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jeudi 5 juillet 2012

De retour !

Cela devait arriver ... après plus de deux ans d'absence, le blog sera de nouveau alimenté, certainement moins régulièrement que par le passé mais alimenté tout de même en article de fonds, billets d’humeur ou alors questions ouvertes.

Voici déjà trois ans que nous parlons de cette crise. Un mot qui est devenu si familier : crise financière, crise de la dette, crise grecque, crise espagnole, crise portugaise, crise sociale, crise de l’€uro ... 


Rien n'a véritablement changé depuis l'ouverture de ce blog, les banques sont peut être en moins piteuse état mais les Gouvernements eux semblent plus fragilisés que jamais. Déjà surendettés les Etats ont sauvé les banques par l'endettement et se voient aujourd’hui sanctionnés pour ce niveau de dette excessif ...  Quelle ironie du sort !

Le nouveau gouvernement proclamait que tout était possible, que le changement était pour maintenant pourtant les évènements de ces derniers jours laissent présager que nous aurons du mal à échapper à la rigueur, cette fameuse rigueur tant redoutée.

J'essayerai dans mes posts de relever certains projets portés à bout de bras par des Français entrepreneurs et plein de courage. Signe que dans cette morosité ambiante alimentée par les médias, certains Français ne baissent pas les bras. J'ai d'ailleurs en préparation un post sur un projet lorrain d'avion qui semble défrayer la chronique en ce moment.

Voilà pour ce premier post de 2012. En espérant relire les commentaires de nos fidèles lecteurs.


Jean-Paul

mardi 1 décembre 2009

Ma crise bien aimée : 1 an déjà

Cela fait déjà un an que nous avons lancé ce blog après bien des hésitations et des réflexions sur l'apport qu'il pouvait avoir pour ses lecteurs dans la compréhension de la crise économique et financière mais aussi comme force de proposition pour les acteurs économiques.


En effet, nos deux premiers premiers posts datent du 1er décembre 2008 :
- USA : La crise immobilière dope le tourisme ?
- La banque mondiale de l'année est française

Au bout d'un an, malgré un léger essoufflement des derniers mois, le bilan est intéressant et encourageant pour les années à venir :

- 6 contributeurs réguliers
- 270 posts
- et plus de 30 000 visiteurs uniques.

Un grand merci à tous nos fidèles lecteurs. Ce n'est que grâce à eux que le blog existe et que nous trouvons la force de continuer à écrire ou à proposer des sujets divers, des vidéos, des idées nouvelles... même si parfois nous regrettons l'absence de commentaires et donc de débat.

L'équipe de Ma Crise Bien Aimée

jeudi 26 novembre 2009

Les hommes influents dans le monde : la place des banques


La publication par le magazine Forbes du classement des hommes les plus influents de la planète apporte un éclairage intéressant sur la puissance du monde bancaire et financier y compris en ces temps de crise financière.
En effet, parmi les 50 premiers, on peut relever 6 présidents d'institutions financières, 3 PDG de banque (Barclays, Goldman Sachs et JP Morgan) et 8 hommes d'affaires. Ces décideurs économiques cotoient ainsi les grands dirigeants politiques internationaux, quelques patrons de grandes sociétés comme Microsoft mais aussi le Pape Benoit XVI, le Dalaï Lama ou Ben Laden.

1- Barack Obama
2- Hu Jintao : Président de la République Populaire de Chine
3- Vladimir Poutine
4- Ben S. Bernanke : Président de la Réserve fédérale des États-Unis
5- Sergey Brin and Larry Page : Fondateurs de Google
6- Carlos Slim Helu : Homme d'affaires mexicain
7- Rupert Murdoch : PDG de News Corp
8- Michael T. Duke : PDG de Wal-Mart
9- Abdullah bin Abdul Aziz al Saud : Roi d'Arabie Saoudite
10- Bill Gates : Fondateur de Microsoft
11- Benoit XVI
12- Silvio Berlusconi
13- Jeffrey R. Immelt : PDG de General Electric
14- Warren Buffett : Homme d'affaires américain
15- Angela Merkel
16- Laurence D. Fink : PDG du groupe Barclays
17- Hillary Clinton
18- Lloyd C. Blankfein : PDG de Goldman Sachs
19- Li Changchun : Secrétaire du Département de la Propagande du Parti communiste chinois
20- Michael Bloomberg : Maire de New York
21- Timothy Geithner : Secrétaire au Trésor des États-Unis
22- Rex W. Tillerson : PDG d'Exxon
23- Li Ka-shing : Homme d'affaires de Hong-Kong
24- Kim Jong Il
25- Jean-Claude Trichet : Gouverneur de la BCE
26- Masaaki Shirakawa : Gouverneur de la Banque du Japon
27- Ahmed bin Zayed al Nahyan : Homme d'affaires émirati
28- Akio Toyoda : PDG de Toyota
29- Gordon Brown
30- James S. Dimon : PDG de JP Morgan Chase
31- Bill Clinton
32- William H. Gross : Homme d'affaires américain
33- Luiz Inacio Lula da Silva
34- Lou Jiwei : Homme d'affaires chinois
35- Yukio Hatoyama : Premier ministre japonais
36- Manmohan Singh : Premier ministre indien
37- Osama bin Laden
38- Syed Yousaf Raza Gilani : Premier ministre pakistanais
39- Dalai Lama
40- Ali Hoseini-Khamenei : Grand Ayatollah d'Iran
41- Joaquin Guzman : Trafiquant de drogue
42- Igor Setchine : Vice-Premier ministre de Russie et homme d'affaires russe
43- Dmitry Medvedev
44- Mukesh Ambani : Homme d'affaires indien
45- Oprah Winfrey : Présentatrice de télévision américaine
45- Benjamin Netanyahu
47- Dominique Strauss-Kahn : Président du FMI
48- Zhou Xiaochuan : Gouverneur de la Banque Populaire de Chine
49- John Roberts Jr. : Président de la Cour suprême des États-Unis
50- Dawood Ibrahim Kaskar : Parrain de la Pègre indienne

Le président Nicolas Sarkozy est classé 56ème et Bernard Arnault, PDG de LVMH, 52ème.

Mayeul

dimanche 22 novembre 2009

Bonus : une initiative intéressante chez Goldman Sachs


Des actionnaires importants de Goldman Sachs ont demandé à la banque de réduire le montant des bonus distribués afin de mieux récompenser les actionnaires et donc de favoriser l’investissement.

Une telle initiative mérite d’être soulignée car c’est la première fois que se font ainsi entendre des actionnaires importants sur ce sujet délicat des rémunérations et bonus. De plus l’argument soulevé – soutien de l’investissement – est très intéressant en cette période de crise économique où les politiques cherchent à relancer la croissance. Ainsi récompenser les actionnaires, c’est reconnaitre leur place dans l’entreprise (la banque), les risques qu’ils prennent en soutenant par la possession d’action cette société et donc leur rôle pivot qu’ils jouent dans l’économie.

Mayeul

lundi 21 septembre 2009

La vidéo du lundi : quand les Yes Men piègent les entreprises



Peut-être avez-vous eu l’occasion de regarder le documentaire « Les Yes Men refont le monde » diffusé mardi dernier sur Arte.

Qui sont les Yes Men ? Ils sont incarnés par deux personnes, Jacques Servin et Igor Vamos.

Quel est leur objectif ? Dénoncer ce qu’ils considèrent comme étant les dérives du modèle capitaliste.

Comment procèdent-ils ? Ils créent un faux site web en reprenant la charte graphique et le logo de l’entreprise visée (regarder le faux site de Dow Chemical ici). Ils attendent d’être contactés par des journalistes via le site internet et se font ensuite passer pour les porte-paroles de l’entreprise. Je vous invite à regarder le documentaire disponible sur le site d’Arte pendant encore quelques jours pour comprendre la mise en place de l’action des Yes Men. Au passage, les banques en prennent pour leur grade…

Que peuvent retenir les entreprises des actions des Yes Men ? Même si elles ne sont pas les victimes directes des Yes Men, les entreprises peuvent tirer plusieurs leçons de ce documentaire : il est nécessaire d’assurer une veille de leur présence et de leur réputation dans les médias et sur Internet. Les Yes Men ont créé un faux site internet de Dow Chemicals sur la thématique de l’éthique. Aussi étonnant soit-il, ce site existe toujours et sort même comme premier résultat derrière le site officiel de l’entreprise quand l’internaute tape la recherche Dow+ethics dans Google.



Internet est étroitement imbriqué avec la vie réelle. En partant d’un faux site web, les Yes Men ont provoqué dans les minutes qui ont suivi leur fausse déclaration la chute du cours de Dow Chemicals représentant une perte virtuelle de deux milliards de dollars. Au-delà de ces pertes et même si Dow a démenti les propos tenus en son nom, l’image de l’entreprise est durablement atteinte.

Des leçons qui n’ont pas été retenues par les entreprises puisque les Yes Men ont réussi à piéger Dow Chemicals, Halliburton, Exxon Mobil et des personnalités comme Georges W . Bush ou Patrick Balkany en France.

Marie

Mise à jour du 21/09/09 20h50 : les Yes Men refont parler d'eux avec la publication d'un faux New York Post à la veille d'un sommet des Nations Unies sur le réchauffement climatique qui commence demain dans la ville de la Grosse Pomme. Plus d'infos sur le site de Télérama.

mardi 15 septembre 2009

Au Royaume Uni, de nouveaux acteurs viennent concurrencer les banques



Je poursuis sur le thème de la concurrence. La crise a accéléré l’évolution de la concurrence dans le secteur des services financiers aux particuliers.

Au Royaume Uni, le distributeur Tesco a déjà pris des initiatives en concluant un partenariat avec Royal Bank of Scotland. Il se rapproche maintenant de Fortis pour proposer des assurances habitation et automobiles dont le tarif devrait être inférieur à ceux de la concurrence. Le groupe pourrait annoncer l’ouverture de comptes courants pour ses clients d’ici à 18 mois.

De son côté, le groupe Co-operative développe la partie services financiers avec des arguments fondés sur la prudence de sa gestion et l’éthique : « The Co-operative Bank is the only UK bank with an Ethical Policy that’s voted on by its customers.”

Après les acteurs privés encouragés par les pouvoirs publics pour favoriser l’offre de services aux particuliers, le chancelier de l’Echiquier devrait annoncer des mesures pour encourager des prêts aux petites entreprises faits par des acteurs non bancaires : assureurs et fonds de pension.

Cette nouvelle initiative vient de la crainte de l’assèchement du crédit. Celle-ci est partagée en France où le gouvernement vient de demander aux banques de lui transmettre leur plan d’actions d’ici à la fin de l’année.

Le paysage des services financiers pourrait donc significativement évoluer dans les prochains mois.


Anne

mardi 25 août 2009

Voyager et partager des supports numériques


« L’affaire Clotilde Reiss » est un révélateur supplémentaire des précautions à prendre lors de la transmission électronique d’informations.

Les moyens modernes à disposition du voyageur qui veut partager des impressions ou des messages avec ses proches sont d’une grande richesse, mais comportent aussi des risques. Lorsque l’on se trouve dans certains pays, même une photo banale peut être qualifiée d’espionnage pour peu que le régime politique en décide ainsi.

Le site du Ministère des Affaires Etrangères mentionne un certain nombre de conseils aux voyageurs à destination de l’Iran notamment en matière de photographies, mais pas encore de consignes sur les précautions à prendre dans le contenu et les modalités d’envoi d’emails par exemple.

Rappelons nous qu’en d’autres temps, les grands de ce monde ne confiaient leurs messages les plus importants et confidentiels qu’à des messagers de confiance qui allaient remettre en personne leurs lettres.

Peut-être faudra-t-il dans certains cas revenir à des méthodes de transmission personnelle des informations éventuellement codées ou emporter son pigeon voyageur…

Alors, selon votre pays de destination, renseignez vous sur les précautions à prendre.

Anne

mardi 18 août 2009

Affaire UBS : place à la guerre de l'information


Ce qui avait commencé comme une affaire juridico-politico-financière prend une tournure plus insidieuse, au fur et à mesure que les États-Unis et la Suisse s'efforcent de faire valoir leurs prérogatives les uns par rapport à l'autre.
Je parle bien sûr du feuilleton UBS.
La banque suisse, première banque privée et deuxième établissement financier au monde, semble avoir trouvé un compromis avec les autorités fiscales américaines. Bien que les termes de l'accord ne soient pas encore révélés dans leur totalité - il n'est qu'une question de temps pour savoir quand ils le seront -, UBS a accepté de livrer 5 000 noms. On ignore sur quels critères, mais le New York Times/International Herald Tribune rapportait les propos d'un avocat des défenseurs selon lesquels il s'agirait de ceux dont les comptes dépasseraient 1 million de dollars US.

Les récents évènements semblent accréditer cette thèse : un des fraudeurs, originaire de Californie, ayant accepté de plaider coupable, a été jugé vendredi 14 août pour évasion fiscale par la Cour de District centrale de Californie. Bloomberg, société d'information financière, rapporte que le procès a donné lieu à des révélations pour le moins tonitruantes sur la politique de la banque suisse aux Etats-Unis.
Je me suis rendu sur le site de la Cour, pour y trouver un communiqué de presse sur le jugement. Mais pas le jugement (il semble d'ailleurs qu'aucune décision ne soit publiée sur ce site. Je la recherche et j'essaie de vous donner le lien).
Le Monde se fait le rapporteur en français des tenants et aboutissants de la séance (ne vous fiez pas au link de l'article, par contre - il renvoie sur la mauvaise Cour).

En gros, le procès est un procès à charge contre UBS, décrivant tout un système savamment rôdé pour encourager les clients américains affluents à ouvrir des comptes dans les filiales étrangères d'UBS (dont celle de Hong-Kong, paradis fiscal retiré de la liste de l'OCDE au printemps dernier sous la pression de la Chine...). Ce faisant l'argent ne pouvait pas être suivi par le fisc aux États-Unis et ne pouvait donc pas être imposé.
La banque mettait à disposition de ses clients des avocats d'affaires suisses pour les conseiller sur les aspects juridiques de ces transferts.

Bon, ok, me direz-vous, et alors ?
Alors ? Mettons-nous du côté des défendeurs, UBS.
  1. La banque est poursuivie depuis février pour avoir été complice de fraude fiscale aux États-Unis.
  2. La banque est soumise à une pression juridique à l'origine, puis diplomatique et géopolitique depuis que Berne s'en est mêlé pour sauvegarder un concept considéré comme un principe de souveraineté helvétique : le secret bancaire.
  3. Dès lors, sur fond de crise économique mondiale et de tentative de régulation du système financier, UBS est partagée entre la volonté de ne pas empirer son cas en jouant à fond la carte de la conciliation et l'injonction de Berne qui ne veut pas voir un instrument de sa puissance mondiale partir en fumée.
  4. S'ensuit une intense période de négociation pendant quatre mois, entre l'Internal Revenue Service (le fisc américain), le Secrétariat d'État, le Department of Justice, UBS, le Ministère des Affaires Étrangères suisse, le Conseil Fédéral (le gouvernement suisse)... pour parvenir à un accord sur le sort des 52 000 noms réclamés par l'IRS à la banque.
  5. Parallèlement, une procédure judiciaire est ouverte entre les États-Unis et UBS à Miami, Floride.
  6. Le juge de ladite Cour - Alan Gold - reporte par deux fois le procès (fin juillet et début août) pour laisser le temps aux parties de trouver un accord.
  7. L'accord semble avoir été trouvé. La banque peut souffler.
  8. Un jugement en marge de l'affaire générale - mais où la banque était représentée, il est vrai - est rendu deux jours après l'annonce de l'accord. Il lui est donné fort renfort de publicité, et un client qui a accepté de plaider coupable en échange de la clémence du juge, dévoile les procédures discutables de la banque.

Résultat : les États-Unis marquent le point de la première manche.

Ce que je note, c'est que; par-delà l'aspect purement juridique et légal de l'affaire, les États-Unis n'ont pas négligé la publicité et la communication. Probablement pour faire montre de leur bonne foi - et concentrer les critiques sur une autre grande banque - pas américaine, cette fois. Cela porte atteinte à sa réputation, affaiblissant de facto sa position concurrentielle vis-à-vis de, disons, le secteur financier américain ? Et au passage porte un coup sévère à la réputation du "secret bancaire suisse". Cela n'est que supposition. Rappelons quand même que les établissements financiers américains ne sont pas dans la meilleure des situations et que la BNP a racheté Fortis Bank, la positionnant au rang de première banque européenne par le nombre de ses clients. Se pourrait-il qu'il y ait volonté de créer une compétition tendue dans le secteur bancaire en Europe ? Diviser les Européens - même si la Suisse ne fait pas partie de l'UE - pour conserver une place de leader mondial de la finance ?...

Les États-Unis ont produit un intense effort sur de nombreux fronts - politique, juridique, médiatique... - comme s'ils s'efforçaient de détourner l'attention de leur situation intérieure pour créer un autre foyer d'indignation étranger. Vous me direz : tout est indépendant, que la procédure judiciaire de Miami est différente de celle de Californie, que le juridique n'est pas le politique et pas le diplomatique. C'est vrai. Même quand la souveraineté et les intérêts perçus comme constitutifs de la puissance de la nation sont en jeu ?

Matthieu

vendredi 31 juillet 2009

Forte hausse de la dette publique en France


Une récente étude du FMI estime que la dette publique française pourrait atteindre 95.5% du PIB en 2014. Cette dette publique est actuellement estimée à 73% selon les statistiques françaises officielles.

Dans cette étude, le Fonds Monétaire International s'inquiète de l'impact des politiques de relance mises en œuvre par les Etats ; ces mesures nécessaires à la survie de l'économie mondiale en temps de crise doivent être accompagnées d'une stratégie de réduction de la dette afin de préparer dès à présent l'après-crise.
Cette stratégie doit être vue par les États comme un complément indispensable aux mesures actuelles notamment pour contenir les hausses des taux d'intérêt et des primes de risques.

La publication de ce rapport a été également l'occasion pour le FMI d'apporter son soutien à la politique économique du Président Sarkozy et notamment à son projet de grand emprunt public. En effet, il s'agit de soutenir sur le long terme des investissements utiles pour tous.

Ce rapport intervient à point nommé pour soutenir une politique française dont beaucoup doute de son efficacité et en particulier de la réussite du futur emprunt national. Néanmoins, publié fin juillet, ce rapport risque de passer assez inaperçu dans une France en vacance plus préoccupée par la météo et les Fêtes de Bayonne.

Mayeul

jeudi 23 juillet 2009

Banques : des bonus en folie


L'actualité des derniers jours semble à nouveau mettre en lumière les déplorables pratiques bancaires autour des bonus. En effet, alors que tout le monde espérait que ces pratiques de rémunérations très courantes avant la crise financière allaient disparaitre pour laisser la place à un système plus sain, les grandes banques américaines, à peine sorties de la tutelle de l'Etat, promettent des bonus colossaux à leurs salariés.

Ainsi la cupidité des banquiers est donc sans aucune limite. De plus, ils sont incapables de tirer les enseignements de la crise : c'était déjà une réalité en ce qui concerne la communication, externe, voici maintenant la preuve que c'est le cas aussi de la gestion courante et de la conduite de l'économie. Les chiffres vertigineux annoncés par exemple par Goldman Sachs (20 milliards de dollars) prouvent que les banquiers sont encore loin d'avoir accompli leur mutation : financer l'économie réelle avant de se servir.

Face à cette situation, les condamnations politiques sont unanimes du Président Obama - "Le problème, selon moi, c'est qu'on n'a pas l'impression que les gens de Wall Street aient le moindre remords d'avoir pris autant de risques" - à Christine Lagarde, Ministre de l'économie - "Je crois que c'est une honte absolue que des primes garanties de plusieurs années puissent encore être versées ou que certains soient tentés de remettre en place les vieilles pratiques de compensation avec une relation insuffisante entre la compensation et une performance durable et une bonne gestion du risque".
Seulement ces belles déclarations avec un renvoi au prochain G20 pour des mesures concrètes sont loin de refléter la réalite. En effet, ce qui concerne les pratiques américaines n'est pas forcément vrai en Europe : les banquiers européens ont vu, en échange d'aides étatiques, leurs pratiques de rémunération encadrées. Il se crée donc ainsi un décalage entre les banques européennes et les banques américaines ; bien plus que le jeu normal de la concurrence, c'est l'ébauche d'un conflit économique potentiel.

Mayeul


lundi 20 juillet 2009

La vidéo du lundi : la nouvelle publicité de Barclays




L’agence de communication Venables Bell & Partners est à l’origine de la nouvelle campagne de communication de la banque Barclays qui rappelle le film « The Truman Show ». L’histoire met en scène un homme qui déambule dans un quartier ressemblant à Wall Street au milieu de mannequins et de décors en carton pâte. Seul endroit d’humanité : la banque Barclays.

Cette publicité a pour objectif de montrer la solidité de la banque et sa présence dans la vie économique. Par contre, elle ne répond pas du tout aux attentes exprimées par les clients depuis à la crise, à savoir du conseil, de la proximité et un recentrage sur le cœur de métier.

A quand une réelle prise de conscience des banques des attentes de leurs clients et une campagne de communication en adéquation ?

Marie

jeudi 16 juillet 2009

Crise financière : et si rien n'avait changé ?



Depuis une semaine, la presse internationale constate que les dérives du système financier repartent de plus belle. Ainsi Le Monde et le International Herald Tribune/New York Times mentionnent-ils le retour des boni et primes extravagantes - mais néanmoins bien inférieures à ceux de 2007/2008 et les années précédentes -, les exigences des banques et organismes d'assurances vis-à-vis des pouvoirs publics, notamment britanniques et américains, qui pourtant ont racheté une bonne partie de leurs actifs douteux... Ce qui ne laissent pas certains analystes anglo-saxons quelque peu perplexes. Voire les fonctionnaires, qui refuseraient de couvrir AIG vis-à-vis des media alors que le plus gros assureur américains s'apprêtent à verser 2,4 millions de dollars à ses salariés.

J'ai rédigé hier un post sur la permanence des logiques étatiques dans la crise. Ces articles sembleraient infirmer mon analyse, d'autant que Goldman Sachs a non seulement remboursé la totalité de sa dette contractée auprès des autorités fédérales américaines, mais en plus dégage un
profit à faire pâlir ses conseurs. Je note tout de même que le scepticisme ou la méfiance sont de mises chez les professionnels - certainement mus aussi par de la jalousie. Il n'empêche : comment une telle banque peut-elle gagner 3,4 milliards de dollars américains de profit lors du dernier trimestre, alors qu'elle a dû en même temps rembourser 10 milliards de dette publique ? Grâce à une stratégie agressive de prise de risque et d'un recentrage de ses activités sur les marchés des obligations - c'est la version officielle.

Donc pas de changement stratégique, pas de remise en question de la finance, de ses motivations et de ses objectifs. Aucune prise en compte du long terme. La sphère financière n'aurait-elle rien retenu de la crise ? Loin de s'être assagie, elle semble se permettre de s'affranchir de l'aide des gouvernements, alors que la faillite de banques - certes plus petites - se poursuit aux Etats-Unis.

De l'autre côté du Pacifique,
la Chine a dépassé les 2 000 milliars de réserve de change et sa banque centrale doit gérer les excès de liquidité. Malgré tous les défauts inhérents au système financier et bancaire chinois, la dimension stratégique est toutefois bien présente. Et c'est l'Etat qui, tant bien que mal, la définit et la conduit.
Compte-tenu de l'état des comptes publics des Etats-Unis, je ne serais pas surpris que Wall Street connaisse un second krach d'ici peu, cette-fois lié à la dépréciation des obligations du trésor américain.
Matthieu

mercredi 15 juillet 2009

UBS : la crise révèle la logique des Etats


On se souvient du contentieux qui a commencé en dévrier 2009 : Le fisc américain - l'Internal Revenue Service, IRS -, avait intimé à la banque suisse UBS, première banque privée au monde, et un des piliers de l'économie de la Confédération, de lui livrer le nom de 52 000 clients américains soupçonnés d'évasion fiscale. La banque ayant refusé, le Département de la Justice américain avait alors menacé la banque de la poursuivre en justice, après s'est vu infliger une amende de 780 millions de dollars américains.
Je vous invite à aller voir le blog de Georges Ugueux pour son point de vue - assez éclairant - de l'
affaire. La première audience était fixé au lundi 13 juillet. Ce qui est intéressant, c'est que les deux parties sont entrées depuis mars en phase de négociation intense, et elles ont d'un commun accord demandé au juge Alan S. Gold de la cour fédérale de district de Miami de la renvoyer au 3 août. Que s'est-il passé, alors que les Etats-Unis paraissent déterminés à obtenir cette liste ? Tout simplement, Berne s'en est mêlé. Les autorités fédérales ont tout simplement interdit la banque de divulguer les informations demandées par Washington, invoquant la non-ingérence dans des affaires nationles. De financier et judiciaire, les discussions sont passées au niveau diplomatique.

Je souhaite revenir sur ce point : on mesure là combien la crise révèle des comportements finalement permanents chez les Etats dès lors que l'on touche à un fondement de leur puissance. Car toucher à la confidentialité des transactions bancaires en Suisse revient à porter atteinte à la puissance de l'Etat helvétique. Cet Etat a depuis longtemps décidé de développer ses relations internationales en usant de "soft power" avant l'heure : la neutralité diplomatique - et les conséquences politiques et diplomatiques qui en découlent -, sa réputation "bienveillante" (portée par la Croix Rouge), sa puissance bancaire, pour ne citer que les plus importantes. Otons à la Suisse sa puissance bancaire, et son influence dans le monde est considérablement réduite. Tout un pan de l'industrie et de l'économie suisses repose sur cette puissance. D'une certaine manière, porter atteinte à cette puissance, c'est remettre en cause la place de la Suisse dans un concert des nations mondialisé, voire spécialisé. C'est, dans une certaine mesure, remettre en cause, du moins symboliquement, son existence.


La crise a beau porter atteinte à la puissance industrielle, économique, de pays entiers, il n'en demeure pas moins que les Etats veillent au grain. Ou devraient. Je constate que, alors que
certains développent des stratégies plutôt protectionnistes, d'autres peinent à prendre en compte un intérêt "commun", comme par exemple, une posture commune vis à vis de concurrents étrangers. Par exemple, je peine à imaginer Paris réagissant de la même manière que Berne si BNP Paribas devait se voir obliger à livrer les noms de ses clients. Ne faisons pas de politique fiction : il est vrai que la BNP s'est offerte Dexia...
Matthieu

mercredi 1 juillet 2009

La Présidence suédoise de l’Union européenne tournée vers l’environnement


La Suède prend la présidence de l’Union européenne aujourd’hui 1er juillet et son site internet, accessible en trois langues (suédois, anglais et français), permet à l’internaute de naviguer facilement d’un thème à l’autre.

L’environnement et la croissance durable font partie des priorités affichées de la Présidence suédoise. Un rapport récemment publié sous le titre « A European Eco-efficient Economy » met en avant les chances de l’Europe dans l’élaboration d’une économie éco performante.

La Suède veut montrer comment le défi climatique peut être associé à des actions visant au renforcement de l’économie. Elle entend s’appuyer sur ce rapport rédigé par l'Institut pour l'environnement de Stockholm (SEI) pour servir de point de départ aux discussions qui auront lieu au Conseil informel « Environnement » d’Åre, du 23 au 25 juillet prochain.

Le discours du Ministre suédois de l’environnement du 25 juin dernier résume les principaux points de débat pour les mois à venir. L’Europe a une vision ambitieuse des engagements à prendre dans le cadre d’un accord équilibré avec les autres pays.

L’agenda sera chargé jusqu’au sommet de Copenhague qui aura lieu en décembre 2009 et qui doit préparer la suite du protocole de Kyoto dont les engagements prennent fin début 2013.

Nul doute que les échanges de "tweets" seront nombreux entre les représentants de la Présidence suédoise présentés sur le site et les internautes (en anglais pour permettre au plus grand nombre d’échanger). Souhaitons qu’ils enrichissent le débat et contribuent à rendre l’Europe plus proche des citoyens.

Anne

lundi 22 juin 2009

La vidéo du lundi : Même Michael Moore veut sauver les PDG et les banquiers !

Michael Moore est en train de monter son prochain film. Peu d’informations ont filtré jusqu’à présent mis à part une vidéo « teaser » pour faire patienter les spectateurs. Le réalisateur commence par en appeler à ses concitoyens américains en ces temps difficiles avant d’expliquer (ironiquement) qu’il collecte des fonds pour les banques.



Je suis désolée pour les non-anglophones, je n’ai pas réussi à trouver la vidéo en français.

Marie

samedi 20 juin 2009

Banque : 40ème faillite aux USA en 2009


Décidément, rien ne semble s'améliorer aux USA malgré les récentes déclarations du Président Barack Obama sur la régulation financière ou la protection des consommateurs. En effet, les autorités américaines de régulation ont fermé la First National Bank d'Anthony (Kansas) plus connue sous le nom de First National Bank of Johnson County. Cette nouvelle faillite est la quarantième depuis le début de l'année 2009 et la seconde faillite au Kansas.

Les activités de la banque en faillite seront reprise par la SNB Bank of Kansas (filière de Southwest Bancorp, Inc.). Ce qui, conformément aux accords passés avec le Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), permet aux clients de la banque de continuer à utiliser les services de celle-ci sans encombre et de bénéficier de l'intégralité de leurs avoirs.

Cette nouvelle faillite illustre bien le fait que le système bancaire américain n'a pas fini de souffrir de la crise économique. Elle apporte également la preuve qu'une vraie "épuration" du système est nécessaire en particulier outre-Atlantique. La France est moins touchée car son système bancaire plus axé sur l'épargne lui permet de mieux résister.

Mayeul

mardi 16 juin 2009

Crise économique et Eglise catholique


En attendant la parution prochaine d'une encyclique sur le thème du travail par le Pape Benoit XVI qui devrait être intitulée "Caritas in veritate", les évêques européens responsables des questions sociales se sont réunis à Zagreb pour discuter sur le thème « Crise économique et financière : dés-espérer ? Expériences, initiatives, problèmes et réponses de l'Eglise en Europe ».

Ces rencontres ont eu notamment pour effet de replacer la crise économique dans une véritable dimension humaine ; dépassant les simples solutions économiques et financières, elles permettent de s'interroger sur les raisons profondes de la crise économiques et donc de développer des solutions centrées sur l'Homme. Elles s'inscrivent pleinement dans la pensée du Pape Benoit XVI qui affirmé samedi dernier "La crise financière et économique qui a frappé les pays industrialisés, les pays émergents et les pays en voie de développement montre de façon évidente combien nous devons repenser certains modèles économiques et financiers qui ont été dominants au cours des dernières années"

« Le système, a déclaré le cardinal Péter Erdő, archevêque d'Esztergom-Budapest et primat de Hongrie, a perdu de sa crédibilité et de son efficacité, il faut changer de mentalité, revoir de manière profonde le modèle de développement dominant, considérer les aspects éthiques mais surtout investir sur la croissance intégrale des plus pauvres ». Il a également insisté sur la justice sociale qui « peut et doit être constamment purifiée et animée de cette force de l'amour qui vient de Dieu, que nous appelons charité, et qui va bien au-delà du simple équilibre de forces ou d'une simple justice distributive ».

Trois pistes dans lesquelles l'Eglise pourrait s'engager ont été dégagées :
  • la redécouverte de la valeur du travail ;
  • la promotion de la fonction sociale de l'entreprise ;
  • la défense du principe de subsidiarité.

Mayeul

lundi 15 juin 2009

Nicolas Sarkozy à l'OIT : pour une réforme de la gouvernance mondiale


Nicolas Sarkozy a prononcé aujourd'hui devant la 98ème session de la Conférence Internationale du Travail réunie à Genève un discours qu'il convient de qualifier d'important mais aussi d'ambitieux pour la France bien sur, pour sa place sur la scène internationale, mais aussi pour l'ensemble des Etats membre de la la seule des institutions internationales créées après la Première Guerre mondiale qui soit encore vivante aujourd’hui.
Après une présidence française de l'Union Européenne riche en initiatives, le Président Sarkozy entend tenir, pour la France, un rôle clé sur la scène internationale y compris dans les domaines économiques et financiers.

Son long discours d'aujourd'hui appelle à la régulation de la mondialisation car "il ne peut pas y avoir de liberté sans règles". Ces règles doivent privilégier "la croissance interne, c’est-à-dire un modèle de développement dans lequel chacun produisant plus et consommant davantage contribue au développement de tous". Ces règles doivent s'appuyer sur la raison et la justice afin de fui la révolte et la violence.

Au delà des envolées lyriques sur la justice, les réformes et ratifications des traités internationaux, le Président de la République livre ses idées qui seront, sans aucun doute, les prochains points d'efforts de son gouvernement sur la scène internationale pour offrir au monde l'espérance de lendemains sans crise économique :
  • Augmentation du nombre des membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies ;
  • Elargissement du G8 ;
  • Exigence de réciprocité dans le libre-échange ;
  • "Conditionnalité environnementale et conditionnalité sociale" des interventions du FMI, de la Banque mondiale, des banques de développement, du PNUD ;
  • Refondation du système monétaire international.
Le programme est ambitieux mais il mérite une attention de tous pour éviter le retour d'une crise économique fatale. Il a aussi l'avantage de poser la question de la responsabilité de la société et de ses dirigeants vis-à-vis des générations futures.

Mayeul

mercredi 10 juin 2009

Panasonic, un géant à genou mais pas mort :



Ce week-end a été l’occasion pour moi de rencontrer un ami japonais de passage dans notre chère capitale. Oui il reste encore des Japonais à Paris tous n’ont pas fuit le H1N1 ou la crise économique.
En expliquant à mon ami, page web à l’appui l’objectif du blog Ma Crise Bien Aimée, il en est venu à me parler de son entreprise : Panasonic.
Pour moi, il s’agissait d’un fleuron de l’industrie de haute technologie japonaise certainement chahuté par la crise mais pas trop affaibli.
A travers ses propos puis quelques recherches, j’ai pu comprendre que la situation du géant japonais de l’électronique n’était pas si rose.
Umio Ohtsubo a d’ailleurs annoncé un bilan négatif de quelques 2,9 milliards d’€uros, une somme difficilement imaginable au regard des pertes de l’automobile française (par exemple Peugeot : 343 millions d’€uros).

Comme à son habitude la réponse japonaise est sans appel : suppression de 15 000 emplois et de 27 usines. Mais ces mesures prisent en février ont pesé sur le bilan financier de l’entreprise sans pour autant avoir d’impacts significatifs à court terme.
Plus surprenant, le groupe pense à se restructurer en profondeur, en vendant notamment les activités les moins profitables (Panasonic détient environ 550 firmes dans le monde et emploie 300 000 personnes) mais également en revoyant en profondeur son approche des marchés étrangers.
Le PDG de Panasonic voit ainsi la demande de produits traditionnels diminuée tout en constatant une augmentation de la demande de produits bon marché. La stratégie est donc claire : fabriquer les produits de très haute valeur ajoutée sur le sol japonais et produire les autres produits destinés à des marchés tiers au plus près de leurs consommateurs afin de réduire les coûts de transports et s’adapter le plus rapidement possible aux exigences locales.

A peine sortie d’une récession de plus de dix ans, les groupes industriels japonais retombent dans la spirale infernale … mais là où les Occidentaux semblent assez dépourvus les Japonais continuent leur grande mutation … est-ce là la clé du succès ?

Jean Paul

vendredi 29 mai 2009

Crise et conséquences géopolitiques : un mini G20 en Asie ?


Arnaud Parienty, professeur agrégé de sciences économiques et sociales et contributeur à Alternatives Economiques, a écrit sur son blog un excellent article qui invite les Français à dépasser l'horizon classique occidental pour s'intéresser aux conséquences de la crise économique en Asie. Je m'inspire assez largement de son article.

La Banque Asiatique de Développement a tenu le 5 mai 2009 sa réunion annuelle à Bali, Indonésie.
Cette réunion avait pour thème le traitement par les Etats des conséquences économiques et, par extension, sociales de la crise économique. La principale décision arrêtée à Bali entre le Japon, la Chine, la Corée du Sud et les dix membres de l’ASEAN est de constituer un fonds d’urgence régional de 120 milliards de dollars, destiné à résoudre d’éventuelles crises de liquidité. La clé de répartition de ces 120 milliards est 40 – 40 – 20 – 20.

Par delà cette initiative concrète, une réflexion de fond s'est articulée autour de deux problèmes structurels marquant les économies de la région : 1) une trop grande dépendence vis-à-vis de la demande extérieure (marchés intérieurs trop faibles) ; 2) la crainte de voir une dévaluation brutale du dollar américain, ce qui réduirait en cendre la colossale richesse chinoise en devises étrangères.
A l'opposé des politiques d'ajustements structurels imposés par le FMI en 97/98, la Banque Asiatique de Développement tente de favoriser l’émergence d’un marché obligataire afin de diriger plus efficacement l’épargne vers l’investissement productif. Je persiste à croire que seuls les acteurs les plus proches du terrain sont les plus aptes à proposer des solutions appropriées. Nous retrouvons ici une des thèses que nous développons depuis quelques mois.

Mais le point que je souhaite aborder, ce sont les conséquences politiques et géopolitiques que la crise peut avoir - ce que les entreprises, le banques et plus globalement les acteurs économiques en France sont loin d'avoir envisagé. Cette coopération ouvre la perspective d’une dynamique asiatique autonome ; ce qui est une très mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis. Ceux-ci peuvent craindre pour leur influence régionale, dans le contexte d’une concurrence avec la Chine qui ne peut que s’exacerber avec le temps.

Je passe brièvement sur un sujet qui est assez connu et assez régulièrement traité : la consommation américaine est financée par les pays asiatiques. La crise immobilière et financière amènent de nombreux ménages américains à accroître leur épargne. Poursuivre ce mouvement sur le long terme ne semble pas évident.

Une dynamique régionale peut suggérer une alternative au dollar. Le Japon semble nettement moins hostile que par le passé à une internationalisation du yen. Même si une conversion massive des réserves de change chinoises en yen n'est pas réaliste, une diversification progressive est possible, qui fragiliserait considérablement le dollar ; et ce, à un moment où la dette fédérale américaine risque d’être déclassée par les agences de notation.

Ah oui : on regrettera que les media français n'ait pas couvert cet évènement qui pourrait être un moment fondateur de la redistribution des cartes dans le système économique mondiale...


Matthieu