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vendredi 20 juillet 2012

Quand la question du coût du travail en France se transforme en cache-misère …



Grand chantier de Nicolas Sarkozy durant sa présidence, le coût du travail est pour beaucoup de nos patrons et de nos politiques, la principale cause du chômage en France et donc une variable d'ajustement simple et efficace.

Mais les études se suivent et ne ressemblent pas, entre coût général du travail plus élevé en France qu’en Allemagne mais coût horaire dans la filière automobile plus bas en France qu’en Allemagne, il y a de quoi y perdre son latin. Et encore, on ne parle pas de productivité, de fiscalité etc... autant le dire tout de suite les comparaisons internationales sont difficiles.


Et si la question du coût du travail n’était qu’un feu de paille ? car il faut bien le comprendre le coût du travail n’est qu’une des composantes de la production.


La meilleure compétitivité est celle produite par l’excellence des produits proposés. Nos chers industriels devraient plutôt se poser la question suivante : « pourquoi nos produits ne se vendent-ils pas ? »
  • Stratégie des entreprises
  • Attractivité des produits

Il ne faut pas négliger cette productivité hors-prix qui garantira à la France une position sur les marchés internationaux à bien plus long terme qu’un simple avantage compétitif basé sur le coût du travail.

Jean-Paul



jeudi 12 juillet 2012

Aulnay c’est fini !







L’annonce fait la une de tous les journaux, PSA Peugeot Citroën supprimera 8 000 postes d’ici 2014. 3 300 emplois sur le site d’Aulnay-sous-Bois en accompagnement de la fermeture de l’usine et 1 400 emplois sur le site de Rennes. A cela s’ajoute environ 3 600 emplois dans les « effectifs hors-production ».

Arnaud MONTEBOURG parle d’un « choc pour la nation » mais qui doit être choqué ?

  • PSA ? qui savait depuis 2008 que son business modèle national était non-pérenne sur le long terme et que seule une réorganisation en profondeur de l’ensemble de l’outil productif ainsi que de la stratégie de la marque pouvait constituer une alternative crédible ?
  • Les syndicats ? qui refusent tout compromis et limitent les capacités de l’entreprise à s’adapter à la nouvelle donne mondiale ?
Ma plus grande peur : 8 000 suppressions de postes qui ne permettront qu’une réduction des coûts à court-terme mais ne changera rien au vrai problème de l’entreprise :
  • Une dépendance au marché national bien trop élevée
  • Des modèles qui ne rencontrent plus les francs succès passés 
  • Une collaboration limitée avec des partenaires internationaux qui permet une diversification des gammes et des marchés, à l’image de Renault et de son partenariat avec Nissan.
Cette annonce de PSA contraste avec les annonces de Volkswagen cette même semaine : finalisation du rachat de Porsche, optimisme des investisseurs sur la bonne santé de la marque, des ventes encore en hausse au premier semestre.

Décidément, l’Allemagne va continuer de faire figure de bon élève …


Jean-Paul

jeudi 5 juillet 2012

De retour !

Cela devait arriver ... après plus de deux ans d'absence, le blog sera de nouveau alimenté, certainement moins régulièrement que par le passé mais alimenté tout de même en article de fonds, billets d’humeur ou alors questions ouvertes.

Voici déjà trois ans que nous parlons de cette crise. Un mot qui est devenu si familier : crise financière, crise de la dette, crise grecque, crise espagnole, crise portugaise, crise sociale, crise de l’€uro ... 


Rien n'a véritablement changé depuis l'ouverture de ce blog, les banques sont peut être en moins piteuse état mais les Gouvernements eux semblent plus fragilisés que jamais. Déjà surendettés les Etats ont sauvé les banques par l'endettement et se voient aujourd’hui sanctionnés pour ce niveau de dette excessif ...  Quelle ironie du sort !

Le nouveau gouvernement proclamait que tout était possible, que le changement était pour maintenant pourtant les évènements de ces derniers jours laissent présager que nous aurons du mal à échapper à la rigueur, cette fameuse rigueur tant redoutée.

J'essayerai dans mes posts de relever certains projets portés à bout de bras par des Français entrepreneurs et plein de courage. Signe que dans cette morosité ambiante alimentée par les médias, certains Français ne baissent pas les bras. J'ai d'ailleurs en préparation un post sur un projet lorrain d'avion qui semble défrayer la chronique en ce moment.

Voilà pour ce premier post de 2012. En espérant relire les commentaires de nos fidèles lecteurs.


Jean-Paul

vendredi 29 janvier 2010

Tendance du marché immobilier en 2020


Après les tendances pour 2009, voici les perspectives immobilières pour 2010 tirées d'une analyse des Notaires de France.

De cette note conjoncturelle s'appuyant sur des données chiffrées alimentés par un réseau de professionnels sur l'ensemble du territoire français, on peut retenir :
  • L’éclaircie du marché précédemment constatée paraît se maintenir et même se confirmer à fin 2009
  • Il n’y a pas eu de cataclysme sur les prix comme certains, contrairement au notariat, l’annonçaient en début d’année 2009
Ce constat permet aux Notaires d'émettre une perspective intéressante pour 2010.
L’horizon immobilier est loin d’être totalement dégagé en raison de la crainte de l'augmentation du chômage et des incertitude sur la pérennité des taux de prêts immobiliers actuellement favorables.
De plus on constate un frein à la dynamique actuelle par l’attitude de certains vendeurs qui hésitent à mettre leurs biens à la vente, ce qui, à terme, peut entrainer un effet de pénurie, surtout des produits de qualité, avec risque d’augmentation des prix même si on constate un certain retour des secundo accédant.
La faiblesse des rendements financiers des placements, l’incertitude boursière, l’attractivité des taux d’intérêts de crédits et les aides à l’achat sont autant d’éléments qui doivent confirmer l’élan de reprise.
Le marché immobilier résidentiel en 2010 sera certainement caractérisé par sa sélectivité et son irrégularité.
Mayeul

mardi 1 décembre 2009

Ma crise bien aimée : 1 an déjà

Cela fait déjà un an que nous avons lancé ce blog après bien des hésitations et des réflexions sur l'apport qu'il pouvait avoir pour ses lecteurs dans la compréhension de la crise économique et financière mais aussi comme force de proposition pour les acteurs économiques.


En effet, nos deux premiers premiers posts datent du 1er décembre 2008 :
- USA : La crise immobilière dope le tourisme ?
- La banque mondiale de l'année est française

Au bout d'un an, malgré un léger essoufflement des derniers mois, le bilan est intéressant et encourageant pour les années à venir :

- 6 contributeurs réguliers
- 270 posts
- et plus de 30 000 visiteurs uniques.

Un grand merci à tous nos fidèles lecteurs. Ce n'est que grâce à eux que le blog existe et que nous trouvons la force de continuer à écrire ou à proposer des sujets divers, des vidéos, des idées nouvelles... même si parfois nous regrettons l'absence de commentaires et donc de débat.

L'équipe de Ma Crise Bien Aimée

dimanche 22 novembre 2009

Bonus : une initiative intéressante chez Goldman Sachs


Des actionnaires importants de Goldman Sachs ont demandé à la banque de réduire le montant des bonus distribués afin de mieux récompenser les actionnaires et donc de favoriser l’investissement.

Une telle initiative mérite d’être soulignée car c’est la première fois que se font ainsi entendre des actionnaires importants sur ce sujet délicat des rémunérations et bonus. De plus l’argument soulevé – soutien de l’investissement – est très intéressant en cette période de crise économique où les politiques cherchent à relancer la croissance. Ainsi récompenser les actionnaires, c’est reconnaitre leur place dans l’entreprise (la banque), les risques qu’ils prennent en soutenant par la possession d’action cette société et donc leur rôle pivot qu’ils jouent dans l’économie.

Mayeul

mardi 17 novembre 2009

Travail des seniors : mythe ou réalité ?


Le discours officiel annonce des mesures pour améliorer le taux d’emploi des seniors en France.

Le dispositif prévoit que « D’ici au 1er janvier 2010 toutes les entreprises (ou groupes d’entreprises) employant au moins 50 salariés, doivent avoir conclu un accord ou établi un plan d’action sur l’emploi des salariés âgés. Dans le cas contraire ces entreprises seront soumises à une pénalité financière équivalente à 1 % de leur masse salariale. »

A l’Assemblée Nationale, lors de la séance du 10 novembre dernier, M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi, indiquait que « le taux d’emploi des 55-65 ans est d’un peu plus de 30 % en France, alors qu’il est du double en Suède » et donc très loin du taux de de 50% en 2010 fixé au niveau communautaire.

Il ajoutait que « Près de soixante branches, représentant plus de la moitié des salariés, ont commencé à négocier sur ce sujet. Pour la première fois depuis trente ans, et malgré la crise, le taux d’emploi des seniors non seulement n’a pas fléchi mais s’est amélioré d’un point.Ces résultats sont toutefois fragiles. Il nous faut continuer d’avancer, car ce sont nos mentalités que nous devons changer. Nous nous sommes habitués à payer pour chasser les seniors de l’emploi. Nous devons désormais nous battre pour les garder. »

Pour autant, la situation économique actuelle amène, ces derniers mois ,beaucoup d’entreprises à faire partir un maximum de personnes à partir de 58 ans et parfois moins : ce n’est pas dit officiellement mais les salariés le savent.

Anne

lundi 9 novembre 2009

La vidéo du lundi : faut-il brûler les banquiers ?



Cette phrase provocatrice n’est pas de moi mais est le titre du livre de Georges Pauget, Directeur Général du Crédit Agricole, sorti il y a quelques jours. Cet essai a pour objectif de montrer l’utilité des banques et des banquiers dans la vie économique, rôle fortement décrié depuis un an. Un résumé est disponible sur le site de l’éditeur, JC Lattès.

Interviewé par Nicolas Demorand sur France Inter vendredi dernier, le banquier a indiqué que pour lui, la crise financière était maintenant terminée mais que les banques subiront la crise économique jusqu’à mi-2010. Parmi les acteurs économiques, les PME sont les plus à risque comme Anne vous en avait déjà parlé. Les banques en ont prise conscience et se mettent à communiquer sur le soutien qu’elles apportent aux entreprises, comme la BNP Paribas qui a annoncé qu’elle prêtera 5 milliards d’euros aux entreprises d’ici fin 2010. Le Médiateur du Crédit semble cependant rester nécessaire pour plusieurs mois : l’institution reçoit en moyenne 300 dossiers d’entreprises toutes les semaines.

Marie

mercredi 21 octobre 2009

Un coup d’Etat financier !


La phrase est choc, les termes sont forts ! Non, il ne s’agit pas d’une élucubration d’un membre fragile de Ma Crise Bien Aimée mais d’une phrase tirée du film de Michael Moore « Capitalism : a love story ».

Hier soir, invité par la Paramount, j’ai pu découvrir en avant-première (comme je vous en parlais dans mon post de la semaine dernière) le nouveau film de Michael Moore dont Marie annonçait la sortie il y a quelques mois.




Disons le tout de suite, le film est intéressant pour deux raisons :
  1. La livraison de divers évènements américains qui peuvent être passés à la trappe sur le vieux continent.
  2. Une critique du capitalisme actuel et surtout de la finance mondiale
Michael Moore nous livre un film-constat saisissant mais ne nous arrêtons pas à cette simple constatation.

A la sortie de la projection, j’étais pris d’un certain malaise. Le documentaire pose de nombreuses, trop nombreuses questions sans jamais apporter la moindre solution.
Comme à son habitude Michael Moore dénonce des vérités, des faits particuliers qu’il tourne habilement en vérité générale. Le public non-initié à l’actualité financière se verra trompé et les connaisseurs traiteront le film d’amateurisme.

Avec « Capitalisme : a love story » Michael Moore revient à son premier amour, la dénonciation du système économique américain, thème de son premier film « Roger et Moi » (1989). Plus qu’une dénonciation, le réalisateur de « Bowling for Columbine » (2002) met le capitalisme en pièce mais mêle également théorie du complot, réseaux politique et économique, crise financière, plan de sauvetage … il en ressort une impression de brouillon. De trop nombreux sujets sont abordés avec une rigueur informative qui peut laisser pantoise. Le soutien indéfectible au Président Obama en est un exemple, Michael Moore l’introduit dans son film comme un réformateur providentiel pourtant l’actualité semble dresser un tableau plus contrasté du nouveau président américain.

Malgré tout le film est très plaisant, Michael Moore a su cadencer par la musique et les effets d’image un film qui traite d’un sujet complexe et très sérieux.
Je vous encourage donc à regarder ce film d’un œil critique et n’hésitez pas à laisser un commentaire sur le blog de MCBA.

Jean-Paul

mercredi 14 octobre 2009

CAPITALISM : a love story



Parce que l’équipe de Ma Crise Bien Aimée aime la CRISE, non pas pour la crise elle-même, mais pour les différentes prises de conscience qu’elle suscite, nous ne pouvions passer à côté du nouveau film de Michael MOORE.

Comme à son habitude, le réalisateur américain nous promet un film décapant, dérangeant autours de la crise financière du siècle.
CAPITALISM : a love story devrait plaire aux Français, déjà, "écœurés" par les super-bonus des traders, des patrons-banquiers et autres faits divers financiers.
Même si les films de Michael MOORE ont fait l’objet de nombreux débats, notamment autours du montage ou du choix des personnes interrogées, ils ont le mérite de faire réfléchir, de susciter les questions.
D’après la bande-annonce, le film pose la question suivante : Nous avons sauvé quoi, pourquoi et pour qui ?



L’équipe de Ma Crise Bien aimée, ou plutôt un seul de ses rédacteurs a été invité à l’Avant-première, nous ne manquerons pas de faire une critique objective du film dans un prochain post.

Jean-Paul

mercredi 7 octobre 2009

La crise : source d’inspiration !


Les jours passent et se ressemblent au Journal de 20H, licenciements, fermeture de sites, industriels, reprise tardive etc.
Pourtant la crise est une formidable source d’inspiration pour de nombreux français. Marie, à travers ses vidéos du Lundi, poste régulièrement des réalisations d’internautes dont le talent créatif est certain et l'humour toujours au RDV.
Aujourd’hui, c’est du blog de Luc Lemploy, cadre, dont j’aimerai vous parler.
L’auteur, François S, nous fait vivre les tribulations d’un cadre fraichement licencié pour motif économique. On pourrait s'attendre à un récit triste, pessimiste mais c'est tout le contraire loin d’un récit monotone, l’auteur illustre chacune de ses expériences par une BD … dont le style est plutôt agréable ... mais fait preuve d'un humour ravageur.
D'ailleurs François S définit lui-même son blog comme « Un blog BD sur la crise, à l'humour ravageur et qui sent le vécu ! Luc, cadre en entreprise, perd son travail du fait de la Crise et se retrouve dans l'univers complexe de la recherche d'emploi. Luc est mon double imaginaire, dont les aventures sont nourries par mes expériences. Si vous aimez ce blog, diffusez son adresse à vos contacts ! ».
Le ton est donné, profitez de vos pauses-cafés pour visiter le blog de notre nouvel ami. http://francois-s.over-blog.com/

Jean-Paul

mardi 15 septembre 2009

Au Royaume Uni, de nouveaux acteurs viennent concurrencer les banques



Je poursuis sur le thème de la concurrence. La crise a accéléré l’évolution de la concurrence dans le secteur des services financiers aux particuliers.

Au Royaume Uni, le distributeur Tesco a déjà pris des initiatives en concluant un partenariat avec Royal Bank of Scotland. Il se rapproche maintenant de Fortis pour proposer des assurances habitation et automobiles dont le tarif devrait être inférieur à ceux de la concurrence. Le groupe pourrait annoncer l’ouverture de comptes courants pour ses clients d’ici à 18 mois.

De son côté, le groupe Co-operative développe la partie services financiers avec des arguments fondés sur la prudence de sa gestion et l’éthique : « The Co-operative Bank is the only UK bank with an Ethical Policy that’s voted on by its customers.”

Après les acteurs privés encouragés par les pouvoirs publics pour favoriser l’offre de services aux particuliers, le chancelier de l’Echiquier devrait annoncer des mesures pour encourager des prêts aux petites entreprises faits par des acteurs non bancaires : assureurs et fonds de pension.

Cette nouvelle initiative vient de la crainte de l’assèchement du crédit. Celle-ci est partagée en France où le gouvernement vient de demander aux banques de lui transmettre leur plan d’actions d’ici à la fin de l’année.

Le paysage des services financiers pourrait donc significativement évoluer dans les prochains mois.


Anne

mardi 8 septembre 2009

Une initiative de la BEI pour les PME françaises



En cette période, les discours portent sur l’assèchement du crédit pour les PME. Les représentants politiques, le Président de la BCE, le rapport du médiateur du crédit, tous mentionnent la nécessité d’apporter des crédits aux PME.

Alors, dans ce contexte, il faut souligner l’initiative prise par la Banque Européenne d’Investissement pour venir à la rencontre des PME françaises.

La BEI présentera les modalités de financement et les initiatives prises lors d’une conférence, qui aura lieu le 24 septembre prochain.

Tous les renseignements se trouvent en ligne sur le site de la BEI.

Même si les représentants des entreprises ne peuvent participer à cette réunion, il est utile de suivre les informations publiées sur ce site.

Anne

jeudi 3 septembre 2009

Banque et finance : la France prend des risques !!


La France, par la voix de son Président Nicolas Sarkozy, semble avoir choisi sa manière d'agir pour tenter de régler les problèmes liés à la crise économique et ses conséquences.

En effet, comme le montrent les récentes déclarations - lors de la rencontre avec les banquiers ou lors de la visite à berlin pour soutenir Angela Merkel dans sa campagne électorale, la France a décidé de choisir des règles contraignantes puis de tenter de les imposer aux autres pays par le biais des sommets internationaux notamment lors du prochain sommet du G20 à Pittsburgh.

Les mesures envisagées à l'encontre des banques ou des traders si elles peuvent apparaitre comme rassurante pour le public font en même temps peser un vrai risque sur les banques. En effet, elles ont une incidence directe sur la compétitivité des banques et donc de la place que celles-ci mais aussi que la France et l'Allemagne occuperont demain sur la scène économique mondiale.

Ce risque de distorsion (qui pourrait par exemple se traduire par une fuite des bons traders) est connu de l'Elysée qui compte sur la "conscience internationale". En effet, selon Nicolas Sarkozy : "Il y a maintenant une opinion publique mondiale. Partout dans le monde, les gens sont ulcérés par la pratique de bonus extravagants".

Cepedant, faire reposer la stratégie économique sur l'opinion publique mondiale semble plus que fragile d'autant que le sentiment nationaliste n'a pas disparu.

Mayeul

lundi 10 août 2009

Crise et bonus : retour sur le cas BNP PARIBAS



La semaine dernière a vécu au rythme de la publication des résultats semestriels des entreprises en général, des banques en particulier. Les chiffres des banques françaises étaient très attendus - les banques américaines, JP Morgan en tête, avaient ouvert la marche en juillet. Mayeul vous a annoncé à chaud les performances de la BNP et de la Société Générale.
S'en est immédiatement suivie une polémique sur le quasi-milliard de bonus provisionné par la BNP pour ses traders et son pôle BFI.
Et pourtant, BNP PARIBAS a joué on ne peut plus transparent, semble-t-il. Elle assume complètement cette provision et de plus, elle assure être une des seules banques à jouer selon les règles prônées par le G20.

Que leur reproche-t-on exactement, à BNP PARIBAS et à ses consœurs (la Société Générale a également publié des résultats positifs, tout en adoptant un profil bas sur les boni et autres primes réservés à ses traders) ?
La dimension "éthique" voire "morale" n'est jamais loin en France. L'affaire est mesurée à l'aune des valeurs républicaine - en l'occurence la "fraternité" - et l'on s'offusque que de telles sommes soient versées à des personnes perçues comme responsables de la crise actuelle.
On reproche donc aux banques de persister dans une pratique qui est à l'origine, ou tout du moins, d'avoir accentué les effets de la crise financière mondiale. On reproche aux établissements financiers d'encourager une pratique de la prise de risque inconsidérée, ou bien de garantir des primes et boni minimum à leurs traders pour s'assurer qu'ils ne partent pas chez le concurrent.

Il y a également une autre accusation, moins spécifiquement liée à cet attachement pour la fraternité, la solidarité, et davantage à la responsabilité : comment accepter que la société via l'Etat vienne à rescousse de la BNP à hauteur de 5 milliards, alors qu'un peu moins d'un milliard sera versé à sa BFI ? Il est vrai que l'attitude quelque peu orgueilleuse de la banque - elle n'envisage pas de rembourser l'Etat avant 2010 alors que ses homologues américaines sont en passe de le faire chez elles - puisse renforcer rancoeurs, incompréhension, voire condamnation.

Condamner par principe BNP PARIBAS me semble contre-productif pour un certain nombre de raisons, mais je n'en prendrai qu'une, déjà invoquée par les banques depuis un an, réitérée par elles en ce moment, et que même certains journalistes comprennent : les banques versent de telles sommes pour leurs traders pour éviter qu'ils ne passent à la concurrence. Car quoi que l'on en dise, on ne peut faire abstraction de la dimension BFI dans les performances de la BNP.
On peut s'offusquer que de telles pratiques se poursuivent dans la finance internationale : il n'empêche qu'elles existent toujours, que le G20 refuse de prendre des dispositions contraignantes, que la Chine embauche largement les anciens traders de Goldman Sachs et ceux qui ont été licenciés depuis un an pour développer son secteur financier.
Compte tenu de ces éléments, on ne peut exiger des banques françaises de revoir leur mode de rémunération unilatéralement : cela reviendrait à se tirer une balle dans le pied. Et comme il est vraisemblable que les acteurs internationaux - banques, autorités de régulation, agences de notations... - refuseront dans les courts et moyens termes de se pencher sur la question...

Par contre, je pense qu'il existe un autre moyen de traiter de ce dossier de manière plus constructive que de démolir des champions nationaux et désormais européens. Il s'agit pour eux de se réapproprier la notion de stratégie. C'est à dire :
  1. accorder davantage d'importance aux moyen et long termes qu'au court, voire très court, terme.
  2. inscrire son entreprise - ici le secteur financier, et pas uniquement les banques - dans un "projet" porteur de sens pour tous. J'en ai un sous la main : la Maison France - voire l'Europe.
  3. se donner les moyens pour parvenir à cette fin : assumer et assurer son métier de banquier, de financeur de l'économie - c'est évident - mais également d'agent de développement des territoires.
J'ai déjà traité dans mes posts précédents de la position spécifique de la banque dans l'économie : elle est à la croisée des mondes privé et public ; des administrations, des entreprises, des particuliers, des organismes de recherches... Bref les établissements financiers (dont les compagnies d'assurance ne jouent pas le moindre rôle) sont au coeur de l'information.

La crise peut être une excellente opportunité de revoir le fond des choses en France. Que les banques sortent de cette attitude qui consiste à se draper dans leur dignité à chaque rappel à l'ordre de l'État, ou bien à s'enfermer dans leur tour de chiffres. Je leur propose de redonner du sens à ces chiffres et ces sommes colossales. L'État et la société comprendront enfin leur raison d'être.

Et n'oubliez pas de rembourser l'Etat et la société - vos créanciers - comme Morgan Stanley s'apprête à le faire.

Matthieu

jeudi 16 juillet 2009

Crise financière : et si rien n'avait changé ?



Depuis une semaine, la presse internationale constate que les dérives du système financier repartent de plus belle. Ainsi Le Monde et le International Herald Tribune/New York Times mentionnent-ils le retour des boni et primes extravagantes - mais néanmoins bien inférieures à ceux de 2007/2008 et les années précédentes -, les exigences des banques et organismes d'assurances vis-à-vis des pouvoirs publics, notamment britanniques et américains, qui pourtant ont racheté une bonne partie de leurs actifs douteux... Ce qui ne laissent pas certains analystes anglo-saxons quelque peu perplexes. Voire les fonctionnaires, qui refuseraient de couvrir AIG vis-à-vis des media alors que le plus gros assureur américains s'apprêtent à verser 2,4 millions de dollars à ses salariés.

J'ai rédigé hier un post sur la permanence des logiques étatiques dans la crise. Ces articles sembleraient infirmer mon analyse, d'autant que Goldman Sachs a non seulement remboursé la totalité de sa dette contractée auprès des autorités fédérales américaines, mais en plus dégage un
profit à faire pâlir ses conseurs. Je note tout de même que le scepticisme ou la méfiance sont de mises chez les professionnels - certainement mus aussi par de la jalousie. Il n'empêche : comment une telle banque peut-elle gagner 3,4 milliards de dollars américains de profit lors du dernier trimestre, alors qu'elle a dû en même temps rembourser 10 milliards de dette publique ? Grâce à une stratégie agressive de prise de risque et d'un recentrage de ses activités sur les marchés des obligations - c'est la version officielle.

Donc pas de changement stratégique, pas de remise en question de la finance, de ses motivations et de ses objectifs. Aucune prise en compte du long terme. La sphère financière n'aurait-elle rien retenu de la crise ? Loin de s'être assagie, elle semble se permettre de s'affranchir de l'aide des gouvernements, alors que la faillite de banques - certes plus petites - se poursuit aux Etats-Unis.

De l'autre côté du Pacifique,
la Chine a dépassé les 2 000 milliars de réserve de change et sa banque centrale doit gérer les excès de liquidité. Malgré tous les défauts inhérents au système financier et bancaire chinois, la dimension stratégique est toutefois bien présente. Et c'est l'Etat qui, tant bien que mal, la définit et la conduit.
Compte-tenu de l'état des comptes publics des Etats-Unis, je ne serais pas surpris que Wall Street connaisse un second krach d'ici peu, cette-fois lié à la dépréciation des obligations du trésor américain.
Matthieu

mercredi 15 juillet 2009

Quelles conséquences la crise a-t-elle sur l’image des banques ?

Malgré tous les accidents intervenus ces derniers mois, placements non maîtrisés, pertes, fraudes, actions à contre temps en matière de rémunérations ou de stock options des dirigeants de banques, les clients n’ont pas déserté les agences bancaires et ont même participé aux augmentations de capital lancées par les banques.

La vie semble donc reprendre son cours et la profession bancaire s’accommoder de la situation.

Le dernier discours du Président de la Fédération Bancaire Française reflète une autosatisfaction. La profession se dit satisfaite des campagnes de communication destinées à encourager les acteurs économiques à se financer et considère avoir respecté ses engagements de moyens en matière d’octroi de crédits.

Pourtant, un récent sondage de l’IFOP dans six pays européens révèle la baisse de confiance des consommateurs européens envers le secteur bancaire et, en France, trois quarts des Français considèrent que leur chargé de clientèle n'a pas changé.

Dans l’interview publiée le 23 juin dernier, M. Pauget indiquait « nous sommes conscients de la très forte exigence de la société à notre égard ».

Certains publicitaires considèrent que la communication des banques françaises n’est pas audible et qu’elles n’ont pas encore les messages adaptés aux changements intervenus dans le système économique.

Alors, le changement viendra-t-il de banques étrangères qui auraient décidé de s’engager dans une nouvelle relation commerciale avec leurs clients ou sera-t-il suscité par l’apparition de nouveaux concurrents ? Les deux peut-être.

Anne

mardi 16 juin 2009

Crise économique et Eglise catholique


En attendant la parution prochaine d'une encyclique sur le thème du travail par le Pape Benoit XVI qui devrait être intitulée "Caritas in veritate", les évêques européens responsables des questions sociales se sont réunis à Zagreb pour discuter sur le thème « Crise économique et financière : dés-espérer ? Expériences, initiatives, problèmes et réponses de l'Eglise en Europe ».

Ces rencontres ont eu notamment pour effet de replacer la crise économique dans une véritable dimension humaine ; dépassant les simples solutions économiques et financières, elles permettent de s'interroger sur les raisons profondes de la crise économiques et donc de développer des solutions centrées sur l'Homme. Elles s'inscrivent pleinement dans la pensée du Pape Benoit XVI qui affirmé samedi dernier "La crise financière et économique qui a frappé les pays industrialisés, les pays émergents et les pays en voie de développement montre de façon évidente combien nous devons repenser certains modèles économiques et financiers qui ont été dominants au cours des dernières années"

« Le système, a déclaré le cardinal Péter Erdő, archevêque d'Esztergom-Budapest et primat de Hongrie, a perdu de sa crédibilité et de son efficacité, il faut changer de mentalité, revoir de manière profonde le modèle de développement dominant, considérer les aspects éthiques mais surtout investir sur la croissance intégrale des plus pauvres ». Il a également insisté sur la justice sociale qui « peut et doit être constamment purifiée et animée de cette force de l'amour qui vient de Dieu, que nous appelons charité, et qui va bien au-delà du simple équilibre de forces ou d'une simple justice distributive ».

Trois pistes dans lesquelles l'Eglise pourrait s'engager ont été dégagées :
  • la redécouverte de la valeur du travail ;
  • la promotion de la fonction sociale de l'entreprise ;
  • la défense du principe de subsidiarité.

Mayeul

lundi 15 juin 2009

La vidéo du lundi : qui était derrière le buzz de Save the Traders et Shave the Traders ?

Je vous en parlais il y a 15 jours : deux vidéos aux titres quasi-similaires réalisaient un joli buzz sur Internet, Save the Traders et Shave the Traders.

Pour mémoire , vous pouvez les visionner ici.

Deux entreprises sont derrière ces vidéos. Après la campagne des Traders Anonymes, Volkswagen réitère avec Save the Traders, invitant les personnes à soutenir financièrement cette catégorie de salariés.

Shave the Traders a été lancée par…. Devinez qui…. BIC pour la promotion de ses rasoirs. L’entreprise est allée très loin dans le concept autour de cette vidéo. Elle a lancé un site dédié, mis en ligne d’autres vidéos témoignages de « traders » et de leur entourage comme celle-ci :






Les entreprises s’adressant aux particuliers se mettent de plus en plus au Web 2.0 comme le montrent Volkswagen et BIC. A quand des vidéos dédiés à l’univers B to B ?

Marie

mercredi 10 juin 2009

Panasonic, un géant à genou mais pas mort :



Ce week-end a été l’occasion pour moi de rencontrer un ami japonais de passage dans notre chère capitale. Oui il reste encore des Japonais à Paris tous n’ont pas fuit le H1N1 ou la crise économique.
En expliquant à mon ami, page web à l’appui l’objectif du blog Ma Crise Bien Aimée, il en est venu à me parler de son entreprise : Panasonic.
Pour moi, il s’agissait d’un fleuron de l’industrie de haute technologie japonaise certainement chahuté par la crise mais pas trop affaibli.
A travers ses propos puis quelques recherches, j’ai pu comprendre que la situation du géant japonais de l’électronique n’était pas si rose.
Umio Ohtsubo a d’ailleurs annoncé un bilan négatif de quelques 2,9 milliards d’€uros, une somme difficilement imaginable au regard des pertes de l’automobile française (par exemple Peugeot : 343 millions d’€uros).

Comme à son habitude la réponse japonaise est sans appel : suppression de 15 000 emplois et de 27 usines. Mais ces mesures prisent en février ont pesé sur le bilan financier de l’entreprise sans pour autant avoir d’impacts significatifs à court terme.
Plus surprenant, le groupe pense à se restructurer en profondeur, en vendant notamment les activités les moins profitables (Panasonic détient environ 550 firmes dans le monde et emploie 300 000 personnes) mais également en revoyant en profondeur son approche des marchés étrangers.
Le PDG de Panasonic voit ainsi la demande de produits traditionnels diminuée tout en constatant une augmentation de la demande de produits bon marché. La stratégie est donc claire : fabriquer les produits de très haute valeur ajoutée sur le sol japonais et produire les autres produits destinés à des marchés tiers au plus près de leurs consommateurs afin de réduire les coûts de transports et s’adapter le plus rapidement possible aux exigences locales.

A peine sortie d’une récession de plus de dix ans, les groupes industriels japonais retombent dans la spirale infernale … mais là où les Occidentaux semblent assez dépourvus les Japonais continuent leur grande mutation … est-ce là la clé du succès ?

Jean Paul