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mardi 1 décembre 2009

Ma crise bien aimée : 1 an déjà

Cela fait déjà un an que nous avons lancé ce blog après bien des hésitations et des réflexions sur l'apport qu'il pouvait avoir pour ses lecteurs dans la compréhension de la crise économique et financière mais aussi comme force de proposition pour les acteurs économiques.


En effet, nos deux premiers premiers posts datent du 1er décembre 2008 :
- USA : La crise immobilière dope le tourisme ?
- La banque mondiale de l'année est française

Au bout d'un an, malgré un léger essoufflement des derniers mois, le bilan est intéressant et encourageant pour les années à venir :

- 6 contributeurs réguliers
- 270 posts
- et plus de 30 000 visiteurs uniques.

Un grand merci à tous nos fidèles lecteurs. Ce n'est que grâce à eux que le blog existe et que nous trouvons la force de continuer à écrire ou à proposer des sujets divers, des vidéos, des idées nouvelles... même si parfois nous regrettons l'absence de commentaires et donc de débat.

L'équipe de Ma Crise Bien Aimée

mardi 15 septembre 2009

Au Royaume Uni, de nouveaux acteurs viennent concurrencer les banques



Je poursuis sur le thème de la concurrence. La crise a accéléré l’évolution de la concurrence dans le secteur des services financiers aux particuliers.

Au Royaume Uni, le distributeur Tesco a déjà pris des initiatives en concluant un partenariat avec Royal Bank of Scotland. Il se rapproche maintenant de Fortis pour proposer des assurances habitation et automobiles dont le tarif devrait être inférieur à ceux de la concurrence. Le groupe pourrait annoncer l’ouverture de comptes courants pour ses clients d’ici à 18 mois.

De son côté, le groupe Co-operative développe la partie services financiers avec des arguments fondés sur la prudence de sa gestion et l’éthique : « The Co-operative Bank is the only UK bank with an Ethical Policy that’s voted on by its customers.”

Après les acteurs privés encouragés par les pouvoirs publics pour favoriser l’offre de services aux particuliers, le chancelier de l’Echiquier devrait annoncer des mesures pour encourager des prêts aux petites entreprises faits par des acteurs non bancaires : assureurs et fonds de pension.

Cette nouvelle initiative vient de la crainte de l’assèchement du crédit. Celle-ci est partagée en France où le gouvernement vient de demander aux banques de lui transmettre leur plan d’actions d’ici à la fin de l’année.

Le paysage des services financiers pourrait donc significativement évoluer dans les prochains mois.


Anne

mardi 8 septembre 2009

Une initiative de la BEI pour les PME françaises



En cette période, les discours portent sur l’assèchement du crédit pour les PME. Les représentants politiques, le Président de la BCE, le rapport du médiateur du crédit, tous mentionnent la nécessité d’apporter des crédits aux PME.

Alors, dans ce contexte, il faut souligner l’initiative prise par la Banque Européenne d’Investissement pour venir à la rencontre des PME françaises.

La BEI présentera les modalités de financement et les initiatives prises lors d’une conférence, qui aura lieu le 24 septembre prochain.

Tous les renseignements se trouvent en ligne sur le site de la BEI.

Même si les représentants des entreprises ne peuvent participer à cette réunion, il est utile de suivre les informations publiées sur ce site.

Anne

lundi 17 août 2009

La médiation du crédit : continuité du dialogue et travail en réseau


D’un mécanisme exceptionnel établi en urgence à l’automne 2008 à une pérennisation du système, un accord de place signé fin juillet inscrit la Médiation du Crédit aux Entreprises dans la durée.

Cet accord « reprend l’ensemble des accords pris depuis le lancement du dispositif avec les établissements de crédit, les assureurs crédit et les acteurs du capital investissement d’une part et les organisations socioprofessionnelles associées en qualité de Tiers de confiance de la Médiation d’autre part…. ».

La médiation institue la coordination des différents acteurs. La nécessité d’un travail en réseau est citée dans le discours de Christine Lagarde lors de la cérémonie de l’accord de place : « Avec la médiation, nous avons inventé une forme d’administration du XXIe siècle, fonctionnant en réseau, proche du terrain, facile d’accès, pragmatique, s’appuyant sur l’ensemble des services de l’État et les directions locales de la Banque de France mais aussi les organisations socioprofessionnelles et les réseaux consulaires, capitalisant ainsi sur les forces vives de la nation.»

Cette pérennisation de la médiation ne doit pas dispenser d’une révision structurelle de l’organisation du dialogue entre les banques et les PME avec un accompagnement des entreprises sur le long terme.

L’enjeu pour les entreprises comme pour les banques est de développer les relations avec de nombreux partenaires, acteurs publics ou privés (Oseo, Direction générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (DGCIS), Caisse des Dépôts, Fonds Stratégique d’Investissement, Chambres de Commerce et d’Industrie, Assurance crédit, Experts comptables…) pour mieux accompagner les PME.

C’est un réseau d’acteurs qui se met en place autour des entreprises, notamment à l’initiative des acteurs publics. Les banques sont ainsi à la croisée des acteurs économiques du territoire pour ce qui concerne le financement des entreprises. Aux banques d’affirmer leur place dans cette économie en réseau.


Anne

mercredi 15 juillet 2009

Quelles conséquences la crise a-t-elle sur l’image des banques ?

Malgré tous les accidents intervenus ces derniers mois, placements non maîtrisés, pertes, fraudes, actions à contre temps en matière de rémunérations ou de stock options des dirigeants de banques, les clients n’ont pas déserté les agences bancaires et ont même participé aux augmentations de capital lancées par les banques.

La vie semble donc reprendre son cours et la profession bancaire s’accommoder de la situation.

Le dernier discours du Président de la Fédération Bancaire Française reflète une autosatisfaction. La profession se dit satisfaite des campagnes de communication destinées à encourager les acteurs économiques à se financer et considère avoir respecté ses engagements de moyens en matière d’octroi de crédits.

Pourtant, un récent sondage de l’IFOP dans six pays européens révèle la baisse de confiance des consommateurs européens envers le secteur bancaire et, en France, trois quarts des Français considèrent que leur chargé de clientèle n'a pas changé.

Dans l’interview publiée le 23 juin dernier, M. Pauget indiquait « nous sommes conscients de la très forte exigence de la société à notre égard ».

Certains publicitaires considèrent que la communication des banques françaises n’est pas audible et qu’elles n’ont pas encore les messages adaptés aux changements intervenus dans le système économique.

Alors, le changement viendra-t-il de banques étrangères qui auraient décidé de s’engager dans une nouvelle relation commerciale avec leurs clients ou sera-t-il suscité par l’apparition de nouveaux concurrents ? Les deux peut-être.

Anne

mercredi 20 mai 2009

BNP Paribas : une publicité engagée


Le 12 mai dernier, BNP Paribas a lancé sa nouvelle campagne de publicité basée sur le message « BNP Paribas : nous sommes engagés à vos côtés ».

Trois cibles sont visées dans cette publicité :
- Les particuliers : avec différents types de crédits comme le crédit immobilier ou le crédit à destination des étudiants et des jeunes actifs, l’étalement de crédit…
- Les professionnels : avec le crédit aux projets,le micro-crédit, l’aide aux auto-entrepreneurs
- La société civile en général avec le projet banlieues et la mise en avant de la diversification du recrutement

En plus de ces engagements, la banque met en avant sa dimension « conseil » et son côté humain en illustrant la publicité avec la photographie des employés d’une agence de Marseille.

Contrairement au modèle d’Accenture (voir le billet d’avant-hier) basé sur la technologie, BNP Paribas communique sur un angle totalement différent, mettant en avant la manière dont elle répond aux attentes de ces clients.

Après la nouvelle campagne de la Poste et celle maintenant de la BNP, d’autres banques suivront-elles le mouvement ?


Marie

vendredi 24 avril 2009

Crise et violence : de l'importance de prendre en compte le long terme


Ma crise bien-aimée n'avait pas encore traité des violences des dernières semaines en France liées à la crise (mais certains de nos posts ont traité de la problématique à l'étranger, comme celui de Mayeul). Nous avons la volonté de nous détacher du tout instantané, et si nous commentons quotidiennement l'actualité, nous nous efforçons de diffuser dans nos analyses des éléments de long terme, constructifs. Or force est de constater que le traitement par les media de l'immédiateté peut prêter à réflexion. Surtout quand il s'agit de sujet aussi brûlant (sans vouloir faire de mauvais jeu de mots) que les séquestrations de dirigeants d'entreprise.

Molex, Continental, Caterpillar... l'actualité traduit un accroissement très médiatisé des violences à l'encontre de ceux perçus comme les bourreaux, mais également comme des boucs-émissaires. Que peut réellement un directeur d'usine quand la décision de fermer un site est prise en conseil d'administration ? Certes il est consulté - en encore - et il peut peut-être influencer le cours des évènements. Mais ce cas de figure est loin d'être commun à toutes les entreprises.

Mais le sujet n'est peut-être pas là. Peut-être se situe-t-il dans la perception qu'ont les employés en France des directeurs d'usines et d'une manière général, du patronat. Si la décision de fermer un établissement en temps de crise pour sauver une entreprise et assurer sa pérénnité sur le long terme peut être en théorie compréhensible, cela peut l'être beaucoup moins lorsque les employés voient que l'on ferme également des sites par temps de croissance, pour assurer la rentabilité d'un groupe, non pas sa survie. On me rétorquera qu'assurer la rentabilité d'un groupe sur le court terme, c'est assurer sa survie sur le long terme. A voir. Surtout si la rentabilité court terme s'établit pour les actionnaires à 11% ou même à 5%.

La pérénnité d'un groupe est assuré certes par ses résultats économiques, financiers, mais également par d'autres facteurs tels son patrimoine intangible comme ses brevets, le savoir-faire de ses ouvriers (je note que c'est une exigence du groupe de Dhubai MAG pour un rachat éventuel du site de Clairoix), la solidité de ses fournisseurs et de ses clients... Eléments qui paraissent quand même éminemment plus concrets que des éxigences financières, du moins aux yeux d'employés licenciés.

Sans compter les enjeux liés à l'économie des territoires, à l'heure où les Français - en tout cas nombre de responsables économiques et politiques - craignent une désindustrialisation de la France.

Cela impose d'avoir une vision stratégique du développement du pays, et qu'il y ait un véritable dialogue constructif et mutuellement enrichissant entre l'entreprise et les pouvoirs publics, voire la société. Il y en a déjà, c'est bien, notamment à l'échelon territorial. C'est indispensable. Mais ce n'est pas assez, ou plutôt, il existe dans sa forme, trop peu est réalisé sur le fond.
Les PME sont strucutrellement très faibles en France comme en témoigne (encore) un post sur le site de Eco89. Il semble que, en plus des incompréhensions chroniques qui persistent - bien que les relations s'améliorent, notamment depuis la création du médiateur du crédit en novembre 2008 - entre les banques et les PME, ces dernières ne soient pas systématiquement considérées comme pièces vitales d'un groupe dont elles sont sous-traitantes et avec lequel elles forment une grappe industrielle.
C'est une erreur.

Alors oui, c'est vrai, faire coïncider les intérêts de firmes multinationales avec ceux des territoires où leurs filiales ou centres de productions sont implantés est compliqué. Mais il ne faut pas oublier que les employés de ces unités sont des personnes du territoire. Je pense qu'il existe un moyen de réconcilier les deux : tenir compte du long terme et retrouver une vision stratégique, pro-active, et moins réactive. Où le transfert d'information est vital pour agir correctement. L'intellience économique est grandement utile dans ce sens. Certes, cela va en contradiction avec les intérêts court termistes du capitalisme financier. Mais on voit où cela mène...

Matthieu

vendredi 10 avril 2009

Finance islamique : une réponse alternative aux petits soucis des PME françaises

La finance islamique va concurrencer à court terme les crédits fournisseurs et à moyen terme les organismes de crédit. En refusant de ne pas en tenir compte, ces établissements traditionnels prennent un risque inacceptable.

Le produit répond à besoin clientèle : « j’ai besoin d’investir dans du matériel, alors, que mon banquier prenne 5% à la source ou que je donne l’équivalent en euro à la banque islamique une fois que j’aurais réalisé plus de CA grâce à cet achat, c’est pareil » (H.G – gérant d’un commerce à Paris).
Pourtant, les barons de la banque n’y croient pas : « ils n’ont pas le niveau et nos clients ne les prennent pas au sérieux » (N.H – un cabinet parisien).

Alors qu’en ces temps de crise, les entrepreneurs luttent pour leur survie, les intouchables n'y croient pas. Ceux qui l’anticipent suivent un Master à Strasbourg


Patrick Marchant

lundi 6 avril 2009

Les paradis fiscaux : cas d'école géopolitique


Le journal Libération, reprenant une dépêche AFP, publie un article très intéressant sur les conséquences qu'ont eues les décisions du G20 du 02 avril 2009 sur certains territoires. Ce faisant, il donne une dimension médiatique à des réalités parfois difficilement visibles, ayant trait aux paradis fiscaux. Ce sujet a été de nombreuses fois traités sur ce blog. Mais les réactions de responsables suisses, luxembourgeois, autrichiens... ce week-end auraient tendance à montrer la pertinence de nos hypothèses.

Je ne reviens pas sur la complexité entourant les paradis fiscaux et sur la nécessité de dépasser une vision passionnelle, voire simpliste du phénomène. Ici, je souhaite m'aventurer sur un terrain peu envisagé dans la crise économique et financière: la dimension géoéconomique, voire géopolitique.
Je m'appuie sur un autre article de Libération, qui fait partie du dossier que le quotidien consacre au G20. Il traite de la perception par les media chinois du rôle du Président chinois à Londres Hu Jintao, et plus largement de la
place centrale de la Chine dans les relations internationales.

Le G20 a opté pour l'adoption d'un
document de l'OCDE pour classifier les paradis fiscaux en trois catégories : blancs, gris et noirs. Où l'on découvre que Macao et Hong-Kong sont blancs - comme les îles anglo-normandes, d'ailleurs - mais pas le Luxembourg, la Suisse, l'Autriche, la Belgique, le Liechtenstein, Andorre, San Marin, Monaco..., qui sont gris (certains étant plus gris que d'autres. Je passe sur la méthodologie.
Je note toutefois que Jersey, Guernesey, l'île de Man, voire l'Eire ont été blanchi... sitôt que la Chine a exigé le retrait de Macao et Hong-Kong de la liste grise.
Inutile de souligner que les Etats disposant de paradis fiscaux auront d'autant moins de poids à défendre leurs positions sur la scène internationale en matière financière et fiscale.

Ce qui revient à dire que le Royaume-Uni conserve - mais c'était attendu - sa prédominance mondiale en la matière, mais surtout que la Chine acquiert de manière très officielle un statut de référence en terme de transparence de flux financiers. Avec toutes les conséquences politiques et géopolitiques que cela implique.
Et Libération de souligner avec justesse un point important mais néanmoins subtil :
"la demande (de la part de la Chine, ndlr) d’une participation accrue des pays en développement dans l’économie mondiale, pour permettre une «harmonisation» des solutions. La Chine assoit ainsi son rôle croissant de «grand frère» de nombreux pays du Sud qu’elle soutient financièrement en échange de matières premières et de votes à l’ONU".

Je vous invite chères lectrices et chers lecteurs à vous pencher sur la politique étrangères de la Chine depuis une dizaine/quinzaine d'années.


"La lutte contre les paradis fiscaux", n'en déplaise à Monsieur Sarkozy, ne sera pas menée avec l'énergie voulue et désirée par le G20. La crise économique et financière - n'en déplaise au G20, cette fois - sera traitée de manière assez pragmatique, et certainement avec une interprétation très libre des engagements du 02 avril.
Car derrière ces engagements, c'est un affrontement sur le champs de bataille de la puissance qui se joue. Certains Etats considèrent la crise comme un moyen de s'installer durablement dans les affaires du monde, d'autres comme un phénomène très destabilisateur, susceptible de remettre en cause leur position géopolitique.

Il y a un moyen, je pense, de contourner l'obstacle, d'avoir un coup d'avance dans le jeu mondial. La France - et l'Europe - pourraient développer de nouveaux modèles, axés sur le long terme. Cela tombe bien, l'UE a fait le choix il y a une dizaine d'années du développement durable. Qu'elle se dote alors d'instruments efficaces, rapides, souples pour permettre à ses PME innovantes dans les secteurs de l'environnement de se financer sans avoir recours aux paradis fiscaux. Que l'UE se dote d'une politique industrielle - ce qui va effectivement à l'encontre du dogme de la concurrence tel qu'actuellement interprété - qui ferait appel aux banques pour susciter l'innovation industrielle, mais également des services. C'est également ainsi que l'UE tiendra les objectifs de la stratégie de Lisbonne, revue en 2005. Sinon, l'Union Européenne, tout comme la France, risquent de perdre la bataille de la compétitivité et l'innovation, face à des géants aux capacités de persuasion... développées.

Matthieu


mercredi 1 avril 2009

Poisson d’Avril ?!?!?!!!!


Je suis tombée sur cette publicité de BNP Paribas en feuillant le journal l’Express et je me suis demandé s’il ne s’agissait pas d’un poisson d’avril. Qu’en pensez-vous ?

Je trouve que le ton de cette publicité est en décalage complet par rapport à la situation actuelle même si le message est positif. Nous sommes en crise, les PME-PMI et les artisans à qui est destinée cette communication sont les premières victimes du ralentissement économique. Les banques refusent d’augmenter leurs lignes de crédit ou de leur prêter de l’argent.

Même si la BNP Paribas a, reconnaissons-le, très bien communiqué en annonçant que ses dirigeants ne toucheraient pas de stocks-options et donc en évitant un scandale médiatique après celui de sa concurrente la Société Générale, le ton de cette publicité s’inscrit en porte-à-faux par rapport au contexte ambiant et semble exagérée.

Il ne reste plus à espérer qu’ils tiennent leurs promesses et financent 10 000 projets à la hauteur de 600 millions d’euros.

Marie

dimanche 15 mars 2009

Secret bancaire et crise... un vrai faux débat ?


Vendredi soir (le 13 mars), j'écoutais d'une oreille distraite BFM radio (le Grand Journal/Regard sur l'actu, dont vous pouvez retrouver le podcast ici), lorsqu'il a été (encore) question des paradis fiscaux. Il semble que beaucoup de Français aient quelque peu de mal à accepter que des "paradis fiscaux" existent. Le sujet occupe le devant de la scène politique de manière récurrente depuis les années 2000/2002, avec la publication des différents tomes du rapport d'information parlementaire sur "Délinquance financière et blanchiment des capitaux", réalisé par les députés Montebourg et Peillon.

La crise se propageant dans l'économie réelle dans des proportions aussi gigantesques qu'imprévisibles, le monde de la finance - déjà difficile à convaincre du bien-fondé de jouer la carte de la transparence - se crispe dans une attitude défensive, voire de martyr. Et voilà que, les escroqueries succédant aux scandales financiers, les autorités américaines viennent s'ingérer dans les affaires d'une banque suisse, UBS. Dès lors, toutes les portes semblent ouvertes à la vindicte mondiale, puisque le G20 qui doit se tenir à Londres le 4 avril 2009 s'achemine vers un ordre du jour où figure en bonne place la condamnation des "paradis fiscaux". Madame Merkel et Monsieur Sarkozy sont les fers de lance de ce mouvement, sous couvert de régulation et gouvernance mondiale des flux financiers. Et de source très bien informée, la lutte contre ces "paradis" sera un des axes majeurs de la politique étrangère de la France jusqu'à 2015.

Au risque de jouer l'avocat du diable, je dirais "ne jettons pas le bébé avec l'eau du bain".
Certes, les paradis fiscaux - dont nombre se trouvent en Europe (Gibraltar, Monaco, Andorre, Liechtenstein, Luxembourg...) - abritent des structures créées par les banques - essentiellement européennes - où elles ont évacuées les actifs "toxiques" pour ne pas les faire figurer dans leurs propres livres de comptes. Se posent la question de la liquidation de ces actifs dont, bien sûr, personne ne veut. Evidemment, me dira-t-on, si les paradis fiscaux n'existaient pas, les banques n'auraient pas pu les utiliser pour "tromper" les experts comptables, les contrôleurs financiers, les autorités de régulation... OK.
Certes, les paradis fiscaux sont utiles pour l'évasion fiscale - cf. le cas du Liechtenstein et de l'Allemagne -, les criminels en tout genre, le blanchiment d'argent...
Et la liste de griefs est longue.

Mais attention : je m'étonne qu'il ne soit question que des paradis fiscaux européens. Combien il est étonnant que les Bahamas ne soient jamais mentionnés, ni Hong-Kong d'ailleurs (pourtant enregistré en tant que "Offshore Financial Centers", FMI 2007). Curieux, donc : serait-ce encore les Européens - Union Européenne ou non, telle la Suisse - qui devraient supporter le poids des déboires américains ?
Un des intervenants dans l'émission de BFM pointait justement du doigt que le secret bancaire est un droit fondamental pour tout un chacun - à trois exceptions près -, et que la banque UBS, obéissant aux injonctions des autorités américaines, servait au final les intérêts du fisc outre-atlantique.

Nous n'en parlons que peu en France car les PME ne sont pas encore entrées dans l'imaginaire collectif comme des acteurs majeurs de l'économie mais les paradis fiscaux permettent à ces dernières de se financer rapidement et sans surcoût. Ceci est particulièrement vrai pour les start-up dont celles innovant dans le secteur du développement durable.
Car malgré tous les dipositifs publics nationaux et européens (PCRD, programmes OSEO...), les PME les considèrent comme peu pratiques, peu visibles, trop longs, et parfois trop peu importants. Mais le problème reste le poids administratifs des dossiers à monter.

Bon alors, supprimer ou non, les paradis fiscaux ? Et si le problème ne se situait pas autre part ? Je ne parle pas de l'aspect pénal ou criminel lié aux paradis fiscaux. Ce n'est pas l'objet de ce blog sur la crise.
A mon avis, je pense que le problème se situe au niveau des grandes entreprises et des banques (Lazard a son siège social dans un paradis fiscal). Car après tout, avoir recours à des centres financiers offshore n'est-il pas un signe de désengagement vis-à-vis de la société ? Serait-ce pour payer moins d'impôts ? Mais alors, où est le contrat entre l'entreprise et la société ? l'entreprise et l'Etat ? On l'oublie un peu trop souvent, mais l'impôt est aussi un signe du contrat social qui lie chaque sujet de droit - personnes physiques et morales - dans une communauté. Les entreprises et les individus profitant des paradis fiscaux renieraient-ils leur nationalité ?

Matthieu

vendredi 13 mars 2009

Avec la crise, ne démissionnez pas, abandonnez votre poste !


Le droit du travail prévoit que l’employeur a le devoir de licencier un employé qui abandonne son poste. S’il ne le fait pas, il commet une faute qui pourra être sanctionnée au tribunal des Prud’hommes.
Ne pas venir travailler, n’est pas une démission mais un abandon de poste !
Après avoir abandonné son poste, l’employé lui-même peut saisir ce tribunal pour reprocher à son employeur de ne pas l’avoir licencié !
Salariés, futurs licenciés, n’oubliez pas que saisir les Prud’hommes peut aussi servir à obtenir une prime supplémentaire !
Ce qu’un licenciement coûte à votre employeur.

Patrick Marchant

jeudi 12 mars 2009

La crise : une opportunité pour développer son activité

Avant-hier, l’Association pour le Droit à l’Initiative Economique (ADIE) a lancé le fonds de dotation pour l’entreprenariat populaire sous le parrainage de Muhammad Yunus, le père du micro-crédit et président d’honneur de l’association. Ce fond est destiné aux chômeurs ou toute autre personne qui souhaite créer son entreprise.

Muhammad Yunus analyse pour Challenges la situation actuelle comme étant la combinaison de plusieurs crises : financière, alimentaire, énergétique et environnementale. Cette période est une opportunité pour créer un nouveau modèle dans lequel le micro-crédit à son importance dans la création d’emplois par des personnes à titre individuel. Madame Nowak, présidente de l’ADIE , explique dans le Monde : « N'attendons pas pour passer à la vitesse supérieure. Le microcrédit est une réponse à la crise qui peut régénérer l'économie à la base tandis que le haut de la pyramide (grandes entreprises et PME) s'effrite. Il crée les emplois les moins chers du marché, des emplois de services non délocalisables, le nouveau tissu entrepreneurial dont le pays a besoin."





Autre solution mise en place par l'Etat début 2009 pour faciliter la création d’emplois : le statut d’auto-entrepreneur. Destiné à des personnes travaillant en indépendant, ce régime a deux avantages principaux par rapport celui de l’entreprise traditionnelle de type SARL : la facilité de création et la non-imposition si l’auto-entrepreneur ne réalise pas de chiffre d’affaire.

Ces deux initiatives en cette période de licenciements et de chômage démontrent que les banques n'ont pas l'exclusivité des prêts et que des solutions concurrents se mettent en place (voir le message sur le développement des acteurs non bancaires). Cependant, un problème d'image pourra à terme se poser pour nos institutions bancaires traditionnelles: car si les banques financent l'économie en se concentrant sur des grandes entreprises, perçues comme moins risquées car elles ont une couverture financière plus large, n'oublions pas que 90% des entreprises françaises sont des TPE. Refusez de financer les TPE, n'est-ce pas jouer contre le développement de l'économie d'un pays?


Marie

dimanche 1 mars 2009

Made in France


Alors que nous soulevions, il y a déjà quelques temps, la question du patriotisme économique comme l’une des pistes de réponse à la crise économique et financière actuelle, un portail internet destiné aux produits français vient de faire son apparition. En préservant notre patrimoine, nos savoir-faire traditionnels et nos métiers ancestraux, le portail Fabriquer En France se veut être une vitrine des produits « made in France »
Cette initiative qui est la bienvenue dans le contexte actuel mérite d’être encouragée. Elle est à mettre en relation avec une nouvelle tendance qui apparait dans le paysage industriel : le rapatriement en France d’unités de production.

Quelques exemples :
  • Réinstallation de la fabrication des vélos Décathlon en France d’ici trois ans
  • Relance des activités des Textiles Well dans les Cévennes
  • Relocalisation d’unités de production de jouet de Smoby Toys dans le Jura
  • Retour de la conception des prototypes de Bagster à La Ferté Macé (Orne)
  • Rapatriement de la production de Geneviève Lethu
Ces évènements répondent à de multiples raisons qui ne peuvent en aucun cas laisser le consommateur indifférent car c’est lui le bénéficiaire final. Ainsi, on peut, en plus des raisons conjoncturelles (cout du transport, augmentation de la main d’œuvre dans certains pays), citer la sécurité du consommateur, la lutte contre la contrefaçon, le respect de normes éthiques, le respect de l’environnement (réduction des dépenses d’énergie…) ou encore l’image de marque à la française.

Ces relocalisations, aux antipodes de tout protectionnisme, sont la preuve d’une qualité industrielle que Jean Sévillia définit comme un « faisceau serré de règles techniques et sociales acquises dans la durée et d’un certain degré de civilisation ». Elles doivent être encouragées sans conduire à un repli sur soi mais comme une nouvelle étape de la responsabilité grandissante des consommateurs notamment en matière d’environnement.

Mayeul


vendredi 20 février 2009

Peur de qui, peur de quoi ?

Le développement des PME est plombé par les banques. Elles ne participent pas au développement mais se limitent à la vente d'un produit, comme tout autre commerçant. Elles ne veulent pas en effet se prononcer sur le conseil des projets de leurs clients et en même temps le financer (leurs conseils n'étant QUE financier). Leur crainte officielle vient d'un soit-disant conflit d'intérêts que pourrait leur reprocher leurs clients : "vous me l'aviez pourtant conseillé, je me suis planté, c'est donc de vôtre faute". Les banques allemandes ont moins de scrupules...
En un mot, elles préfèrent vendre 4 produits à 4 PME différentes plutôt que de s'engager (par un conseil en stratégie opérationnelle) auprès d'une seule entreprise pour lui vendre ses 4 produits. En manœuvrant de la sorte, elles préfèrent diminuer leurs risques, les lois de la statistique plutôt qu'en raisonnant marchés, secteurs et opportunités.
Alors qu'un chef d'entreprise aurait eu pour objectif la fidélisation des 4 entreprises en S'ENGAGEANT, la banque reste un commerçant comme les autres.
Et dire que tout ça est pour éviter quelques contentieux ! A ce jour votre seuil de Peters est atteint. Pour gagner plus d'argent, il vous faudra partager le risque, mais pas le vôtre, celui de vos clients.

Patrick Marchant

mardi 20 janvier 2009

Un début de sagesse... tardive ?


La semaine dernière, les Président et Directeur Général de BNP-Paribas ont décidé de renoncer à la part variable de leurs salaires respectifs. Au fait, cette part s’élève à 875 000 euros pour Monsieur Pébereau, et 2,27 millions euros pour Monsieur Prot. Ce qui m’amène à m’interroger.

D’une certaine manière, c’est plutôt bon signe pour la banque et pour ses dirigeants : elle fait preuve de solidarité vis-à-vis de ses clients et de ses responsabilités vis-à-vis de l’Etat. Mais c’est quand même assez basique, et finalement, c’était peut-être la moindre des choses à faire.

Car enfin, mettons-nous à la place d’un patron de PME. Il transcrit immédiatement ces chiffres faramineux en montant pour des prêts qui pourraient lui être octroyés. Je ne doute pas de la probité de messieurs Pébereau et Prot, ni de leur compétence – en fait, je suis plutôt admiratif de la manière avec laquelle ils gèrent la BNP dans ce contexte à hauts risques pour les banques – mais ces personnes se rendent-elles compte de ce que peuvent représenter de telles sommes gagnées à titre personnel pour des entrepreneurs ? C’en est presque absurde.

Mais les gestes des dirigeants de la BNP ne semblent pas faire l’unanimité. Ainsi, Georges Pauget, Directeur Général de Crédit Agricole SA et président de la Fédération Bancaire Française paraît réticent. CASA, la Société Générale… s’en remettent à leur Conseil d’Administration pour trancher la question.

Le débat ne se réduit pas à une question de gros sous, bien sûr, mais ces gros sous-là sont symboliques. Les banques françaises souffrent d’un déficit non seulement d’image mais également, il me semble, de vision. Si elles en avaient, non seulement elles feraient corps avec leurs clients, prendraient leurs responsabilités vis-à-vis de l’Etat… et proposeraient un ou des concepts novateurs visant à se repositionner dans un projet de société.

Matthieu

MAJ : cette nuit, réunis à l'Élysée, l'ensemble des patrons des grandes banques françaises ont décidé de renoncer à leurs bonus. Ce renoncement leur permettra d'être éligibles au fonds spécial de l'État de 10,5 milliards d'€uros.

vendredi 26 décembre 2008

Il faut croire en nos PME !


Nicolas Sarkozy a annoncé lors de son discours de Douai le 4 décembre 2008, une politique de « grands travaux » en France, et nous l’attendions ! Recapitalisation des grandes banques, garantie des créances, et nos PME alors, elles ont le droit à quoi ? Dans un contexte difficile où les carnets de commande des PME commencent à ressentir le ralentissement de l’activité économique internationale. . Lors de l’annonce du plan à 26 milliards d’€uros, notre Président à insisté sur la politique d’investissement public avec un budget de près de 10,5 milliards d’€uros, provenant aussi bien de l’État (4 milliards d’€uros), que des entreprises publiques (La Poste, EDF… 4 milliards d’€uros) ou des collectivités locales (2,5 milliards d’€uros). Mais à qui profitera cet argent ? Rien n’est encore défini mais on ne peut que souhaiter une large attribution de contrats aux PME françaises ! Aujourd’hui, 12% seulement des contrats publics sont confiés à des PME, pourtant ne s’agit-il pas des entreprises qui en ont le plus besoin ?

Les États-Unis avec leur Small Business Act ont la possibilité d’attribuer une part des contrats publics aux PME américaines, en France, la Loi de Modernisation de l’Économie (article 26) devrait dans une moindre mesure, certes, permettre des mesures similaires. Il est temps de se préoccuper du paysage économique local, avec toutes ces PME dynamiques, innovantes et volontaires qui font notre quotidien, en leur attribuant (et surtout en leur gardant) une part du gâteau. N’hésitez pas à réagir à la news ou à me donner vos idées, les démarches innovantes de vos PME… Pour ceux et celles qui auraient raté le discours de Douai du Président Nicolas Sarkozy, voici le lien : Discours de Douai.

Jean-Paul

A lire :
Les PME innovantes réagissent au plan de relance

lundi 22 décembre 2008

La banque et le développement durable : et si on en discutait ? 2/2




Il y a deux semaines, je constatais avec frustration que les banques passaient royalement à côté du développement durable. Je me permets de reprendre ma plume - mon clavier plutôt - pour développer mon idée... et leur en donner (des idées), des fois qu'un(e) lecteur(-trice) travaillant pour le Crédit Agricole, le CIC et comparses nous lise.
Je vois là une bonne occasion de fédérer la société, les banques et les pouvoirs publics autour d'un projet de société qui fasse sens : la protection de l'environnement. Oui, je sais, cela peut paraître très idéaliste, alors que je constate chaque jour combien beaucoup de Parisiens - je suis en vacances à Paris pour les fêtes - effectuent un tri sélectif plus ou moins douteux plus ou moins régulièrement. Beaucoup m'expriment leur scepticisme en voyant le peu de motivation qu'ont les décideurs(-euses) politiques à prendre des mesures concrètes en faveur du développement durable. Alors dis : que l'initiative privée reprenne le dessus. Et les banques doivent se sentir concernées.

Je note que la France a beaucoup de richesses et de compétences dans les domaines liées au développement durable (industries, telles Veolia et Suez, les deux premières entreprises mondiales en gestion de l'eau, PME/société de conseil comme BG, salons internationaux à l'instar de Pollutec...). Je note également que le gouvernement non content d'avoir mené le "Grenelle de l'Environnement" l'année dernière, souhaite faire du développement durable un moteur de la relance. Les banques doivent s'inscrire au coeur de l'action. Elles n'ont pas pris l'initiative : ce sont les pouvoirs publics. Il leur appartient d'innover, de participer à cet élan visant à construire une véritable expértise française dans le développement durable. A la croisée des PME/PMI, des grandes entreprises, des pouvoirs publics (locaux et nationaux), voire de la société civile, elles peuvent jouer le rôle d'interface entre tous ces acteurs. Prêter de l'argent à des PME innovante dans le secteur de l'environnement ; les mettre en relation avec des entreprises plus importantes pour générer des commandes, avec des associations pour partager l'expertise en protection de l'environnement et se rapprocher des préoccupations partagées par nombre de leurs clients ; avec les administrations s'informer des contraintes réglementaires ou législatives... tels sont les rôles que les banques du XXIème siècles peuvent tenir.

Je peux également rajouter la transmission d'informations qu'elles peuvent reccueillir à l'étranger de la part de leurs représentations locales sur les marchés (eau, traitement des déchets, urbanisme, énergie...), l'environnement des affaires, les indicateurs financiers et bancaires... aux entreprises françaises susceptibles d'entrer sur ces marchés, justement. Que cela soit des PME ou non. A l'instar de maisons de commerces nouvelle génération, ce serait normal que les banques renvoie l'ascenseur à "l'économie réelle".

On oublie trop souvent que les banques sont avant tout des hommes et des femmes qui peuvent être impliquées dans ces enjeux, désireux(-ses) de préserver l'environnement pour eux-mêmes et pour les générations futures. Certes il faut qu'elles-mêmes repensent la place qu'elles souhaitent occuper dans l'économie française, qu'elles réfléchissent si elles souhaitent contribuer ou non au dynamisme des entreprises françaises, bref à la compétitivité nationale. En fait, il s'agit ni plus ni moins de repenser la place qu'elles souhaitent tenir dans la société en France. Mes amis du blog ont suggéré (Des sites internet pour mieux comprendre les banques , Crise financière et communication produit) la nécessité pour les banques de revoir leurs relations avec leurs clients, passablement délétères. De la nécessité de les inscrire dans une relation durable.


Matthieu

mercredi 10 décembre 2008

La banque et le développement durable : et si on en discutait ? 1/2



Je vous propose une petite expérience : demandez à votre responsable d’agence si sa banque se sent concernée par le développement durable. Il/elle sera a priori très surpris(e) que vous lui posiez la question car les deux notions ne vont pas naturellement de paire, y compris pour nous six qui entretenons ce blog. D’ailleurs, le développement durable est devenu un argument de vente pour tout et n’importe quoi, et associer la banque au développement durable peut avoir un effet repoussoir pour leurs clients – potentiels ou non. Effectivement, de plus en plus de banques se mettent « au vert »telles le Crédit Agricole, ou bien BNP PARIBAS. La notion est à la mode, puisque même les Etats-Unis, qui ont pourtant toujours refusé de ratifier le protocole de Kyoto, relancent leur croissance économique en partie sur des mesures qui lui sont favorables.

Tout le monde utilise le développement durable à sa sauce depuis 10 ans, sauf les banques que je trouve très en retrait sur la question. Je me demande si elles ne pourraient pas l’utiliser comme un moyen pour se repositionner dans la société et dans la durée.

La crise économique n'est pas la faute des banques françaises - il faudrait plutôt voir du côté des Etats-Unis - mais il faut voir comment elles nous traitent depuis des années. Elles donnent quand même l'impression de s’enrichir sur notre dos, alors que dès qu'on a besoin d'elles - pour un prêt immobilier, pour financer un projet... - c'est toujours la même chose : il manque telle caution, tel papier, notre revenu n'est pas assez élevé... Bref, on dirait qu'elles n'ont pas d'autre but que de s'enrichir un maximum tout en redistribuant un minimum aux particuliers et entreprises qui font appel à elles. Même les banques mutuelles ou coopératives, j'ai l'impression qu'elles se sont éloignées de leur modèle d'origine pour se lancer dans la haute finance... Je ne demande pas aux banques de faire la charité - il leur faut les moyens de prêter et de financer la création de richesse en France - mais de se sentir concernées par leur environnement et par les préoccupations de leurs clients - notamment les entreprises, quelles que soient leurs tailles.

Elles ont un concept tout prêt qui ne demande qu'à être développé, eh bien non ! Elles s'obstinent à le négliger. Pour qu'elles s'en emparent, la BNP, la SocGen et leurs comparses doivent en revanche évoluer dans leur perception et considérer le développement durable comme un des éléments moteurs de leur croissance. La crise économique et financière actuelle peuvent être utilisées opportunément pour redéfinir les conditions de la réussite et de la puissance des banques françaises. Je vous en parlerai dans mon prochain post.

Matthieu

lundi 8 décembre 2008

Crise financière et communication des banques





























La crise financière a modifié la manière dont les banques parlent à leurs clients.

Le client est remis au centre de cette communication comme pour la publicité de HSBC avec l’image forte des alliances. La Société Générale a choisi une autre stratégie avec l’aide de la société de production CAPA Entreprises : elle parle des métiers de la banque et fait intervenir ses employés. BNP Paribas et le Crédit Agricole communiquent tous les deux sur le thème du crédit : BNP Paribas vers les particuliers avec le slogan «Vous avez un projet ? Nous avons le crédit », le Crédit Agricole vers les PME-PMI. Les banques cherchent à renouer le dialogue avec leurs clients, que ce soient des particuliers ou des PME-PMI et y consacre un budget plus important à la communication(+3% de janvier à octobre 2008 par rapport à l’année précédente) comme nous le rappelle Laurence Girard dans son article dans Le Monde.

Reste à savoir comment ce changement dans la communication des banques se traduira dans les agences au contact des clients. Je n’ai pas eu de nouvelles de ma banque depuis début octobre. Qu’en est-il pour vous, quels contacts avez-vous avec votre banquier?

Marie