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jeudi 5 juillet 2012

De retour !

Cela devait arriver ... après plus de deux ans d'absence, le blog sera de nouveau alimenté, certainement moins régulièrement que par le passé mais alimenté tout de même en article de fonds, billets d’humeur ou alors questions ouvertes.

Voici déjà trois ans que nous parlons de cette crise. Un mot qui est devenu si familier : crise financière, crise de la dette, crise grecque, crise espagnole, crise portugaise, crise sociale, crise de l’€uro ... 


Rien n'a véritablement changé depuis l'ouverture de ce blog, les banques sont peut être en moins piteuse état mais les Gouvernements eux semblent plus fragilisés que jamais. Déjà surendettés les Etats ont sauvé les banques par l'endettement et se voient aujourd’hui sanctionnés pour ce niveau de dette excessif ...  Quelle ironie du sort !

Le nouveau gouvernement proclamait que tout était possible, que le changement était pour maintenant pourtant les évènements de ces derniers jours laissent présager que nous aurons du mal à échapper à la rigueur, cette fameuse rigueur tant redoutée.

J'essayerai dans mes posts de relever certains projets portés à bout de bras par des Français entrepreneurs et plein de courage. Signe que dans cette morosité ambiante alimentée par les médias, certains Français ne baissent pas les bras. J'ai d'ailleurs en préparation un post sur un projet lorrain d'avion qui semble défrayer la chronique en ce moment.

Voilà pour ce premier post de 2012. En espérant relire les commentaires de nos fidèles lecteurs.


Jean-Paul

jeudi 21 janvier 2010

Société Générale à Marseille : une étrange ouverture ???


En plein dans le débat français sur l'identité nationale et alors que certains journaux s'interrogent (enfin !!!) sur la relation des Français avec leur banque, la Société Générale de Marseille se lance dans une approche ciblée du consommateur.

En effet, cette banque a choisi de traduire son nom en langue arabe (certains diront de mal traduire). Une telle démarche ne peut que légitimement soulevé bien des interrogations sur l'intérêt de cette "traduction". En effet, faut il y voir une réponse aux offres de finance islamique - la banque jouant alors sur le rapprochement arabe-Islam - ou la reconnaissance d'un besoin local ??

Il s'agit à mon sens d'une grave erreur de la banque qui renonce ainsi à son identité propre allant jusqu'à traduire son nom en une langue étrangère alors que son logo est connu à travers le monde entier comme en témoigne celui de sa filiale égyptienne.

Mayeul

mardi 1 décembre 2009

Ma crise bien aimée : 1 an déjà

Cela fait déjà un an que nous avons lancé ce blog après bien des hésitations et des réflexions sur l'apport qu'il pouvait avoir pour ses lecteurs dans la compréhension de la crise économique et financière mais aussi comme force de proposition pour les acteurs économiques.


En effet, nos deux premiers premiers posts datent du 1er décembre 2008 :
- USA : La crise immobilière dope le tourisme ?
- La banque mondiale de l'année est française

Au bout d'un an, malgré un léger essoufflement des derniers mois, le bilan est intéressant et encourageant pour les années à venir :

- 6 contributeurs réguliers
- 270 posts
- et plus de 30 000 visiteurs uniques.

Un grand merci à tous nos fidèles lecteurs. Ce n'est que grâce à eux que le blog existe et que nous trouvons la force de continuer à écrire ou à proposer des sujets divers, des vidéos, des idées nouvelles... même si parfois nous regrettons l'absence de commentaires et donc de débat.

L'équipe de Ma Crise Bien Aimée

lundi 30 novembre 2009

La vidéo du lundi : publicité BinckBank

Créée en l'an 2000 aux Pays-Bas, BinckBank a ouvert sa succursale française septembre 2008 avec pour objectif : "Être le moins cher du marché".
La vidéo du jour est un des spots de sa campagne de publicité. L'offre de la gratuité des frais de transaction sur 1000 euros n'est pas destiné aux investisseurs prudents mais plutot à des clients toujours à la recherche d'une belle opportunité. Pour faire passer le message, BinckBank illustre son propos en empruntant les codes de ses adversaires et donc en caricaturant le banquier sur trois thèmes : le golf, les grands restaurants et un PDG cloitré dans un bureau immense.


mardi 17 novembre 2009

Travail des seniors : mythe ou réalité ?


Le discours officiel annonce des mesures pour améliorer le taux d’emploi des seniors en France.

Le dispositif prévoit que « D’ici au 1er janvier 2010 toutes les entreprises (ou groupes d’entreprises) employant au moins 50 salariés, doivent avoir conclu un accord ou établi un plan d’action sur l’emploi des salariés âgés. Dans le cas contraire ces entreprises seront soumises à une pénalité financière équivalente à 1 % de leur masse salariale. »

A l’Assemblée Nationale, lors de la séance du 10 novembre dernier, M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi, indiquait que « le taux d’emploi des 55-65 ans est d’un peu plus de 30 % en France, alors qu’il est du double en Suède » et donc très loin du taux de de 50% en 2010 fixé au niveau communautaire.

Il ajoutait que « Près de soixante branches, représentant plus de la moitié des salariés, ont commencé à négocier sur ce sujet. Pour la première fois depuis trente ans, et malgré la crise, le taux d’emploi des seniors non seulement n’a pas fléchi mais s’est amélioré d’un point.Ces résultats sont toutefois fragiles. Il nous faut continuer d’avancer, car ce sont nos mentalités que nous devons changer. Nous nous sommes habitués à payer pour chasser les seniors de l’emploi. Nous devons désormais nous battre pour les garder. »

Pour autant, la situation économique actuelle amène, ces derniers mois ,beaucoup d’entreprises à faire partir un maximum de personnes à partir de 58 ans et parfois moins : ce n’est pas dit officiellement mais les salariés le savent.

Anne

lundi 16 novembre 2009

La vidéo du lundi : la crise et ses dérives

Quand certains irresponsables sous couvert de faire du marketing envisagent de créer l'évènement par des lancer d'argent en plein Paris, ils sont forcément rattrapés de plein fouet par la crise et ses conséquences sociales.



Ces évènements arrivent à point pour rappeler que la crise ne doit pas être le prétexte à l'exploitation de la détresse de certaines personnes pour la transformer en opération publicitaire à des fins mercantiles. En effet, au lieu d'annoncer vouloir distribuer de l'argent au hasard (rappelons toutefois que l'utilisation de billets de banque comme support publicitaire est illégal), il conviendrait plutôt de consacrer ces mêmes sommes à des mesures concrètes pour lutter contre la crise en interne comme en externe.
De telles pratiques ne sont pas sans évoquer ce que l'on retrouve dans certains pays où les manifestants sont payés pour défiler au nom d'une cause ou d'une autre. Avec l'action de Mailorama organisée par la société Rentabiliweb est aussi une forme d'exploitation de la misère et de l'incrédulité de certains.

mercredi 14 octobre 2009

CAPITALISM : a love story



Parce que l’équipe de Ma Crise Bien Aimée aime la CRISE, non pas pour la crise elle-même, mais pour les différentes prises de conscience qu’elle suscite, nous ne pouvions passer à côté du nouveau film de Michael MOORE.

Comme à son habitude, le réalisateur américain nous promet un film décapant, dérangeant autours de la crise financière du siècle.
CAPITALISM : a love story devrait plaire aux Français, déjà, "écœurés" par les super-bonus des traders, des patrons-banquiers et autres faits divers financiers.
Même si les films de Michael MOORE ont fait l’objet de nombreux débats, notamment autours du montage ou du choix des personnes interrogées, ils ont le mérite de faire réfléchir, de susciter les questions.
D’après la bande-annonce, le film pose la question suivante : Nous avons sauvé quoi, pourquoi et pour qui ?



L’équipe de Ma Crise Bien aimée, ou plutôt un seul de ses rédacteurs a été invité à l’Avant-première, nous ne manquerons pas de faire une critique objective du film dans un prochain post.

Jean-Paul

mercredi 7 octobre 2009

La crise : source d’inspiration !


Les jours passent et se ressemblent au Journal de 20H, licenciements, fermeture de sites, industriels, reprise tardive etc.
Pourtant la crise est une formidable source d’inspiration pour de nombreux français. Marie, à travers ses vidéos du Lundi, poste régulièrement des réalisations d’internautes dont le talent créatif est certain et l'humour toujours au RDV.
Aujourd’hui, c’est du blog de Luc Lemploy, cadre, dont j’aimerai vous parler.
L’auteur, François S, nous fait vivre les tribulations d’un cadre fraichement licencié pour motif économique. On pourrait s'attendre à un récit triste, pessimiste mais c'est tout le contraire loin d’un récit monotone, l’auteur illustre chacune de ses expériences par une BD … dont le style est plutôt agréable ... mais fait preuve d'un humour ravageur.
D'ailleurs François S définit lui-même son blog comme « Un blog BD sur la crise, à l'humour ravageur et qui sent le vécu ! Luc, cadre en entreprise, perd son travail du fait de la Crise et se retrouve dans l'univers complexe de la recherche d'emploi. Luc est mon double imaginaire, dont les aventures sont nourries par mes expériences. Si vous aimez ce blog, diffusez son adresse à vos contacts ! ».
Le ton est donné, profitez de vos pauses-cafés pour visiter le blog de notre nouvel ami. http://francois-s.over-blog.com/

Jean-Paul

mardi 6 octobre 2009

Demain une entreprise attractive et valorisante pour les acteurs de l’entreprise ?

L’Institut de l’Entreprise propose aux jeunes étudiants une réflexion sur les formes d’entreprise à l’horizon 2020 sous la forme d’un concours. Il s’agit d’une initiative intéressante pour faire émerger des pistes nouvelles ou accélérer des évolutions plus rapides que certains ne les perçoivent au sein de l’entreprise.

Ces jeunes ont beaucoup de choses à dire surtout actuellement où ils voient simultanément les générations précédentes confrontées à des situations difficiles et où eux-mêmes ne peuvent s’insérer sur le marché de l’emploi, malgré de bons niveaux de formation.

Quelles perspectives peut on leur donner et quelles motivations pour l’avenir ? Une réflexion à long terme qu’il est urgent de faire avancer pour développer un tissu d’entreprises fortes. L’univers actuel est très mouvant et la conduite du changement n’est bien souvent pas ou imparfaitement anticipée.

L’émotion suscitée par France Telecom est un révélateur et les partenaires sociaux savent qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé.

Il faut agir pour que le monde de l’entreprise ne ressemble pas à cela


Justifier
Anne

vendredi 4 septembre 2009

Buzz du jour : rire de la crise


Avec cette crise, tout le monde souffre :

Les boulangers ont des problèmes croissants
Chez Renault la direction fait marche arrière, les salariés débrayent
A EDF les syndicats sont sous tension
Les bouchers veulent défendre leur bifteck
Les éleveurs de volaille sont les dindons de la farce : ils en ont assez de se faire plumer
Pour les couvreurs c'est la tuile
Les faïenciers en ont ras le bol
Les éleveurs de chiens sont aux abois
Les brasseurs sont sous pression
Les cheminots menacent d'occuper les loco : ils veulent conserver leur train de vie
Les veilleurs de nuit en ont assez de vivre au jour le jour
Les pédicures doivent travailler d'arrache-pied
Les ambulanciers ruent dans les brancards
Les pêcheurs haussent le ton
Sans oublier les imprimeurs qui sont déprimés et les cafetiers qui trinquent,
Les carillonneurs qui ont le bourdon
Les électriciens en résistance
Les dessinateurs qui font grise mine …
Et le menuisier a le moral au plancher et va devoir déposer plinthe au parquet !!!!

Et vous, ça va ?

mardi 1 septembre 2009

Récit d’une première rencontre avec le Pôle Emploi :

Premier contact avec le Pôle Emploi issu de la fusion entre les ASSEDIC et l’ANPE, quel contact !


Avec une innocence certaine, je suis allé ce matin à mon rendez-vous Pôle Emploi, certain que les choses allaient avancer rapidement.
N’ayant jamais connu le chômage, je me suis laissé berner par les médias et les déclarations politiques qui promettaient une profonde réforme du système.

Je vais donc à ce premier rendez-vous plein d’entrain, prêt à exposer mon nouveau projet professionnel et à remplir toutes les formalités nécessaires (documents à l’appui).

Première déception, pour un rendez-vous à 9h, l’Agence ouvre ses portes à 9h, naturellement fallait y penser, pourtant 5 ou 6 personnes attendent déjà dehors, les Français sont ponctuels !

Seconde déception, dès l’accueil, le personnel semble fatigué voire éreinté, il est pourtant 9h et nous sommes les premiers « usagers » - « clients » de l’agence. Quant sera-t-il à 17h ?
Le ton est donné, on ne recherche pas un emploi avec le sourire … dépressifs s’abstenir.

Je suis rapidement présenté à ma conseillère. Je commence par expliquer ma situation puis tente de présenter mon projet professionnel mais je suis immédiatement coupé … « ici, je m’occupe uniquement de votre inscription comme demandeur d’emploi » ! Je reste sans voix … « pour votre projet professionnel, vous aurez un autre rendez-vous dans un autre endroit ». Evidement, c’est logique !
Et là, mon entrain, mon innocence disparaissent … effectivement on est loin de la rationalisation. Les médias, les politiques m’ont donc menti ?

Le contact avec ma « chère conseillère » se limite à un jeu de questions-réponses d’un profond pathétisme et la moindre argumentation semble l’ennuyer … C’est d’ailleurs l’ambiance générale puisque j’entends ces collègues soupirer dans les couloirs … il est tout de même 9h20 du matin !

Je ressors de cet entretien sans grand espoir, conscient que le « salut » ne pourra venir que de mes propres démarches quant à l’indemnisation chômage ce sera pour une autre fois.
Car aussi étonnant que cela puisse paraitre, le système français ne favorise pas les études, ou les reprises d'études car toute interruption d’un an de votre activité sans être déclaré demandeur d’emploi, vous coupe vos droits à l’indemnité chômage. Cela aussi fallait y penser !
Je comprends mieux certains collègues qui avaient pour mot d’ordre « cotises et tais-toi ! ».

Je rêvais d’un entretien où dans un premier temps on effectuait les démarches administratives et dans un second temps on discutait du projet professionnel, des offres disponibles … pour moi c’était cela la réunion des Assedic et de l’ANPE, je me suis trompé !

Jean-Paul

mercredi 26 août 2009

Rencontre à l'Elysée et communication bancaire


A l'issue de la réunion qui s'est tenue hier à l'Élysée entre le Président de la République Nicolas Sarkozy et les représentants du secteur bancaire et financier français, il est intéressant de faire le bilan de la communication des banques sur cet évènement qui a fait les gros titres de la presse.
Ainsi une nouvelle fois, on notera un complet décalage entre les attentes de Français (notamment en matière de transparence) et les agissements des banquiers.

Le bilan pour les six banques majeures est facile à établir : elles ont toute un site internet institutionnel et parfois un blog qui leur permettent de communiquer facilement (ce qu'elles font sans problème lors qu'il s'agit de publier des résultats financiers par exemple) :
  • Crédit Mutuel : aucune mention sur le site
  • BPCE : aucune mention sur le site mais annonce de la mise en place d'un opérateur de paiement unique et publication des résultats du premier semestre 2009 (le communiqué très factuel ne comprend ni le terme trader ni le terme bonus)
  • BNP Paribas : aucune mention sur le site mais communiqué sur les 10 ans de la banque. Rien non plus sur le blog à ce sujet...
  • Société Générale : aucune mention sur le site
  • Banque Postale : aucune mention sur le site
  • Crédit Agricole : aucune mention sur le site mais on espère en savoir plus demain lors de la présentation des résultats du premier semestre 2009

Heureusement que la Fédération Bancaire Française et son président Baudoin Prot ont publié un communiqué et une déclaration sinon toute la place aurait été laissée à l'Elysée qui apparait ainsi comme le donneur d'ordre.

Ainsi si certains points sont acquis sous la pression institutionnelle (Le Président Sarkozy annonce avoir pris trois décisions concernant le bonus des traders à savoir l'exemplarité de la Place de Paris, le renforcement du controle de l'aide de l'Etat et une initiative internationale pour accroître le contrôle sur les bonus), les banques n'ont toujours pas réalisé la nécessité de communiquer en interne pour permettre aux salariés d'être des relais et en externe pour améliorer leur image.

Mayeul

mardi 11 août 2009

Reprise économique : propagande ou espoir


Alors que pour certains, "la reprise économique internationale n'est pas pour demain" (PAUL KRUGMAN), le Figaro s'est lancé à la recherche de signaux positifs pour la croissance croyant voir, en 10 points, les signes de la reprise économique en France :
  1. Le moral des industriels s'améliore
  2. La production d'acier redémarre
  3. Les résultats d'entreprises sont meilleurs que prévu
  4. Les ventes en grandes surfaces progressent
  5. Le CAC 40 reprend des couleurs
  6. L'automobile remonte la pente
  7. La fréquentation du transport aérien se stabilise
  8. L'emballage alimentaire rebondit
  9. Les investissements publicitaires bruts repartent à la hausse
  10. Les indicateurs internationaux virent au vert

Si effectivement, il est bon de chercher des signes de reprise pour parfois juste tenter de remonter le moral de Français, il serait bon que les grands quotidiens sachent également mener des enquêtes approfondies sur des signaux fiables et des périodes probantes sans occulter les signes négatifs ou les fragilités existantes (comme celles résultant d'une activité soutenue par les aides publiques).
En effet, on ne peut qu'être étonné du choix des signes retenus comme l'emballage alimentaire ou le manque d'ampleur de d'autres comme le CAC40 qui malgré une certaine embellie est loin d'afficher les valeurs d'avant la crise financière.

Espérons que ces signaux verts soient un signe encourageant adressé au Président Sarkozy et à son gouvernement pour continuer les réformes entreprises, aux Français pour garder le moral malgré les signes négatifs comme l'augmentation de la dette ou la hausse des impôts locaux.

Mayeul

lundi 10 août 2009

Crise et bonus : retour sur le cas BNP PARIBAS



La semaine dernière a vécu au rythme de la publication des résultats semestriels des entreprises en général, des banques en particulier. Les chiffres des banques françaises étaient très attendus - les banques américaines, JP Morgan en tête, avaient ouvert la marche en juillet. Mayeul vous a annoncé à chaud les performances de la BNP et de la Société Générale.
S'en est immédiatement suivie une polémique sur le quasi-milliard de bonus provisionné par la BNP pour ses traders et son pôle BFI.
Et pourtant, BNP PARIBAS a joué on ne peut plus transparent, semble-t-il. Elle assume complètement cette provision et de plus, elle assure être une des seules banques à jouer selon les règles prônées par le G20.

Que leur reproche-t-on exactement, à BNP PARIBAS et à ses consœurs (la Société Générale a également publié des résultats positifs, tout en adoptant un profil bas sur les boni et autres primes réservés à ses traders) ?
La dimension "éthique" voire "morale" n'est jamais loin en France. L'affaire est mesurée à l'aune des valeurs républicaine - en l'occurence la "fraternité" - et l'on s'offusque que de telles sommes soient versées à des personnes perçues comme responsables de la crise actuelle.
On reproche donc aux banques de persister dans une pratique qui est à l'origine, ou tout du moins, d'avoir accentué les effets de la crise financière mondiale. On reproche aux établissements financiers d'encourager une pratique de la prise de risque inconsidérée, ou bien de garantir des primes et boni minimum à leurs traders pour s'assurer qu'ils ne partent pas chez le concurrent.

Il y a également une autre accusation, moins spécifiquement liée à cet attachement pour la fraternité, la solidarité, et davantage à la responsabilité : comment accepter que la société via l'Etat vienne à rescousse de la BNP à hauteur de 5 milliards, alors qu'un peu moins d'un milliard sera versé à sa BFI ? Il est vrai que l'attitude quelque peu orgueilleuse de la banque - elle n'envisage pas de rembourser l'Etat avant 2010 alors que ses homologues américaines sont en passe de le faire chez elles - puisse renforcer rancoeurs, incompréhension, voire condamnation.

Condamner par principe BNP PARIBAS me semble contre-productif pour un certain nombre de raisons, mais je n'en prendrai qu'une, déjà invoquée par les banques depuis un an, réitérée par elles en ce moment, et que même certains journalistes comprennent : les banques versent de telles sommes pour leurs traders pour éviter qu'ils ne passent à la concurrence. Car quoi que l'on en dise, on ne peut faire abstraction de la dimension BFI dans les performances de la BNP.
On peut s'offusquer que de telles pratiques se poursuivent dans la finance internationale : il n'empêche qu'elles existent toujours, que le G20 refuse de prendre des dispositions contraignantes, que la Chine embauche largement les anciens traders de Goldman Sachs et ceux qui ont été licenciés depuis un an pour développer son secteur financier.
Compte tenu de ces éléments, on ne peut exiger des banques françaises de revoir leur mode de rémunération unilatéralement : cela reviendrait à se tirer une balle dans le pied. Et comme il est vraisemblable que les acteurs internationaux - banques, autorités de régulation, agences de notations... - refuseront dans les courts et moyens termes de se pencher sur la question...

Par contre, je pense qu'il existe un autre moyen de traiter de ce dossier de manière plus constructive que de démolir des champions nationaux et désormais européens. Il s'agit pour eux de se réapproprier la notion de stratégie. C'est à dire :
  1. accorder davantage d'importance aux moyen et long termes qu'au court, voire très court, terme.
  2. inscrire son entreprise - ici le secteur financier, et pas uniquement les banques - dans un "projet" porteur de sens pour tous. J'en ai un sous la main : la Maison France - voire l'Europe.
  3. se donner les moyens pour parvenir à cette fin : assumer et assurer son métier de banquier, de financeur de l'économie - c'est évident - mais également d'agent de développement des territoires.
J'ai déjà traité dans mes posts précédents de la position spécifique de la banque dans l'économie : elle est à la croisée des mondes privé et public ; des administrations, des entreprises, des particuliers, des organismes de recherches... Bref les établissements financiers (dont les compagnies d'assurance ne jouent pas le moindre rôle) sont au coeur de l'information.

La crise peut être une excellente opportunité de revoir le fond des choses en France. Que les banques sortent de cette attitude qui consiste à se draper dans leur dignité à chaque rappel à l'ordre de l'État, ou bien à s'enfermer dans leur tour de chiffres. Je leur propose de redonner du sens à ces chiffres et ces sommes colossales. L'État et la société comprendront enfin leur raison d'être.

Et n'oubliez pas de rembourser l'Etat et la société - vos créanciers - comme Morgan Stanley s'apprête à le faire.

Matthieu

jeudi 23 juillet 2009

Banques : des bonus en folie


L'actualité des derniers jours semble à nouveau mettre en lumière les déplorables pratiques bancaires autour des bonus. En effet, alors que tout le monde espérait que ces pratiques de rémunérations très courantes avant la crise financière allaient disparaitre pour laisser la place à un système plus sain, les grandes banques américaines, à peine sorties de la tutelle de l'Etat, promettent des bonus colossaux à leurs salariés.

Ainsi la cupidité des banquiers est donc sans aucune limite. De plus, ils sont incapables de tirer les enseignements de la crise : c'était déjà une réalité en ce qui concerne la communication, externe, voici maintenant la preuve que c'est le cas aussi de la gestion courante et de la conduite de l'économie. Les chiffres vertigineux annoncés par exemple par Goldman Sachs (20 milliards de dollars) prouvent que les banquiers sont encore loin d'avoir accompli leur mutation : financer l'économie réelle avant de se servir.

Face à cette situation, les condamnations politiques sont unanimes du Président Obama - "Le problème, selon moi, c'est qu'on n'a pas l'impression que les gens de Wall Street aient le moindre remords d'avoir pris autant de risques" - à Christine Lagarde, Ministre de l'économie - "Je crois que c'est une honte absolue que des primes garanties de plusieurs années puissent encore être versées ou que certains soient tentés de remettre en place les vieilles pratiques de compensation avec une relation insuffisante entre la compensation et une performance durable et une bonne gestion du risque".
Seulement ces belles déclarations avec un renvoi au prochain G20 pour des mesures concrètes sont loin de refléter la réalite. En effet, ce qui concerne les pratiques américaines n'est pas forcément vrai en Europe : les banquiers européens ont vu, en échange d'aides étatiques, leurs pratiques de rémunération encadrées. Il se crée donc ainsi un décalage entre les banques européennes et les banques américaines ; bien plus que le jeu normal de la concurrence, c'est l'ébauche d'un conflit économique potentiel.

Mayeul


mercredi 3 juin 2009

AF447 - BNP Paribas, les folles rumeurs


Suite au crash tragique de l'Airbus A330 d'Air France reliant Rio de Janeiro à Paris, de folles rumeurs ont circulé sur Internet au sujet de la présence à bord de cet appareil de dirigeants de BNP Paribas. Certains sont meme allé jusqu'à évoquer les noms des plus hauts dirigeants de la banque : Michel Pébereau, président du conseil d’administration, ou Baudouin Prot, directeur général.

Ces rumeurs ont eu une réelle répercussion sur le cours de l'action BNP Paribas dans la journée de lundi (à partr de 12h30). L'action a ainsi perdu jusqu'à -2% dans un marché en hausse et a terminé en baisse de 1,95%.

Une porte-parole de la banque a démenti la rumeur et a indiqué que "ni Michel Pébereau, président du conseil d'administration de BNP Paribas, ni Baudouin Prot, son directeur général, n'étaient dans cet avion". Elle a ajouté que "BNP Paribas dispose d'une succursale au Brésil mais elle n'y a organisé récemment aucun événement qui aurait requis la présence de haut dirigeant".

Ces folles rumeurs et leurs conséquences sur la Bourse sont la preuve de l'importance que revêtent les banques dans la vie économique française (dans le meme temps, la disparition de trois responsables de Michelin sur le vol AF447 n'a pas eu les memes conséquences). Il est donc important que les banques soient attentives aux rumeurs et en mesure d'y réagir.

Mayeul

vendredi 22 mai 2009

Les agences de notations : facteur aggravant de crise ?


Les Echos relatent que l'une des trois plus importantes agence de notations au monde - Standard&Poor's - envisagerait de dégrader l'appréciation du Royaume-Uni. Jusqu'à présent la note de ce dernier était AAA - à l'instar de 18 autres Etats : Allemagne, Australie, Autriche, Canada, Danemark, Etats-Unis, Finlande, France, Ile de Man, Liechtenstein, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Singapour, Suède et Suisse.

Le fait n'est pas nouveau : L'Espagne, la Grève, l'Irlande, la Roumanie, ont déjà vu leur notation baisser depuis le début de la crise. En termes concrets, cela veut dire que l'accès au crédit de ces Etats est plus compliqué que pour les AAA. La raison invoquée par S&P pour justifier cette menace de rétrogradation pour le Royaume-Uni est le poids de l'endettement, notamment suite à la vague de nationalisation partielle des banques RBS et HBOS. A terme, l'agence craint de voir le poids de la dette publique atteindre 100% du PIB en 2013.

Bon. D'accord. En tant qu'agence qui évalue la solvabilité d'acteurs économiques et par conséquent, affecte leur capacité à emprunter, Standard&Poor's pourrait paraître légitime dans son rôle. Après tout, c'est également ce que font Fitch et Moody's. Sauf que peut-être la crise pourrait être l'occasion de s'interroger sur le fonctionnement de ces agences, qui se permettent de noter des Etats sur des critères, pour le moment, où prédominent l'aspect financier sur l'aspect économique.

Le rôle qu'on continue de leur conférer est particulièrement discutable, si l'on se rappelle que ce sont elles qui ont noté la qualité des titres responsables de la crise des "subprimes". Les autorités américaines - à commencer par la Securities and Exchange Commission - avait exiger d'elles qu'elles rendissent des comptes. Et de fait, la nouvelle responsable de "l'AMF américaine" estime en mars 2009 que les règles actuelles sont insuffisantes pour encadrer le métier et la notation des agences.

Tout d'abord, on s'interessera aux modes de rémunération de agences : chaque entité économique (Etat, collectivité territoriale, banque, entreprise...) peut demander à se fait évaluer, ou évaleur ses produits. L'entité rémunère l'agence de notation. Si, bien sûr, il n'y a en théorie aucun rapport entre le niveau de la rémunération de la notation et le résultat de cette dernière, en pratique, il n'est pas dans l'intérêt des agences d'être trop critiques.

Ensuite, on remarquera que les trois agences sont américaines. En dehors du fait que la crise économique provienne de cet Etat, cette situation n'est pas propre à encourager un minimum d'objectivité sur les critères de notation. De fait, cela peut devenir un outil de puissance : la notation du crédit étant détenu par un seul Etat, ce dernier bénéficie d'un large pouvoir d'influence. C'est pour cela que la Russie, la Chine, mais également la France, cherchent à se doter d'agences nationales pour rééquilibrer la situation.

Ensuite, il est peut-être grand temps que les agences changent leur mode de fonctionnement lorsqu'elles sont amenées à noter des Etats: les intérêts de ces derniers ne correspondent pas à ceux d'une entreprise privée. Bien sûr, certaines considérations sont communes aux deux - tel le taux d'endettement - mais les conséquences sont radicalement opposées : alors qu'une entreprise peut voir son accès au crédit restreint, un Etat ne sera jamais en pratique en cessation de paiement - le territoire, la société qui le composent seront toujour là.
De même, il est d'autant plus urgent que les agences revoient leur fonctionnement que S&P a formulé son avis dans le contexte électoral britannique.

De là à considérer que les agences de notations peuvent influer sur la vie politique d'un pays...

Matthieu

mardi 19 mai 2009

Quand la Banque Postale prend les devants :


Cette semaine grande surprise, je reçois mon premier courrier de la Banque Postale pour m’expliquer les conséquences de la crise financière et économique de 2008.
Le document rédigé le 24 mars 2009 est arrivé mi-mai chez moi, c’est vraiment la crise et les nouvelles sont fraiches.
Intitulé « Crise économique et financière : où en est-on ? », le document revient sur les principales conséquences de la crise pour 2009 avec une conclusion amusante que l’on pourrait résumer par : « le gouvernement fait de son mieux, il y a quelques signes encourageants mais on ne peut rien vous garantir ».

Merci à la Banque Postale pour cette analyse économique de qualité et sa pro activité ! Est-ce normal de recevoir un courrier d’information près de 9 mois après les premières catastrophes bancaires ?
Matthieu faisait un post la semaine dernière sur la campagne de publicité de la Banque Postale et émettait déjà quelques doutes que je confirme … la première des stratégies serait peut être de communiquer plus rapidement avec ses clients, d’autant plus quand on est la première banque détentrice de livret A.

A travers cette crise, les Français ont montré leur défiance vis-à-vis des banques, banquiers répondez leurs par une franchise de tous les instants.

Jean Paul