C'est un bon début, mais c'est loin d'être suffisant, car la confiance et la complicité, cela se construit sur le long terme. La Banque Postale hérite du maillage territoriale et de l'image de la Poste. Ce sont de forts atouts. Elle, comme les autres banques plus classiques, doivent montrer qu'elles travaillent certes pour leurs clients, pour elles-mêmes, mais également pour un projet commun : le développement des territoires, des industries de pointes, l'exportation des PME... bref, tout ce qui permet d'apporter une vision de long terme entre une société et ses banques.

Je souhaite donc que la Banque Postale ait une stratégie en plus d'une belle campagne de pub.

Matthieu

Reprise économique : des signes annonciateurs ?

Malgré les récents signes d'amélioration boursière, rien ne permet honnêtement de croire à une reprise économique imminente en France. Si cette analyse peut sembler négative et donc engendrer une perte de croissance et donc une aggravation de la situation économique, elle est confortée par les derniers chiffres disponibles.
Ainsi la production industrielle a chuté, en France, de 1,4% au mois de mars selon l'INSEE. Cette chute n'est pas la même pour tous les secteurs et certains réussissent encore à avoir une production en hausse (secteur pharmaceutique, industrie navale, industrie aéronautique). Le secteur de l'informatique est particulièrement touché (-2,8%).
Le Ministre de l'Economie, Christine Lagarde, annonce un chiffre de la croissance mauvais pour le premier trimestre (le chiffre ne sera publié par l'INSEE que le 15 mai) mais croit à une reprise graduelle. Pour elle, les mesures mises en oeuvre par le gouvernement offrent une véritable capacité aux entreprises de rebondir face à la crise économique.

Ces mauvais chiffres français donnent du poids à un scénario que personne jusqu'à aujourd'hui ne voulait envisager : les Etats Unis pourraient être les premiers à sortir de la crise économique avant l'Union Européenne et la France.

Mayeul

lundi 11 mai 2009

La vidéo du lundi : comment se vendre avec humour



Au mois de novembre dernier, les 138 employés du centre de R&D de Motorola à Rennes ont appris que leur employeur risquait de fermer leur centre et de les licencier.

Plutôt que subir cette décision, les ingénieurs ont décidé de lancer un site internet pour trouver un repreneur et de faire connaître leur action en postant sur le site de partage de vidéos YouTube des parodies de chansons appelant au rachat du centre de R&D par un repreneur.

Ces vidéos ont développé un buzz puisque des articles ont été repris dans les médias traditionnels comme France 2, Canal +, M6, Ouest-France et sur des sites internet et des blogs.

Malheureusement, ces actions, même si elles ont fait connaître le centre n’ont pas permis de trouver de repreneur. Saluons quant même cette initiative qui a utilisé les nouveaux moyens de communication liés à Internet pour faire parler de l’entreprise.

Marie

dimanche 10 mai 2009

Le Vatican et la crise économique : back to basics


Le Monde relate une initiative assez inattendue en période de crise, surtout de la part d'un institution qui a fait plutôt les choux gras de la presse dernièrement : je parle ici de l'Eglise catholique, et plus précisément du Vatican, et plus précisément encore, de la Conférence Episcopale Italienne (CEI).

L'Eglise italienne lance le micro-crédit à destination des ménages qui ont le plus de mal à gérer la crise. Notons au passage que, ce faisant, elle s'inscrit totalement à contre-courant vis-à-vis du gouvernement italien et de Monsieur Berlusconi.
La CEI a conclu un accord avec l'Association des banques italiennes (ABI) pour obtenir un taux préférentiel pour le remboursement de ce micro-prêt, dont la somme s'élève à 30 millions €.

On pourra s'interroger, surtout en France où l'on aime voir l'Eglise "à sa place", sur la légitimité et l'opportunité d'une telle démarche. Le Cardinal Bagnasco, président de la CEI, invoque Saint Paul et les premiers temps de l'Eglise, où l'Apôtre organisait le système de dons et de ressources (pas uniquement financière, soit dit en passant) destinés à l'Eglise naissante (du temps où elle était encore considérée comme une secte, avec ses foyers à Jérusalem, Antioche, Edesse...).

Cette idée n'est pas extraordinaire si l'on se penche sur les relations entre l'Eglise et les autorités italiennes, bien réelles et connaissant de multiples déclinaisons (cf. l'affaire Eluana). Mais elle est assez significative de la manière dont est envisagé le traitement de la crise en Italie par le gouvernement. Une contributrice de Cafebabel compare cette initiative au rôle social de l'Eglise au Moyen-Âge. Elle n'a peut-être pas tort dans le fond, mais comme le fait remarquer le Cardinal Bagnasco "c'est une première". Et pour cause : l'Eglise interdisait formellement la pratique du taux d'interêt - de l'usure - car la théologie disposait que "temps n'appartenait qu'à Dieu".

Peut-être les banques pourraient-elles s'inspirer de l'esprit de ce concept, assez novateur étant donné le caractère de l'institution - et de son dirigeant actuel. Simple, jugé efficace, proche et faisant sens. Mais qu'elles se rassurent : l'Eglise n'a pas pour vocation de faire la concurrence aux banques.

On pourra dire ce que l'on veut de la crise des vocations dans l'Eglise, mais en l'ocurrence l'Eglise surfe sur la crise économique.


Matthieu